‹ Chronique de Michel le SyrienChapitre 252 sur 286 · LIVRE VII. CHAP. V · texte numérisé non relu

LIVRE VII. CHAP. V

injurier » ; et, tournant son visage vers le lils, il lui dit : « Je prendrai moiniôme soin de loi, puisque je n’ai pu persuader Ion père de s occuper de toi. »

De même, le Irllnin' Valentinus* entrait avec l’empereur dans le temple. Le prêtre aspergeait de sang ^ ceux (jui entraient, comme pour les purifier. Une goutte tomba sur lui; et, se retournant, il dit au prêtre : « Tu m’as souillé, au lieu de me purifier. » Le tyran l’cMivoya dans un poste^ situé dans le désert. Ce confesseur, Valentinus, reçut l’empire un an après, en récompense de sa confession.

Le tyran fit tuer Artemius*, qui commandait en bigypte, pour avoir brisé les idoles.

Deux soldats®, Juventinus [143] et Maxlmus’, étant assis (juebjue part à un festin, s’affligeaient en disant : « Dieu nous a livrés à un gouveniement impie. » Un de leurs compagnons de table en Inlorma l’empereur. Ils lui dirent librement ; « Nous sommes fort allli^fés de

l’impiété des sacrifices, et de ce que la nourriture et la boisson sont souillées, » En entendant ces choses, il les fit frapper et ensuite mettre à mort, en disant que c’était pour avoir tourné l’empereur en dérision. Il fit cela pour qu’ils ne fussent pas honorés comme des martyrs.

Celui qui était revêtu d’un vêtement d’humilité laissa paraître le visage d’un impie.

ils refusèrent, on les livra aux supplices, A la fin, il les fit placer sur un gril*. Ils dirent au juge : O Amachus'’’ ! si tu désires mancfer de la chair humaine réitie, fais-nous retourner de l’autre côté, pour qu’il n’y ait point dans ton mets une partie rôtie et une autre qui ne le soit pas. » Ils expirèrent dans le martyre.

Le prêtre de Daphné avait un fils'®; la mère de l’enfant avait pour amie une diaconesse, et quand l’enfant allait avec sa mère près de cette diaconesse, celle-ci Tinstrulsait, La mère de l’enfant mourut et celui-ci allait continuellement trouver la diaconesse dont il apprit la doctrine. Elle lui promit de le mener 143i recevoir le baptême. Quand Julien vint h Daphné, cet enfant, avec son frère et leur père, versaient l’eau pour les sacrifices et les repas de l’empereur. La fête durait sept jours. Le jeune homme, ayant vu l’impureté des mystères des païens, s’enfuit près de la diaconesse et lui dit : « Prends soin de mon salut. » Elle le conduisit aussitôt à Meletius, qui lui ordonna d’attendre quehjue temps. Son père le chercha et ne le trouva point. Il parcourait la ville, et l’ayant vu qui regardait [par la fenêtre]", il monta , s’empara de lui et le frappa. 11 fit même rougir des clous qu’il lui enlonça dans les mains et les pieds; il l’abandonna enchaîné en prison et remonta <à la fête. Le jeune homme invoqua le Christ, fut fortifié,

1. Litl. : «chef de mille », S® V xexayiJLÉvuv Xoy/oçôpuv ; Theod., III, xvi. — 2. Lire :

Valentiniaiius . — 3. Le grec dit : « d’eau lustrale ». — 4.tppovpiov. — 5. ’Aprégio;. Theod., III, xviu. — G. Theod. III, xv. — 7. Theod. : Ma^tgîvoi;.

8. xTjYavov; chez Socr. : eù/âpan; eTtiOîci;. — 9. Ms. : Zaïnôqâ. Corr. ; loUoI, ’Agdixio;. — 10. Theod., III, XIV. — 11. àitb xoü Spuçâxxou.

Quand Julien défendit aux chrétiens d’étudierles disciplines des Grecs, Apollinarius et son fils furent très utiles*. L’un, [versé] dans l'art de la grammaire, mit en vers, appelés héroïques, les livres de Moïse; tout ce qui est écrit sous forme de narration, dans l’Ancien Testament, fut mis par lui en vers appelés dactyles, et les autres choses’ sous forme de tragédie. Son fils rédisfea l’Evanorile et les [écrits des] Apôtres sous forme de questions et de réponses, à la manière de Platon parmi les Grecs. — Les Livres saints n’enseignent point l’art de la dialectique; mais les ennemis sont vaincus quand nous nous servons contre eux de leurs propres armes, et le beau est proche delà vérité’. L’Apôtre se sert de l érudltlon profane; cela est manifeste par le témoignage qu’il cite*: « Les habitants de Crète sont menteurs de touttemps. » Les docteurs l^de 1 Eglise] lisaient [146] leslivres desprofanes, en vuede la discussion.

Le général Jovinianus, sur lequel s’appuyait Julien, au moment où ils entraient à Antioche, fut aspergé de sang par un prêtre : il s'irrita et frappa le prêtre qui tomba. Julien se mit en colère et l’envoya en exil; ensuite, comme il avait besoin de lui, à cause de son habileté, il le fit revenir et le mit h la tête d’une armée®.

brisa ses liens et se leva. Arrivé à la porte, il continua de prier et d’invoquer le Christ, et aussitôt les verrous de fer furent brisés et la porte s’ouvrit. Il sortit et revint vers sa maîtresse qui le revêtit d’un habit de" femme et le conduisit à saint Meletius. Celui-ci le baptisa et le confia à Cyrille de Jérusalem. Après la mort du tyran Julien, ce jeune homme revint à Antioche et convertit son père à la foi.

Un autre enfant“, nommé Théodore, qui était chrétien , fut livré par Julien aux mains de Sallustius’ qui, après l’avoir fait déchirer de coups, l’abandonna comme mort. Mais Dieu le secourut, et il revint à la vie. Rufinus chroniqueur romain, lui demanda s’il [146] avait senti qu’on le torturait; il lui dit qu’il avait peu ressenti [la douleur] et qu’il avait vu un jeune homme qui essuyait sa sueur et qui le fortifiait.

Les Juifs obtinrent la permission de rebâtir le Temple de Jérusalem et d’y faire des sacrifices*. Ils amenèrent environ 3.000 modius de chaux. Un vent violent souffla dans l’air; la terre trembla; les pierres des anciens fondements surgirent; le feu descendit du ciel et dévora les leviers'", les haches et tous les instruments de travail. La nuit sui-

1. SocR., III, XVI. — 2. Le grec dit plus clairement : « partie eu vers, partie sous forme de tragédies ». — 3. xb yolp xaÀbv ev6a 5iv r,, toiov xri; àXriôe'x; èutî. — 4. Tit. ,1,12. — 5. Il semble que Michel répète ici le récit de Théodoret (cf. ci-dessus, p. 287), en attribuant le fait à Jovien. La confusion vient peut-être de ce que Valentinien est appelé par Sozomène (VI, vi) tribun de la légion des Joviens. Cf. aussi Socr., III, xiii, où le nom de Jovien est associé à celui de Valentinien.

6. Socr., III, xix; cf. Theod., III, xi. — 7. Lire ; qui était préfet du prétoire, selon

Théodoret. — 8. Cité par Socrate, III, xix; ras. ; lîufus — 9. Socr., III, xx; Theod., III, xx. —

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