LIVRE VII. ClIAP. V
Par contraste, ils en vinrent h l’opposé ‘ ; car [143] ils apprirent la doctrine chrétienne^ et furent convertis par la bouche de cet homme.
En ce temps-l.à, la foudre incendia le temple et l’idole de Pythlus, c’est-àdire Apollon, et la réduisit en cendres L Elle était de bois recouvert d’or à l’extérieur. Julien, oncle de l empereur*, étant accouru pour venir en aide h Apollon, se mit à frapper les gardiens''; car il pensait que le feu avait été mis par les chrétiens ; mais ils affirmèrent que le feu descendit du ciel, comme un éclair, et l’incendia.
{'.et oncle de l’empereur découvrit ses membres® et répandit [son urine] sur la table [sainte. Euzoïus] s’étantavancé pour l’en empêcher, [Julien frappa]^ l’évêque sur le visage.
[Bientôt après, cet impie] fut saisi par la maladie et la douleur, ses intestins [se putréfièrent] etll rejetait ses excréments par la bouche®. Sa femme, qui était chrétienne, le blâma de son sacrilège ; il fut pris de remords et présenta une supplique à l’empereur pour qu’il accordât une église aux chrétiens. Mais l’empereur
l’ineffable®.» — [143] ’o [Chez Sophocle les embûches] sont appelées [jirista?'.;]. Ménandre dit que c’est comme la lie qui se dépose au fond d’un tonneau.
A cette époque, Meletius revint de l’exil. 11 ordonna le grand Basile de Césarée de Cappadoce. Nombreux sont les éloges de ses vertus. Ses prodiges sont connus par les discours que lui consacrèrent Grégoire le Théologien" et d’autres saints.
Eusèbe tenait ses assemblées dans une petite église d’Antioche ; et Meletius en dehors de la ville. L’arien'^ Euzoïus occupait les églises.
Mâris de Chalcédoine, qui était fort âgé et avait perdu la lumière des yeux, se fit conduire" près de Julien et le blâma sévèrement. L’empereur lui dit en se moquant ; « O aveugle! le Galiléen, ton Dieu, ne te guérit donc pas? » C’est ainsi que Julien appelait le Christ. Mâris répondit : « Je loue Dieu de m’avoir fait aveugle, pour ne pas voir ta face impie et athée". »
Ecebolius", le sophiste, qui s’était converti du temps de Constantin et avait apostasié du temps de Julien, revint au
1. Lit. : « Per ea quœ sunt contraria conversi sunt ad hoc quod erat eis contrarium », traduction du grec : 6(à t&v èvavTÛtov eîç Ttxvav-cca (j.£TaTe9évTEi;. — 2. Litt. : « la crainte de Dieu. » — 3. Theod., III, XI. — 4. 11 était alors cornes Orientis. — 5. Lire au plur. : lio-ê''. — 0. Ou bien : « écarta ses vêtements ». Le premier sens paraît justifié par l’usage biblique. — 7. Nous suppléons les quelques mots qui manquent daus le texte d’après le grec. Theod., 111, xn. — 8. Theod., III, xai.
9. xb appYiTOv. — 10. Il manque ici quelques mots; nous complétons d'après le grec. Cette phrase a sans doute été déplacée ; après ces mots : a les sages ont défini diversement la substance (oÙT;a) ». le grec ajoute : « mais ils n’ont fait aucune mention de la personne (vjtôdTacn;) », puis viennent les deux exemples cités. — 11. Voir en particulier l’oraison funèbre de saint Basile par saiut Grégoire de Nazianze. Pair. Gr.,t. XXVI, col. 494 sqq, — 12. Au lieu de : Eusehins, Socrate dit, 111, ix : Paulinus. — 13. Lire : li.il. — 14. Litt. ; fiilciliis accessit. — 15. Socr., 111, xii. — 16. ’Exr,S6X'.o;. SOCH., 111, XIII.
n’v consentit aucunement. Julien mourut dans son supplice.
Le comte Félix et Elpidius^ à qui était confiée la direction du trésor de l’empereur, — les Romains ont coutume d’appeler ce fonctionnaire cornes prii’atarinn — [étalent entrés dans l’église avec Julien]*. Félix en voyant les vases précieux des églises dit : « Voilà dans quelle vaisselle on sert le Fils de Marie ! » A l’instant même il tomba et se mit à vomir et à rendre le sang par la bouche, jusqu’à ce que son sang fût épuisé; et il fut livré au feu éternel.
Ce tyran Julien prescrivit que
tous les vases sacrés des églises entrassent dans son trésor*.
Un homme noble d’Alep avait un fils qu’il avait chassé pour avoir apostasié*. Celui-ci alla trouver Fempereur. Quand Julien entra à Alep, il dit au père de ce jeune homme ; « Ne tourmente pas ton fils, pour ne pas vouloir demeurer dans ta religion, puisque moi-même je ne te presse pas d adhérer à la mienne. » Cet homme, qui était un véritable chrétien, répondit à Fempereur, dans son zèle, et lui dit : « d u me parles sans doute de ce blasphémateur et de ce scélérat, qui a abandonné la vérité, qui déteste Dieu et chérit le mensonge! » Quand l’impie reconnut que ce fidèle était prêt à subir le martyre, il lui porta envie*; Il revêtit astucieusement le vêtement de l’amitié et lui dit : « Allons, homme, cesse denous
christianisme; il se prosternait aux portes des églises en criant et en disant ; « Foulez-moi aux pieds, [comme j le sel affadi. »
Les païens portèrent de nouveau des ca lom nie s contreAthanase devant Julien, qui ordonna de s’emparer de lui. Il s’enfuit en exil pour la- quatrième fois en disant : « Détournons-nous un peu, mes frères; car ce nuage est petit, il passera et se dissipera. » — Les persécuteurs le rejoignirent tandis qu’il s’avancait dans une barque; [144] Il dit prudemment à ceux qui étaient avec lui de retourner. Les autres leur demandèrent : « Où avezvous rencontré Athanase? » Ils répondirent ; <( Il n est pas loin de vous ; poursuivez rapidement et vous l’atteindrez promptement. » Ayant ainsi échappé, il revint à Alexandrie et s’y tint caché chez une vierge pendant tout le règne de Julien
Quand les chrétiens qui subissaient des afflictions se plaignaient à Julien, il leur disait : « Vous êtes vous-même la cause de ces maux; car vous dites que votre Dieu vous a commandé de souffrir patiemment les maux®. »
En ce temps-là*, à Merum, ville de Phrygie, on nettoyait® le temple [des idoles] : les chrétiens furent enflammés de zèle. [Macedonius], Theodulus et Tatianus entrèrent la nuit dans le forum ® et brisèrent les statues. Le juge s’irrita, et leur commanda de sacrifier*®, et comme
1. Il manque évidemment une ligne dans le texte. Cf. Theod., III, xii. — • 2. /èïd. — 3. Theod., III , XXII. — 'ï. « Il fut jaloux )), c’est-à-dire ne voulut point lui procurer la gloiredu martyre.
5. Soen., 111, XIV. — 6. 7/urf. — 7. Socn., III, xv. — 8. Le ms. porte ; «on creusait »; mais il f aut f I és jjrohaldemcnt lire : « on puriliail ». — 9. Le grec porto ; eic xôv vaov. — 10. Lire