Le texte syriaque porte partout : Jobinianos
et souftVaient beaucoup de la faim, cherchèrent un empereur. Elles élirent Jovien le chiliarque', qui était chrétien de confession. Toutes les armées romaines consentirent à son élection, et même le roi des Perses, qui, ayant compris que Julien avait été frappé par le Seigneur, était bien disposé en faveur de la paix avec les Romains et de Jovien. Celui-ci criait : « Je ne serai pas l’empereur des païens, car je suis chrétien ». — La multitude des soldats s’écria : c< Nous sommes tous chrétiens ». Des larmes de joie coulèrent. Ils fixèrent une croix au milieu, et placèrent une couronne à son sommet. Après s’être prosternés et avoir adoré la croix, ils prirentla couronne et la posèrent sur la tête de Jovien’.
Il commença à régner sur les Romains et, dans sa sagesse, il fit la paix avec Sabhour ; celui-ci, du temps de Julien, s’était emparé des issues’ et les Romains souflVaient de la faim. Sabliour disait que si les Romains donnaient aux Perses tout le territoire jusqu’aux rives de l’Euphrate, cela ne rachèterait pas la destruction qu’il allait faire d’eux. Jovien alla humblement et promptement trouver Sabhour; il lui donna Nisibe, sans les habitants*, et fit une paix de trente ans. Aussitôt ce fut un heureux changement: les camps et les peuples s’entremêlèrent pacifiquement.
Jovien commença à régner au mois de’ab (août). Son règne fut une joie pour tout le monde; mais surtout pour les chrétiens.
11 fit sortir les armées romaines de la Perse et les fit échapper à la famine et à la mort. Il parvint à Antioche, et de là à Ancyre de Galatie, où il fit son fils, Varronianus^ consul, et l’exalta beaucoup, sans toutefois lui faire revêtir la pourpre.
Ayant entrepris d’aller à Constantinople, il traversa la Gilicie et arriva au Bosphore*, dans un village appelé Dadastana’, sur les confins de la Bithynie et de la Galatie, où il tomba malade des reins* pendant l’hiver ; et il finit là sa vie. Il laissa tous ceux qui avaient goûté les fruits de la paix de son règne dans une grande affliction. — Je pense que quand le Dispensateur de toutes choses, pour punir notre malice, nous montre les bienfaits et nous en dépouille, [148] il nous enseigne qu’il lui est très facile de les donner quand il veut; il nous punit parce que nous ne sommes pas dignes de ses bienfaits ; et il nous excite de toute façon aux œuvres de vertu®.
Jovien mourut le 17 de sebat (février); il vécut 33 ans; il régna 7 mois. —
1. -/i/.iap/o;, trihunus milituni. — 2. Socii., III, xxit. — 3. Plus littér. : « des entrées », des passages par lesquels on pouvait faire passer les convois de vivres. — 4. Ils émigrèrent à Amid [Chron. du Pseudo-Denys, ad ann. 674); cl. Amm. Mahceli.., XXV, vu. — 5. Ms. : Aurianus. — 6. Sic ms. ; le grec porte : Èti'i tôv pôanopov (up(xr,(îe. — 7. Ms. : Dastania. — 8. Un copiste aura confondu « reins » avec « empêchement ». Le grec porte : xS> Tr,!; ègippoÇEa); vocrigaT'.,
« obstructionis morbo » (Socr., III, xxvt). — 9. Theoi)., IV, v.