LIVRE VII. CHAP. VI
Jacques d’Édesse dit qu’il ne régna pas une année complète'; d’autres disent 1 an et 7 mois. — Fin de ce chapitre. — Que le bon Dieu nous accorde le pardon par la prière de l’empereur Jovien !
[147] En ce temps-là il y avait un écrivain, en langue romaine’, [appelé] Rufinus.
Callistus écrivit aussi une histoire de Jovien ; et le philosophe Themistlus récita’ un discours sur l’empereur fidèle Jovien, dans lequel il le loue et le glorifie surtout d’avoir permis à chacun de confesser ‘ ce qu’il voulait. L’empereur disait en effet ; « Je ne contrains personne à une manière de croire; je chéris vivement ceux qui furent les prémices de l union de l’Eglise’. »
Cet empereur prit soin de Julien, et ramena avec lui son cercueil. Julien fut enseveli à Tarse, d’après ce que dit Socrate®. D’autres disent que, plus tard, il fut transporté à Constantinople.
Themistlus le philosophe, a aussi écrit sur ce sujet; il dit’ : k Les agitateurs® doivent être vivement blâmés de ne pas adorer Dieu comme il convient, mais d’honorer la pourpre; ne différant point d’Euripus qui tantôt va® devant lui, et tantôt revient en arrière naturellement. »
[i47] Quand Jovien commença à régner, il écrivit que tous les évêques revinssent de l’exil à leurs sièges, que les temples des idoles fussent fermés et les églises rouvertes : ce fut la joie pour les chrétiens ‘®.
Saint Athanase revint à Alexandrie et occupa son siège six ans".
L’empereur Jovien écrivit à saint Athanase de lui rédiger un symbole de la foi. Illul répondit que celuiqulavaltétéétabli à Nicée, dans l’Esprlt-Saint, suffisait".
A Antioche, Meletius, évêque de la ville, Eusèbe de Samosate et Rusticus", [évêque] des Arméniens, se réunirent avec les partisans de Macedonlus, et ils confirmèrent la définition de foi du « consubtantlel ».
Eunomius" fut chassé, et un schisme éclata entre les Eunomlens et les Ariens, qui formèrent deux partis.
L’empereur Jovien prescrivit de garder fermement la foi de Constantin le Grand ; ceuxquiconfessalent Eexpresslon « consubstantiel » reçurent de lui de nombreux présents, et il les exempta tous d’impôts ". — Fin de ce chapitre.
1. Jacques d’Edesse lui attribue expressément 7 mois de règne (Brook, ad anii. 39).
2, C’est-à-dire : latine. — 3. Lire : gr. ; 6t£>.05[)v. — 4. Lire ; Uûj. — 5. Le grec n’est pas très
exactement rendu ; ÛTrepTtfjLiQceiv touc op'/V tî] âvtôcret tt|; ’ExxXïidi'aî itapÉÇovxa; (Soca., III, xxv). — 6. III, xxvr. — 7. SocR., III, xxv. — 8. Gr. « les adulateurs » ; tûv xoXâxuv. — 9. Le grec dit : Eupc'itou, vOv p^év £ni Tciès, vùv e’i; Toûvavviov ri peOixara [j.£Ta6a).).ovTo; (^ibid.). — 10. Socr., III, xxiv. — 11. Jac. Edess., ad ann. 39 ; cf. Thkod., IV, ii. — 12. Cf. Theod., IV, n, ut. — 13. Cf. Socr., III, xxv. Parmi les signataires du concile, je ne vois aucun nom semblable. L’évêque d’Arménie s’appelait ’lcaxoxi;. Il est probable que le nom transcrit ici répond à ’Apia-vovixo; de Seleucobèles. — 14. Le ms. porte ; Eusebius-, mais il faut restituer; .ioa.ioajol ; la phrase est empruntée à Jacques d’Édesse (ad ann. 39); cf. Socr., IV, xin; Tiieod., II, xxtx. — 15. Cf. Theod., IV, iv,
('.HAPITRE VII DU LIVRE VII. — Du règne de Valentinieid et de son frère.
Après la mort de Jovien, les Romains vinrent à la ville de Nicée ^ et firent régner ce Valentinien qui avait frappé le prêtre qui l’avait aspergé de souillure \ Valentinien était du pays de Pannonie*, de la ville de CibalesMl était fort courageux et prudent. Quand les armées voulurent lui donner un associé à l’empire, il leur dit : « Il vous appartenait, alors que vous n’aviez pas d’empereur, de vous en choisir un; maintenant que vous m’avez institué votre chef, il m’appartient désormais de diriger’ les affaires de l’empire. » Et tous® admirèrentsa sagesse, et adhérèrent à sa volonté L
Ensuite, il fit venir son frère Valens et l’associa à l'empire en le faisant empereur de la région orientale. Celui-ci ayant été baptisé par Eudoxius de Constantinople, qui lui avait fait jurer de soutenir la doctrine d’Arius, favorisait les Ariens de toute façon et persécutait les Orthodoxes®.
A Rome, Valentinien adhérait à la foi de Nicée; les troupes lui devinrent plus attachées : car c’étaient de véritables chrétiens — Il fit proclamer Auguste son fils Gratien, 149] et le fit consul.
L^arien Valens demeurait en Orient; il envoyait en exil les évêques orthodoxes et livrait aux Eudoxiens toutes les églises de la capitale; les Orthodoxes demeurèrent sans église ni pasteur
A cette époque, Procopius se révolta contre Valens, à Constantinople même; il fut pris; l’empereur ordonna de le lier à deux arbres, et il fut déchiré en deux
Valens se rendait en Egypte; tandis qu’il était à Marcianopolis, il y eut un tremblement de terre comme il n'y en avait pas eu de semblable depuis l’origine du monde. La mer fut agitée et rejeta par dessus les murs de la ville des barques qui retombèrent au milieu des habitations. La mer abandonna sa place, et le continent apparut ; les navires restèrent en détresse, et le peuple courut au pillage; mais la mer revint sur eux et les engloutit. Des matelots ont raconté (jue la même chose était arrivée dans l’Adriatique où la mer fut agitée ets’avança de plusieurs milles sur le continent, ensevelissant des villages et leurs habitants, tandis que tout son lit paraissait à sec. Les navires étaient renversés sur la terre, et les hommes qui étaient dedans remplis de frayeur. Tout à coup la mer retourna et revint doucement à sa place; les navires furent soulevés sur la mer et remis à flot, sans que les hommes eussent éprouvé le moindre mal"’.
1 . Le ms. écrit toujours : Oualentinos. — 2. Eu Bithynie. — 3. Cf. ci-dessus, p. 287. La leçon du te.xte Uol^ ne me paraît pas présenter de sens et je restitue : immuridities. — 4. Rest. :
— 5. Lire : — 6. Lire : (et non ; — 7. Tiieod., IV, vi; cf. Socu., IV, i.
— 8. Tiieod., IV, xiii ; Socr., IV, i, ii. — 9. Ou bien : « parce qu’il était un véritable chrétien. » 10. So( ii., IV, Il ; Tiieod., IV, xm. — 11. Socr., IV, iir, v. — 12. Socr., IV, iii.