‹ Chronique de Michel le SyrienChapitre 263 sur 286 · LIVRE VIL CH AP. VII · texte numérisé non relu

LIVRE VIL CH AP. VII

complir. » — Une autre foisj* des gens lui donnèrent de l’or et lui dirent; « Il y a tant »; il répondit : « On ne doit pas se préoccuper de la quantité, mais de l’intention droite. » — Il vit une femme qui dansait dans le théâtre, et il pleura. On lui demanda pourquoi. 11 répondit: « Premièrement, à cause de sa perte; et secondement, à cause de moi-même, parce que je ne prends pas tant de soin de plaire b Dieu que celle ci en prend de plaire aux hommes mauvais. »

On dit b un autre : « Ton père est mort. » Il se fâcha en disant : « Mon père a été jugé digne de l’immortalité, »

Un autre possédait seulement un Évangile; il le vendit, et en distribua le prix aux pauvres, eu disant ; « Lui-même m’a ordonné de le vendre*. »

A cette époque, Evagrius fut ordonné diacre par Grégoire de Nazlanze. Il écrivit et dit : « II y a quatre vertus, et nous avons appris leur méditation du grand Grégoire, [ce sont] : la prudence, la fonce, la tempérance et la justice*. » Il disait que « l’œuvre de la prudence est la contemplation sans raisonnement des puissances spirituelles , ces choses sont connues par la sagesse; l’œuvre de la force est la constance [pour persévérer] dans la vérité lorsqu’on est persécuté, et pour ne pas rechercher les choses du néant. A la tempérance appartient de recevoir la semence du premier ouvrier et de rejeter la semence de l’ivraie. La justice fait qu’on accommode le discours en toute choÿe comme il convient*. »

On demandait b Macaire “ ; a Pourquoi affaiblissons-nous la vertu de la mémoire de Pâme quand nous conservons de la rancune contre les hommes, et restons-nous indemnes quand nous gardons de la rancune contre les démons? » — 11 répondit ; « Parce que la première passion est en dehors de la nature, .133] tandis que la seconde est selon la nature de la colère. »

Macaire l’Égyptlen et Macaire d’Alexandrie furent exilés dans une île de païens. Le démon était entré dans la lille du prêtre de l’endroit qui criait : a Pourquoi êtes-vous venus Ici nous chasser?» — Ces saints firent sortir le démon de cette vierge par leurs prières; le prêtre et toute cette île se convertirent; ils firent du temple une église®.

Didyme était encore enfant et commençait b s’instruire, lorsqu'il tomba dans une maladie d’yeux et devint aveugle. Dieu lui donna des yeux spirituels. Il apprit par cœur la grammaire, la rhétorique, la dialectique, l’arithmétique et la musique; il récitait de mémoire’ tous les Livres de l’Église et leurs commentaires. Antoine l’ayant vu lui dit : « Ne t’afflige pas, Didyme, d’être privé des yeux que les moustiques peuvent blesser ; mais réjouls-toi de posséder des yeux tels que ceux par lesquels les anges eux-mêmes voient, et [par lesquels] Dieu est connu. » — Didyme combattait victorieusement les Ariens et tous les hérétiques, par ses réfutations*. — Fin de ce [chapitre] ; et

1. Le texte syriaque semble dire qu’il s’agit d’un autre moine; mais à tort, d’après le grec. — 2. Cf. Luc, xvnr, 22. — 3. opQvr,(Tiv xa; àvôpsî'av, ^toppocrjvTiv y.al ôcxaioa-ivrjv. Le mot syriaque qui rcud le premier nom signifie proprement : science. — 'i. Cf. le texte grec ; Socr., IV, xxm, a. f. — 5. L’Egyptien. — ü. Socr., 1Y, .xxvt. — 7. Litt. : « de langue. » — 8, Socr., IV, xxv.

gloire au Seigneur tjui s'esl fait oblation pour notre raee et qui, dans sa philanthropie et sa chanté, a racheté l'homme coupable. — Le pécheur qui a écrit ces choses supplie en gémissant ctnix qui [/t’A-] liront [de prier pour lui\.

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