LIVRE Vil. GHAP. Vil
dois prier dans ta cellule, selon la règle des moines. » Aphraate dit ; « J’ai fait cela tant que l'Eglise fut en paix. Mais maintenant, si j’étais une jeune fille enfermée dans le gynécée, et si je voyais le feu tomber sur la maison de mon père que devrais-je faire, ô empereur? Rester tranquille ou courir' porter de l’eau pour éteindre’ les flammes? Je sais que tu me diras que je devrais faire ceci. Et c’est ce que je fais maintenant. Puisque tu as mis le feu à la maison de mon Père, je cours maintenant l’éteindre si c’est possible. » L’empereur lui fit des menaces’; un des grands adressa des paroles de reproches au moine, mais au moment même [133] où cet homme descendit pour préparer un bain à l’empereur, le Seigneur le frappa; il perdit l’esprit, tomba dans un bassin d’eau chaude et mourut. L’empereur comprit que cela était arrivé par la prière d'Aphraate.
Les partisans d’Arlus répandirent le bruit que Julien Saba adhérait à leur doctrine. Flavlanus, Aphraate et Diodore l’envoyèrent chercher. Étant venu, il les confondit et fit croître la foule des fidèles. De même, autrefois, Antoine était venu h Alexandrie et avait proclamé qu’Athanase était le héraut de la vraie fol‘.
Le docteur Mar Ephrem était riche de la doctrine divine ; il ne goûta jamais l’é-
ces des païens. Il y a, dit-il, trois cents croyances, et chacun pense comme il lui plaît. Dieu aussi veut être glorifié diversement, afin que chacun redoute souverainement sa majesté, puisque sa connaissance n’est pas facilement accessible ® ».
A cette époque les Goths se firent chrétiens. On leur ordonna pour évêque Aurophllas qui inventa les lettres gothiques et traduisit les livres divins dans la langue des Goths
Le pénitent’ Mousa, ayant été ordonné évêque h la demande de Ma'via , reine des Arabes, convertit beaucoup d’Arabes au christianisme".
A cette époque Pierre revint à Alexandrie, avec des lettres de Damasus de Rome, et chassa Lucius". Peu de temps après, Pierre mourut et Timothée lui succéda**.
A cette époque parurent des hommes [134] vertueux
Ammôn, ayant été fiancé de force, lut pendant la noce ce que l’Apôtre écrivit aux Corinthiens h propos du mariage.
Il ajouta beaucoup d’autres choses au sujet des maux et des douleurs de l’enfantement. Il inspira à sa 'femme le désir de garder la virginité, et ils s’en allèrent tous les deux dans la montagne de Nitrie. Là, ils se séparèrent; Ils vivaient de pain et d’eau, ne mangeant que tous les deux jours. Au moment de la mort
1. Lire : — 2. Lire ; y'-’î. — 3. Dans le gr. : « l’empereur se tut, mais un des grands
adressa, etc. » — 4. Theod., IV, xxvii.
5. Litt. : « se sépare ». — 6. Socr., IV, xxxit. — 7. OùXçtXa;. — 8. Socr., IV, xxxiit. — 9. Litt. : « lugens », employé dans le sens d’ « ascète ». — 10. Cf. ci-dessus, p. 294. — 11. Lire :
— 12. Socr., IV, xxxvit. — 13. Tout ce qui suit, jusqu’à l’avant-dernier alinéa du chapitre, est tiré de Socrate, IV, xxiu.
ducation des Grecs*. Harmonius, fils de Bardesane, ayant composé des chants auxquels il avait mêlé son impiété, entraînait beaucoup de gens vers la perdition par l’agrément du langage de ces cantiques. Ce docteur emprunta son agencement et sa mesure’ et fit des hymnes* remplis de piété.
A cette époque, le soldat* Terentius reprit l’impie Valens. Celui-ci menaça de les tuer h son retour; mais Dieu le livra à la ruine, et il ne revint pas.
Betranionos évêque des Scythes, blâma aussi vigoureusement Valens, de J)ervertlr la fol, et ne fut pas confondu ®.
Valens ^rompa aussi, par Eudoxius, les Gothsjqui s’étaient récemment convertis à la foi, et ils adhérèrent h la doctrine perverse d’Arlus. C’est pourquoi, jusqu’à ce jour, les Goths disent que le Père est plus grand que le Fils; mais ils n’ont jamais pu être amenés h dire que le Fils est une créature ; car, bien qu’ils aient été induits en erreur, ils n’ont cependant pas abandonné la fol de Nicée à laquelle ils s’étalent convertis’. — Fin.
compllr, » Plus tard il disait : « En Fesp
d’Ammôn, Antoine vit son Ame qui s’élevait au ciel portée par les saints anges. Plusieurs s’efforcèrent de l’imiter et entrèrent au désert. Ammôn ne voulut jamais regarder son corps; c’est pourquoi, parvenu h la rive d’un fleuve et étant dans l’anxiété*, il se trouva [subitement transporté] sur l’autre côté.
Didyme vécut quatre-vingt-dix ans, sans commerce avec les hommes.
Arsenius [ne repoussait pas] les [jeunes moines qui péchaient, mais bien les anciens.
Pior prenait sa nourriture en marchant] *.
Isidore disait qu’il ressentait la concupiscence depuis quarante [ans], mais qu’il n’avait consenti ni à la sensualité, ni h la colère.
Pambo alla pour apprendre un psaume. Etant arrivé à cette sentence qui dit “ : « Je garderai ma voie, et je ne pécherai point par ma langue », Il ne continua plus. Celui qui l’instruisait l’ayant blâmé de ne pas continuer à apprendre, il répondit : « Cela me suffit jusqu’à ce que j’aie vu si je puis l’acde dix-neuf ans, j’ai à peine appris à l’ac-
1. Le sens est qu’il n’étudia jamais le grec. Cf. Theod., IV, xxtx. — 2. Il faut peut-être lire ; \Csuoy rriv âp|xovi'av toO [xéXou;. — 3. Midraiê, « hymne » dans un sens très large; Theod, :
ct(j|i.aTa. — 4. Il est question de Terentius au ch. xxxti, et de Trajanus au ch. xxxiii de Theod. (livre V). Tous les deux sont qualifiés de généraux («TTpaTriYo!). La menace s’applique à Trajan (cf. ci-dessus, p. 294, n. 2). L’expression de l’auteur : « de les tuer », donnerait à penser qu’il avait réuni deux noms et qu’il manque quelques mots dans le texte. 11 rapportait probablement l'épisode du moine Isaac (il/id., xxxiv) consigné dans la Chronique de Jacques d’Edesse (ad ann. 53) et où il est question d’une semblable menace. — 5. Eperaviuv, Vetranio ; Theod., IV, xxxv. — 6. Cf. Ps. cxix, 46. — 7. Theod., IV, xxxvir.
8. A cause de la nécessité d’enlever ses vêtements. — - 9. Nous comblons ainsi, d’après le sens du grec, la lacune de deux lignes du ms. — 10. Lire : aa'iaS, Ilapigû;. — 11 Ps. xxxviii, 1.