LIVRE VII. CHAP. IX
I/empereur Théodose ordonna que les idoles d’Alexandrie fussent fondues et distribuées aux pauvres*. — Cet empereur fit aussi une loi pour qu’une femme ne devienne pas diaconesse avant l’âge de soixante-dix ans. — Il chassa Eunomius en exil; parce qu’il tenait des réunions et séduisait beaucoup de gens» ; celui-ci mourut en exil.
Cyrille de Jérusalem mourut après [avoir été évêque] 21 ans, et après lui vint Jean, pendant 22 ans*.
A Edesse, après Eulogius*, le 25° évêque fut Qoura®; ensuite Silvanus *, pendant 2 ans; puis le 27': Paqîda et après lui : DIogenes*; après ceux-ci [vint] Rabboula*.
A Antioche on ne permit pas h Flavianus de gouverner seul, et parce que luimême n’avait point consenti à ce que Meletius gouvernât seul. Cela causa de l’inimitié aux Romains et aux Egyptiens contre les Orientaux. C’est pourquoi, avant de mourir, Paulinus imposa les mains à Evagrius et l’institua à sa place, irrégulièrement; car les canons prescrivent que l’ordination d’un évêque ne se fasse point sans la présence de trois autres. Or, Paulinus ordonna seul Evagrius. Les Romains et les Egyptiens soutenaient Evagrius par la violence. Ils molestaient l’empereur h cause de Flavianus. L’empereur fit venir celui-ci h Constantinople afin qu’il allât à Rome. Comme on était en hiver, il n’y alla point, mais il dit : « J’Irai au mois de nisan (avril) » ; et il retourna h Antioche. Ils excitèrent de nouveau l’empereur qui le fit venir une seconde fois. 11 dit à l’empereur : « Si ceux qui m’accusent disent que mes actions ne sont pas dignes du rang auquel j’ai été élevé, je les ferai mes juges et j’accepte leur sentence; mais si c’est pour le siège qu’ils luttent, je ne soutiendrai pas la lutte : je me retire; donne le siège d’Antioche à qui tu voudras. » L’empereur l’admira et lui ordonna de retourner h sa ville. — Quand l’empereur alla à Rome, il y eut une sédition contre lui, parce qu’il n’avait pas chassé Flavianus. Flavianus, en apprenant cela, envoya à Rome Acacias d’Alep, qui rétablit la paix, grâce à l’empereur. De la sorte les Egyptiens furent aussi pacifiés".
CHAPITRE IX. — [463] De l époque de la fin de la vie de V empereur Théodose. En l’an 13 de Théodose, il fit proclamer empereur d’Orient son fils Arcadius
1. SocR., V, xvr, — 2. SocR., V, xx. — 3. Cf. Socr., V, xv, s. f. — 4. Chr. edess., no xxxvi» : <( Eulogius mourut le vendredi saint de l’an 698 » (23 avril 387). Cf. p. 309. — 5. Jac. Edess., ad aiin. 60; Chr. edess., n» xn : « Mar Qoura mourut le 22 de tamouz de l’an 707 « (22 juill. 396). Cf. p. 204. — 6. Chr. edess., n" xlii : « Silvanus devint évêque d’Édesse en 708 » (396); n® xliii : « Silvanus mourut le 17 de tisri I®' de l’an 710 » (oct. 398). — 7. Jac. Edess., ad ann. 78; Chron. edess., n® xliv ; « Paqîda devint évêque d’Édesse le 23 de tisri II » (de l’an 710 = nov. 398).
8. Chr . edess. : n® xux : « Pàqîda mourut le l®'de ’ab de l’an 720 » (août 409) ; n® xlviiî : « Diogenes devint év. d’Édesse en l’an 720. » — 9. Chr. edess., n® i.i : « Rabboula devint év. d’Édesse en l’an
/23. » Cf. p. 204. Voir la vie de Rabboula éditée par Overbeck, S. Ephræmi opéra selecta, p. 160;
et réimprimée par Bedjan, Acta Mart., IV, 396. — 10. Theod., V, xxiir. — 11. C’est-à-dire ; revinrent al union avec les Antiocliéniens ». Theod., V, xxtn. — 12. Socr., V, x; Jac. Edess., ad ann, 58.
Alors Eiigenius et Arbogastus séduisirent un eunuque de Valentinien et lui firent étrangler son empereur — En apprenant cela, Théodose craignit ; il se hâta d'instituer empereur d’Occident son fils le plus jeune, Honorius, et marcha contre le tyran*. — Comme ceux qui l’accompagnaient étaient en petit nombre, et que les gens du tyran étaient nombreux, on conseillait à l’empereur d’attendre que les armées aient été rassemblées. Mais il mit sa conliance dans la Croix. Il entra dans une caverne de la montagne et passa toute la nuit [en prière] et en pleurs. A l’aurore il s’endormit et vit Jean l’évangéliste avec Philippe le prédicateur’, vêtus de blanc et montés sur des chevaux blancs, qui lui disaient : « Nous sommes venus à ton aide, ne crains pas. » Un des soldats eut la même vision et le lit savoir à l’empereur. Quand le combat fut engagé, comme le parti de l’empereur était sur le point de succomber, il se jeta la face contre terre, en prière; et aussitôt un vent violent souffla, qui faisait retourner contre les partisans d’Eugenius leurs propres traits et la poussière de la terre*. Les Barbares, voyant qu’ils étaient vaincus, poussèrent des clameurs et demandèrent le pardon ‘. L’empereur leur commanda de lui amener le tyran. Ils coururent le saisir, le lui amenèrent enchaîné et le tuèrent. Arbogastus se fit périr* lui-même. — Ces choses eurent lieu sous le 3° consulat d’Arcadius et le U" d’Honorius ’.
Ensuite l’empereur retourna jusqu’à Milan, où, par suite de la fatigue de la guerre, il tomba malade et mourut. — Il vécut GO ans et régna 16 ans et 8 mois*. Il mourut le 8 de Uanoun 11 (janvier).
En Perse, commença à régner Varahran Gêrmansàh, fils de Babhour le Grand, et frère d’Ardasîr et de Sabhour''. — Ce Varahran régna 10 ans et 11 mois. — Fin .
|l(>3j A celte époque Horissaient par la doctrine Amphilochius d’Iconium, Ambrosius de IMilaii, Optjnuis d’Antioche tle Pisidie et Diodorus de Tarse
Jean Chrysostome était encore simple prêtre. Il fil des discours de blâme contre ceux qui avaient outragé l’image de l’impératrice".
1. SocK., V, XXV. — 2. SocH., loc. cil. — ■ 3. Le texte grec (Theod., V, xxiv) dit : <^^)a7n^ov xbv ’.\nô(j-o>.c<v ; mais notre auteur paraît l’entendre de Philippe 1 un des soixante-dix disciples. — 4. Cf. les deux récits de Socr., V, xxv et de Theod., V, xxiv. — 5. Le traducteur syriaque semble n avoir pas compris le texte de Socrate qu’il résume ici en le combinant avec celui de 'Ihéodoret; tl a confondu les rebelles avec les Barbares qui combattaient pour l’empereur comme auxiliaires.
6. Le verbe employé ici signifie projirement « suffoquer » par strangulation ou immersion. Socrate (loc. cit.) dit qu’il se tua par le glaive. — 7. Socr., V, xxv, s. f. — 8, Socr., V, xxvt. — 9. Jac. Edess., ad ann. 59.
10. Jac, Edess., ad ann. 58. — 11. Allusion aux homélies dites des statues (Patr. Gr., XLIX, 15-122), adressées au peuple d’Antioche, en l’an 387, à la suite de la sédition dans laquelle les statues de Théodosc et de Flaccilla avaient été renversées et outragées. Cf. Iiieod., V, xx; SozoM., Vil, zxtii.