PREFACE DE L’AUTEUR
Fi'ùpes dévots et studieux, comme je considérais dans le grand nombre des Clironi(jues les faits qu’il en importait de connaître, je me suis abstenu d’entrer dans le détail de ceux qui peuvent être connus grâce au grand nombre des récits [existants], et j’ai compilé, en recueillant, des écrivains ecclésiastiques et profanes, ce qui était utile et convenable ; afin de réveiller par là la paresse mortelle de beaucoup, et d’éclaircir les ténèbres de l’ignorance, élevant le regard vers la récompense de ma peine. Je laisserai ce trésor à l’Eglise et aux Docteurs des enfants de la nouvelle Sion, afin de survivre à mon temps.
En premier lieu, il nous faut placer le principe du genre humain, Adam, afin de commencer l’édifice par sa base. C’est l’utilité de ceux qui parlent et de ceux qui écoutent. — Mais il est nécessaire de donner tout d’abord les noms des historiens dont nous nous proposons de tirer les matériaux de notre édifice ’.
1. Comme nous l’avons exposé dans l’Introduction, nous suppléons le début de la Chronique par la traduction de l’abrégé arménien. Le passage a été traduit pour nous par D. Parisot sur le texte imprimé de l’édition de Jérusalem de 1871. Les titres {Préface, Livre /«Q sont ajoutés par nous. — 2. Sur chacun des auteurs énumérés ici ou cités ultérieurement dans le cours de la Chronique, voir le chapitre de l’Introduction consacré aux Sources de Michel.
[Jules] l’Africain, Jésu, Ilégésippe, juifs, écrivirent Jusqu’à la venue du Christ. Annianus, moine d’Alexandrie, écrivit d’Adam jusqu’à l’empereur Constantin.
Eusèbe Pampliile composa son livre à l’aide de leurs écrits, et l’appela [Histoire] Ecclésiastique.
Zosime, Socrate et Théodoret, l'hérélique, commencent leurs écrits à Constantin et [descendent] jusqu’à Théodose le Jeune.
Jean d’Antioche et de Djébel, Théodore le Lecteur, de Constantinople, et Zacharie, évêque de Mélitène, écrivirent à partir de Théodose jusqu’à Justinien l’Ancien.
Jean d’Asie écrivit d’Anastase à Maurice.
Gouriaa écrit depuis Justinien jusqu’à Héraclius, et sur l’entrée des Arabes ' dans le pays des Syriens, qui eut lieu au temps d’Héraclius.
Saint Jacques d’I'Messe lit d’eux tous un abrégé.
Denys le patriarche écrivit depuis Maurice jusqu’à Théophile, l’empereur des Grecs, et Haroun, l’émir des .Arabes.
Ignace, évèc|ue de .Alélitène, Çaliba l’.Ancien, de Aléliténe, Jean de Kaisoum et Denys (d’.Vlexandrie), Rar-Çalibi, firent plusieurs chroniques d’Adam jusqu'à leurs temps.
Après avoir énuméré les chroniqueurs qui, en considération des dispositions studieuses des auditeurs de ce temps-là, ont écrit avec de riches couleurs, nous [qui vivons] au déclin des temps, voyant notre indolence [nous écrirons] en abrégé en passant rapidement sur chacun [de ces récits].
Mais il ne faut pas que les hommes studieux consument leurs forces à considérer le plus ou le moins dans la supputation des temps, à cause de la vérité de cette parole du Seigneur* : c. Le Père a placé en sa puissance la connaissance des moments et des temps. » Il paraît en effet beaucoup de divergence entre la version des Septante et celle que possèdent les Syriens, celle que le roi Abgar fit traduire, et que Jacques d’Edesse révisa en employant l’artifice d’une conversion simulée au judaïsme, afin que les Juifs ne lui cachassent pas la vérité.
1. I.iltéralcinent : des Turcs. — 2. Cf. Acl. Àp., i, 7. Ilomiiiiscence de la Prélacc de la Chronique dTuscdjc (édit. SciKKNE,