‹ Chronique de Ramon Muntaner (volume 2)Chapitre 143 sur 160 · CHAPITRE CCLXXXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE CCLXXXIX

Comment le «eigneur roi d’Arragon, et le «eigneur roi de Majorque en* voyèrent de tel» secours à Bon-air, que tous ceux de Cagliari se jugèrent perdus, et les Pisans traitèrent de la paix avec ledit seigneur roi , et lui livrèrent le cbàleau de Cagliari.

Qüawd le seigneur roi d’Arragon et le seigneur infant N’Anfos, virent que méchamment et iniquement , les Pisans cherchaient de tous les côtés des secours, afin de pouvoir faire lever le siège duchâteau , ils résolurent de faire construire des galères et vaisseaux, et d’envoyer tous les jours des cavaliers et des fantassins en Sardaigne. Et même lorsque le mariage du roi de Majorque fut fait et conclu , on arma six galères et deux navires à Majorque, qu’on envoya au secours du château de Bon-air, au nom du seigneur roi de Majorque , avec un grand nombre de troupes. Il s’y rendit aussi beaucoup de navires, vaisseaux et barques de Catalogne, tous chargés de braves gens, de sorte que , en très peu de jours , le seigneur roi d’Arragon et le seigneur infaut eurent envoyé tant de cavalerie , tant de soldats, tant de vaisseaux et de galères, que ceux qui étaient dans le château se regardèrent comme perdus, et firent dire à la commune de Pise de les secourir, sans quoi ils ne pouvaient plus tenir. Les Pisans , qui savaient les grandes forces que le seigneur roi d’Arragon y avait envoyées , regardè-

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rent leur cause comme perdue, et pensèrent qu’ils ue pouvaient plus retenir le château , mais qu’ils seraient bien heureuxque le seigneur roi d’Arragon les laissât vivre en paix dans la cité de Pise. Ainsi ils envoyèrent des gens , avec tout pouvoir, vers le seigneur roid’Arragon; ils vinrent à Barcelonne, où ils trouvèrent ledit seigneurroi. et le supplicient humblement , lui et le seigneur infant , de leur pardonner ce qu’ils avaient fait contre eux, et qu’ils lui rendraient le château de Cagliari et tout ce qu’ils avaient dans la Sardaigne.

Leditseigneur roi et ledit seigneur infant , pleins de pitié, ainsique furent toujours leurs prédécesseurs, qui étaient remplis aussi de pitié, de charité et de miséricorde, leur accordèrent leur demande , et firent la paix avec eux, sous la condition que sur le continent, ils rendraient seulement le château de Cagliari , et en Sardaigne tout ce qu’ils y possédaient. Le roi voulut bien leur permettre de commercer dans toute la Sardaigne et dans toutes ses terres, en toute sûreté et protection, en payant toutefois les péages , leudes et droits qui étaient ou seraient imposés par le seigneurroi. Il leur fut aussi permis d’avoir des consuls et lieutenants dans les cités du seigneur roi , ainsi que les Catalans en ont et en auront dans la cité de Pise.

La paix ainsi faite, et les Pisans ayant obtenu grâce du seigneur roi et du seigneur infant, s’en allèrent tout joyeux, pour remettre le château de Cagliari au seigneur roi d’Arragon etauxeheva-

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iiers que le seigneur rof envoya en sa place, pour le recevoir, aussi bien que tous les Lieux qu’ils possédaient en Sardaigne.

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