CHAPITRE CL
Comment le roi En Jocque» de Sicile passa en Calabre pour guerroyer, et comment il se rendit maître de tout le pays, excepte du cliàtrau d’Estil.
Quand En Béranger de Sarria eut fait toutes ses expéditions, il retourna en Sicile, chargé de butin. Il y trouva le roi , qui apprit avec plaisir tout ce qu’il avait fait; et tous les Siciliens en furent ravis, vu lesgrandes pertes que leur avaient fait éprouver tous les jours les Malfîtains. Lesgaléres étant à Messine , le roi passa en Calabre avec une nombreuse suite, et alla visiter toutes ses possessions. Toutes les parties qui n’étaient point à lui se rendaient à mesure qu’il y passait à cheval, si bien que si l’amiral se fut trouvé à Naples à cette époque , avec la flotte , il se fût retiré de suite. Que pourrais-je ajouter? 11 fut entièrement maître de la Calabre, à l’exception du château d’Estil , ainsi que je l’ai déjà dit , de Tarente , de la principauté , du cap des Langues (Linguetta) et d’Otrante, bonne cité et archevêché, et au-delà même de la principauté, jusqu’à Seider, à près de trente milles. Leroi ayant conquis tout ce qui était autour de lui, il allait s’amusant et chassant dans la Calabre. C’est bien la province la plus saine, la pl us agréable, et possédant les meilleures eaux et produisant les meilleurs fruits. Il y avait parmi les habitants d’excellents Riches-
DE U A MON MUNTANER
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Hommes, Catalans, Arragonais et du pays; et le roi allait d’invitations en invitations et de plaisir en plaisir. Tandis qu’il s’amusait ainsi, En Béranger de Sarria vint à Messine avec les galères, et il gagna beaucoup à cela; mais laissons-le, et parlons du roi d’Arragon.