CHAPITRE CCXXII
Comment la Compagnie ravagea la ciui de Redisto et celle de Panido, et fit aux habitants de Redisto ce qu’ils avaient fait à leurs envoyés j et comment En Ferran Ximéncs d'Are'nos vint les trouver lorsqu’ils étaient à Redisto cl à Panido.
Après toutes les choses et les courses que l’on faisait tous les joursdansle pays, la Compagnie se mit en tête d’aller ravager la cité de Redisto , là où nos envoyés avaient été tués, coupés en quartiers et suspendus dans la boucherie. Et ainsi qu’ils se le mirent en tête cela fut fait ; de sorte qu ils y allèrent à l’aube du jour; et à toutes les personnes qu’ils trouvèrenten cette cité, hommes, femmes et enfants, ils firent ce qu’on avait fait aux envoyés. Quoi qu’on pût faire , ils ne voulurent pas s’arrêter dans ce massacre ; c’était assurément une grande cruauté, mais enfin c’était une vengeance qu’ils tiraient. Quand ils eurent fait cela, ils allèrent prendre une autre cité , qui est à une demi-lieu de celle-là, et qu’on nomme Panido. Quand ils eurent ces deux cités, ils jugèrent à propos de s’y fixer tous avec leurs femmes , leurs enfants et leurs maîtresses, excepté moi, qui restai àGallipoli avec les hommes de mer, cent almogavareset cinquante hommesà cheval. Ils se fixèrent àPanido et à Redisto, parce qu’ils étaient ainsi à soixante milles de Constantinople. Et quand la Compagnie se fut ainsi établie En Ferrand Ximénès d’Arénos , qui s’était séparé du mégaduc à
1 go CHRONIQUES (i3o3)
Arlaki, le premier hiver, à la suite d’une discussion qu’il avait eue avec lui, était allé trouver le duc d’Athènes, qui lui fit beaucoup d’honneur. Et sachant que nous étions victorieux de nos ennemis , lui , comme bon et expert chevalier qu’il était, pensant que nous avions besoin de monde, vint à nous de la Morée avec une galère, et amena environ quatrevingt Catalans ou Aragonnais. Nous en eûmes un grand plaisir ; ils furent tous bien pourvus, et nous leur donnâmes tant, que lui et sa troupe furent montés de bons chevaux, et nous le fournîmes de toutes sortes de choses, comme nous aurions fait pour mille, s’ils eussent été mille.