‹ Chronique de Ramon Muntaner (volume 3)Chapitre 119 sur 159 · CHAPITRE CCLXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE CCLXIV

Comineiit moi, Ramon Mnntaner , j'enyojrai an sei^eor rc^ de Sicile, pour le prier de me permettre de me rendre à Catane , où ëtait le seigneur infant En Ferrand ayec Finfante sa femme,qai accoacha d'an fib, leqael fat nommé Jacqaes ; et comment ledit infimt se dispos^^ à passer en Morëe.

Pendant qu'il se préparait àpartir^ j*en fus instruit à Gerbes. Quoi qu'on m'eût offert , rien n'aurait pu m'empécher d'aller le trouver et de le suivre partout où il voudrait aller ; de sorte que j'envojai an message au seigneur roi, lui demandant la permission de me rendre en Sicile. Il me l'accorda ; et avec une galère et un vaisseau , et accompagné des anciens de l'île , venus avec moi , 406 me rendis en Sicile^ et laissai le château et l'île en bon état. Le premier lieu où je pris terre , ce fut à Catâne. Je trouvai là le seigneur infant , bien por-

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tant et satisfait ; madame Tinfante était enceinte y de manière qu'il ne se passa pas huit jours qu'elle n'accouchât d'un beau garçon ; on fit grande fête. Quand je fus descendu de la galère , je fis débarquer deux balles de tapis de Tripoli y et une grande quantité de joyaux'.

Tous ces objets furent étalés en présence de madame l'infante et du seigneur infant. Je les leur offris, et le seigneur infant fut très satisfait ; après quoi ^ hous les quittâmes, et nous nous rendîmes à Mes- — sine, où le seigneur infant me dit qu'il serait avant quinze jours , et qu'il avait à m'entretenir longue- — ment à Mesisne.

J'étais à peine arrivé depuis quinze jours que je reçus un message qui m'apprenait que madame l'infante avaiteu un beau garçon , né le premier ^medi du moisd'avril de l'an mil trois cent quinze, ^^eu donne à chacun la joie que j'en eus. Et n^ me demandezpassileseigneur infantenfut joyeux, ainsi que tous les habitants de Catane ; car la fête qui se célébra à Catane dura huit jours et plus. Le seigneur infant fit baptiser son fils à la cathé — drale, et lui donna le nom de Jacques. Si jamais en.

faut fut donné de bonne grâce en naissant, ce futbien

ce petit En Jacques.Que vous dirai-je? Le seigneui infant En Jacques étant baptisé , et la dame hors d< danger , le seigneur infant vint à Messine ; et quan<

^ï.'ILÎ donne à ces présents les noms d'Anibles , Ardiens, AlHia-xies, Alquinalset Mactans.

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il fut à Messine , je lui fis offre de mes hiens et' de Dia personne , ce dont il me sut très bon gré. Il me dit : « Il faut que vous vous rendiez auprès du sei- » gneur roi, qui est à Plasa , où vous le trouverez ; » vous lui remettrez le château et les îles de » Gerbes et des Querquens , après quoi vous re- »> viendrez à nous^ et nous arrangerons tout ce » que nous avons à faire. » Je pris alors congé de lui ; et ajant pris congé de lui, il lui arriva im nessage qui Tinvitait à se rendre en toute- hâtb À []ataae, car madame l'infante était malade, et elle liait prise de la fièvre et de maux de reins. Il alla à rapidement à cheval , qu'il entra cette nuit^à à [latane. En le voyant, madame l'infante se trouva nieux. Toutefois, elle avait fait un testanoieat , de leur que le pire ne lui arrivât. Ensuite ellç le éouîrina, laissant la baronniede Matagrifo, et de plus, ;ous les droits qu'elle avait sur la principauté , i on fils , l'infant En Jacques ; et si son fils mourait , ^lle les laissait à l'infant En Ferrandson mari. Il est rertain que sa mère était morte de maladie depuis leux mois à Matagrifo; mais elle n'en savait rien , ît le seigneur ipfant ne voulait 'pas qu'on le lui l)tt , tant qu'elle serait, enceinte , et même après ses u^uches, jusqu'à ce qu'elle, pût se rendre à la xiesse^ 1(6 si^igneur infant .désirait dé'' par tir, et 1 pr'attendait que le moment ou l'infaifite serait délivrée , et en état de se rendre à la messe , et alors il devait partir avec elle; car» tout était préparé pour leur vojag^e. y • • ii

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