CHAPITRE CLXV
Comment le roi En Jacques de Silice alla à Salemc, et commentPamiral côtoyales plages de Malfi , enlcya tous les navires du port de Naples, et assiégea Gaëte.
Atawt visité Castell -Abat, il prit la roule de Salerne. Les habitants sortirent en si grand nombre qu'on eut dit que tout le monde était dehors de la ville. L'amiral mit poupe en terre en face de la cité ; et là , au moyen des balistes , il y causa de grands domimages. Ils y demeurèrent ce jour et la nuit suivante ; le lendemain ils s'éloignèrent et allèrent longeant la côte de Malfi. L'amiral fit débarquer des almogavares, qui ravagèrent et brûlèrent beaucoup d'endroits qu'on avait rétablis depuis qu'ils avaient été détruits par En Déranger de Sarria. Ils allèrent ensuite à Naples. A leur approche on entendit retentir les cloches et on vit accourir la cavalerie. C'était une merveille de voir la multitude réunie sur le rivage; mais tous ces gens, ni la cavalerie n'empêchèrent pas l'amiral d^enlever tout ce qu'il y avait de barques ou vaisseaux dans le port.
Ils restèrent trois jours devant la ville , puis se rendirent à Ischie. Ils descendirent et reconnurent la ville et le château, que l'amiral prisa beaucoup
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quand iireut reconnu. Dlschie, il se rendit àGaëte ; il fit débarquer hommes et chevaux ; il mit le siège devant la ville par terre et par mer ; il fit dresser trois Irebuchets qui lançaient tous les jours leurs traits dans la ville; ils s'en serait emparé, si deux jours avant , mille hommes à cheval des troupes du roi Charles n'y fussent entrés , ce qui fortifia la cité.
Le siège fut poussé avec force , et la cité fut si maltraitée que ses défenseurs eurent bien des maux à souffrir. Les gens du roi de Sicile parcouraient tous les jours cette contrée, pénétrant jusqu'à la distance de trois et quatre journées , emmenant les plus beaux chevaux du monde , ainsi que des personnes et des effets , de l'or et de l'argent. Ils brûlaient et ravageaient les villes et les métairies, et amenaient tant de bétail à l'armée, que souvent on tuait un bœuf pour la peau , ou quelquefois même pour en retirer le foie. Enfin , ils avaient telle abondance de viandes , qu'il y avait de quoi s'étonner comment la terre pouvait fournir autant de bétail qu'en consommait l'armée.
Laissons le roi de Sicile au siège de Gaële , et parlons du roi d'Arragon.
(isOC) DE RAMON MUNTANER. 5(J