CHAPITRE CCXV
Comment le cësar vint en la ùié d'Andrinople pour prendre oong^ de Rjrr Michel , leqael fit taer , par Gircon , cajntaine des Alains , le cësar et tout son monde; comment U n'en ëcbappa qae trois^ et comn^ent il envoya àGallipoli des troopes, poar qu'elles courossent le pajt , et exterminasssent toute la compacte da césar.
A PRÉSENT 9 je reviendrai à vous parler 'du césar qui se disposa, avec trois cents hommes à cheval et mille hommes de pied^ à se rendre à'Ândrinople pour voir Kyr Michel , fils aîné de l'empereur , malgré tous ses amis et ses vassaux. Et il fit cela par la grande loyauté qu'il avait en son cœur , et par l'amour et la confiance qu'il avait en l'empereur et en son fils; et il pensait , comme il était plein de loyauté, que l'ctmpereur et son fils étaient de même; et c'était tout le contraire, comme il sera prouvé, et ainsi que vous l'apprendrez. Quand le césar quitta l'armée, il laissa, pour capitaine et commandant, le més^aduc En Béranger d'Ëntença , et En Béranger de Rochefort pour sénéchal de l'armée* Et par ses journées , il vint à la cité d'Andrino{de ; et le fils de l'empereur sortit au-devant de lui , et le reçut avec grand honneur; et ce fut pure méchanceté, car ce n'était que pour voir avec quelle suite il venait. Et quand il fut entré à Andrinople, le fils de l'empereur, à la joie et au plaisir que le césar lui témoignait, répondait en
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faisant semblant d*en avoir autant. Et après qu'il eut resté six jours avec lui , le septième jour , Kyr Michel fit venir à Andrinople Gircon , capitaine des Alains , et Milich , capitaine des Turcomans , avec leurs troupes formant ensemble neuf mille hommes à cbeval. Et ce jour il invita le césar. Et dès qu'ils eurent mangé, ce Gircon, capitaine des Âlains, entra dans le palais où était Kjr Michel et sa femme, et le césar ; ils tirèrent leurs épées et percèrent le césar et tous ceux qui étaient avec lui ; et puis , parcourant la cité, ils tuèrent tous ceux qui étaient venus avec le césar; de sorte qu'il n'en échappa qae trois , qui montèrent en un clocher ; et de ces trois l'un était En Raimond Âlquier, fils d'En Gilbert Alquier^ chevalier de Catalogne, natif de Gastillon d'Ampurie; l'autre, un fils d'un chevalier deCatalopfie, nommé G. de Tous; et l'autre Bérenger de Roudor,qui était du Lobrégat . Et ceux-ci furent attaqués dans le clocher et se défendirent tant, que le fils de l'empereur dit que ce serait un crime de les faire périr; ainsi il les sauva, et ce furent les seuls qui échappèrent. La méchanceté dudit Kjr Michel fut lÂen ]^us ^ande , car il ordonna que ces Turcomans et partie des Alains allassent à Gallipoli, et le jonr où le césar périssait , ils devaient ravager toutes les habitations de Gallipoli. Ce jour-là nous avions envoyé tous nos chevaux aux pâturages, et les hommes étaient dans les habitations. Que TOUS dirai-je ? Ils itbus trouvèrent sans défense , nous prirent tous les chevaux restés dans les
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habitations et tuferent plus de mille personnes. Ainsi il ne nous resta que deux cent-six chevaux 9 et nous ne restâmes pas plus de trois mille trois cent sept hommes d'armes , entre gens de cheval, de pied, de mer et de terre. Et bientôt ils nous entourèrent ; et il vint sur nous si grand nombre de gens, qu'ils étaient bien quatorze mille hommes à cheval entre Turcomans, Alains et Grecs^et bien trente mille hommes de pied. Si bien que le mégaduc En Beranger d'Entenca ordonna que nous fissions un fossé , et que dans cette circonvallation nous missions tout le territoire de Gallipoli ; ainsi fîmes-nous. Que vous dirai-je ? Pendant quinze jours nous fûmes obligés de nous battre avec eux deux fois le jourj et chaque jour nous était désastreux , car nous perdions du monde en nous battant contre eux. Que vous dirai-je? Etant ainsi assiégés comme nous Tétions, En Beranger d'Entença fit préparer cinq galères et deux barques, et malgré nous tous il dit qu'il voulait aller faire une attaque , afin de pouvoir rafraîchir la troupe de vivres et d'argent. Nous lui dîmes tous qu'il ne fallait pas le faire , et qu'il valait mieuxque nous combatissions tous ensemble contre ceux qui nous assiégeaient. Mais lui, comme-brave et sage chevalier qu'il était , voyait le péril de la défense et ne se rendait nullement à notre avis. Il songea donc à aller faire une attaque du côté de Constantinople, dans l'intention, lorsqu'il l'aurait faite . de revenir à Gallipoli. Et il ne resta avec nous
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que cinq cavaliers , savoir: En G. Sischar, cavalier de Catalogne, En Ferrand Gorri , uncavalierxl'Aragon , En Jean Péris de Caldès de Catalogne , €l Rexiamen d'Albero. Nous reconnûmes combien nous étions^ quand En Déranger d'Entença fut parti de Gallipoli, et nous trouvâmes que nous étions , entre gens de cheval et gens de pied , mille quatre cent soixante- deux hommes d'armes, parmi lesquels deux cent six hommes de cheval , qui n'avaient pas de chevaux , et mille deux cent cinquante-six hommes de pied. Et nous restâmes en tel sonci ^ que tous les jours nous nous battions contre ceux qui nous entouraient.
A présent, je vais cesser de parler de nous à Gallipoli , car je saurai bien j revenir, et vais vous parler d'EnBérenger d'Entença, qui s'en alla et prit la cité de Recréa, qui est à vingt-trois milles deConstantinople ; et làil gagna tant que ce fut sans fin ; et cette cité est celle où était Hérode, qui fit tuer une partie des Innocents. Et je veux vous conter un miracle qui est visible : il y a dans ce lieu de Recréa , un golfe qui va dans l'île de Marmora , qui est une tle où se taillent tous les marbres de la Romanie; et dans ce golfe il y a deux bonnes cités. L'une a nom Planido , et l'autre Redisto ; et il vous faut savoir que , dans cette cité de Redisto , il nous fut fait la plus grande méchanceté qui jamais fut faite ^ personne; et afin que vous sachiez quelle fut celle méchanceté , }e vous la dirai.
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