‹ Chronique de Ramon Muntaner (volume 3)Chapitre 77 sur 159 · CHAPITRE GGXXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE GGXXII

Comment la Compagnie ravagea la cite de Redisto et celle de Panido, et fit aax babitants de Redisto ce qa^ils avaient fait à lears envoyés ^ et «omment En Ferran Ximënès d'Arënos vint les trouver lorsquHls étaient à Redisto et à Panido.

Après toutes les choses et les courses que Ton faisait tous les jours dans le pajs^ la Compagnie se mit en tête d'aller ravager la cité de Redisto , là où nos envoyés avaient été tués, coupés en quartiers et suspendus dans la boucherie. Et ainsi qu'ils se le mirent en tête cela fut fait ; de sorte qu'ils y allèrent à Taube du jour; et à toutes les personnes qu'ils trouvèrent en cette cité, hommes, femmes et enfants, ils firent ce qu'on avait fait aux envoyés. Quoi qu'on pût faire , ils ne voulurent pas s'arrêter dans ce massacre ; c'était assurément une grande cruauté, mais enfin c'était une vengeance qu'ils tiraient. Quand ils eurent fait cela, ils allèrent prendre une autre cité , qui est à une demi-lieu de celle-là, et qu'on nomme Panido. Quand ils eurent ces deux cités, ils jugèrent à propos de s'y fixer tous avec leurs femmes , leurs enfants et leurs maîtresses, excepté moi, qui restai àGallipoli avec les hommes de mer, cent almogavares et cinquante hommes à cheval. Ils sefixèrent àPanido et à Redisto, parce qu'ils étaient ainsi à soixante milles de Constantinople. Et quand la Compagnie se fut ainsi établie ^ En Ferrand Ximénès d'Arénos, quis'était séparé dumégaduc à

1 go CHROWIQUES C " 5<^)

Artaki, le premier hiver, à la suite d'une discussion qu'il availeue avec lui, était allé trouver le duc d'Athènes, qui lui fît beaucoup d'honneur. Et sachant que nous étions victorieux de nos ennemis , lui , comme bon et expert chevalier qu'il était, pensant que nous avions besoin de monde, vint à nous de la Morée afvec une galère, et amena environ quatrevingt Catalans ou Aragonnais. Nous en eûmes un grand plaisir; ils furent tous bien pourvus, et nous leur donnâmes tant, que lui et sa troupe furent montés de bons chevaux, et nous le fournîmes de toutes sortes de choses, comme nous aurions fak pour mille , s'ils eussent été mille.

Page 1