CHAPITRE CCXXXVII
Comment les galères des Vënitiens se séparèrent de la Compagnie , et moiRamon Montaner avec eux^jponr recouvrer ce qn'onmWait pris f et comment j'allai à la cite d'Athènes ponr prendre congë da sei- (^eur inÊmt En Ferrand , et afin qo'on le trait&t avec égards.
ALORS nous vînmes à la cité de Négrepont, et quand nous fùnaes à la cité , les chefs firent publier ([ue tout homme qui avait quelque chose appartenante moi o'eutqu'à mêle rendre, sous peine de punition corporelle et pécuniaire ; et messire Jean d'Ainici (de Nixia) et messire Boniface de Véronne, ayant vu la lettre de Thibaut de Sipoys , en firent autant. Que vous dirai-je ? Ils furent très désireux qtie je fusse satisfait avec du vent , mais de mes biens je ne pus rien recouvrer. Je priai messire
Chroniques. T, VL — R. Muhtawer. //. l6
a42 GHROMIQUBS t^^)
Jean Tari^ de me permettre d'aller à la cité d'Estines ( Athènes ) y voir le seigneur infant. Il me répondit que par amitié pour moi il m'attendrait quatre jours, dont je lui sus bon gré. Je pris alors cinq montures et me rendis à la cité d'Athènes > qui était à Tingt^uatre milles delà. Je trouvai le duc d'A'^ thènes malade; et tout malade qu'il était il m'ac» cueillit très bien , et me dit qu'il était bien fâché du mal qui m'était arrivé « et qu'il m'assurait qu'en tout 06 qu'il pourrait m'ohliger > il m'obligerait. Je lui rendis grâces > et lui dis que le plus grand plaisir qu'il put me faiw y c'était de traiter avec égards le seigneur infant. Il me dit qu'il était bien fâché d*être obligé par les circonstances de le retenir ainsi. Je le priai de me permettro de le voir. Il me répondit que je pourrais le voir, et même rester quelque temps auprès de lui ; et qu'en ma faveur , tant que je serais avec lui, chacun pouvait y entrer et manger \ et que même, s*il voulait iponter à cheval, il le pouvait. Il fît aussitôt ouvrir les portes du château de Saint^Omer > , où était détenu le seigneur infant^ et j'allai le voir« Ne me demandez* pas si ma douleinr fat vive quand je le vis au pouvoir d'autrui ; mon cçaur en fut navré ; mais lui i« par sa grande bonté, me consola. Que dirai-je % . Je demeurai deux jours auprès de lui^ Je le priais de me dire s'il désirait que je parlasse au duQ d'A«— thènes pour lui demander la permissioi\ de rester* auprès de lui; il me dit qu'ii n'était pas néce^-
tmim^m^mammmtmmmtmt