‹ Chronique de Ramon Muntaner (volume 3)Chapitre 97 sur 159 · CHAPITRE CCLXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE CCLXI

Comment les Turcs se sëpeirère&t de là Compà^e,et f areiit indi^eittait tniliis par les Grénois à la Bouche d' Avie, el comment cent qui rfudcBt restés près de Gallipoli furent tues par ordre de Tempereor de Constantinople.

Lfis Turcs et Turcopules Voyant que dorénavant la Compagnie ne s^éloigneraît plus du duché d'Athènes , ayant obtenu tout ce qu*elle pouvait désirer, dirent qu'ils voulaient s'en aller. Les Catalans leur répondirent qu'on leur donnerait trois ou quatre endroits du duché , là où il leur serait le plus agréable , pour s'y établir, et les prièrent de rester. Mais ceux-ci dirent qu'absolument ils ne resteraient point , et que puisque Dieu les avait favorisés et qu'ils étaient tous riches , ils voulaient aller rejoindre leurs amis au royaume de Natolie. Ainsi ils se séparèrent enpai:Jt et amitié, se promettant de se secourir les uns les autres , s'ik en avaient jamais besoin .Us s'en retournèrent sAremenf à petites journées à Gallipolî , ravageant et brûlant tout ce qui se présentait î eux , et ne craignant plus

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qtie persoûne s'oppos&t à eux , tel était Tétat où les Gâtalaos avaient mis l'empire. Et lorsqu'ils furent à la Bouche d'Avie , dix galères génoises vinrent à cnx , par ordre de l'empereur , et leur offrirent de leur faire passer le détroit de la Bouche d'Avie, qui n'a pas dans cet endroit plus de quatre milles. Alors ils convinrent entre eux . et les Génois jurèrent sur les saints Evangiles ^ qu'ils les transporteraient sains et saufs au^elà do détroit de la Bouche d'Avie, qui n'a pas là plus de quatre milles de large. Ils firent un premier embarquement dans lequel ils prirent tous les individus les moins importans. Et quand les plus vaillants eurent vu qu'on avait porté leur monde , ils se placèrent dans les galères« Et lorsqu'ils furent dans les galères^ on leur 6ta les armes , car il était convenu que les Tores livreraient leurs armes aux Génois ; et les Génois les mirent toutes en une galère. Et lorsque les Turcs furent placés dans les galères et sans armes, les getk^ de mer se jetèrent sur eux, en tuèrent bien la moitié ^ et les autres se soumirent à eux. Ainsi ils eurent la plus grande partie des plus, braves , et les conduisirent à Gènes. Et ils allaient et venaient à Pola ^ en Calabre , à Naples , eofio partout. Et de ceux qui étaient demeurés dans les environs deGallipoli il n'en échappa pas uu ; car l'empereur y avait envoyé beaucoup de troupes de Coustantinople qui les tuèrent tous. Voyea avec quelle fourberie , avec quelle dé-* loyauté les Turcs furent exterminés par les Génois,

puisqu'il n'en, échappa que ceux qui avaient élé transportés la première fois. Gela affligea beau-^ coup ceux de ootre troupe , quand ils en furent instruits. Et voilà quelle fut la fin de ces malheureux Turcs qui , pour leur malheur , s^étaient separéç de ladite troupe.

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