‹ Chronique de Ramon Muntaner (volume 4)Chapitre 154 sur 173 · CHAPITRE CGLXXXVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE CGLXXXVIII

Commeut l'on donna pour tutenr au «eigneur roi En Jacquet de Majorque , le trèa haut et pieux teigneur monseigneur En Philippe de Majorque , son oncle , lequel traita e^conclut que le seigneur roi de Majorque aurait pour femme mademoiselle Constance, fille du seigneur infant N'Anfos.

Il est certain, ainsique vous l’avez vu ci-devant, que lorsque le seigneur roi En Sanche de Majorque fût mort , le seigneur infant En Jacques , fils du seigneur infant En Ferrand fut placé sur le trône ; et dès ce moment il fut appelé roi de Majorque, ainsi qu’il l’est à présent et le sera encore longtemps, s’il plaît à Dieu. Il fut décidé par les grands, les chevaliers, prélats et notables des cités et des villes, qu’on donnerait pour tuteur audit seigneur roi de Majorque , le haut et pieux seigneur mon-

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seigneur Philippe de Majorque, son oncle > . Et cela' fut fait ainsi. Monseigneur Philippe étant tuteur, négocia et mena à bonne fin le mariage dudit seigneur roi de Majorque, avec la fille du seigneur infant N’Anfos, fils du très haut seigneur le roi Jacques d’Arragon , et pour ce mariage une dispense fut accordée par le Saint-Pèrç ; et ce mariage fut traité avec grande concorde, grande amitié et grande sympathie d’amour et de parenté , entre la maison d’Arragon et celle de Majorque. Tous leurs sujets en ont eu, en ont et en auront toujours grande joie , grand plaisir et profit; Dieu veuille leur donner bonne vie et santé! Lorsque ce mariage eut lieu ledit seigneur roi de Majorque n’avait guères plus de onze ans; et madame l’infante , nommée madame Constance , n’avait guères plus de cinq ans. Dieu leur accorde la grâce d’accomplir leur mariage, et leur donne des garçons et des filles qui fassent leur gloire et le bonheur de leurs peuples ! Ce mariage fut consenti des deux parties en l’an de l’incarnation de Notre Seigneur Jésus-Christ mil trois cent vingt-cinq.

Je cesse , en ce moment , de vous parler du seigneur roi de Majorque et de monseigneur En Philippe, qui régit le royaume pour le seigneur roi son neveu ; et vais vous entretenir de nouveau du seigneur roi d’Arragon et du seigneur infant N’Anfos.

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