CHAPITRE CLXII
Comment le roi Eu Alphonse d’Arragon recul des messagers du pape et des rois de France et d’ Angleterre, qui l'engageaient à faire la paix , et le priaient de rendre la liberté an roi Charles, prisonnier.
Tandis qu’on se livrait ainsi à la joie, messire Boniface de Salamandrana vint au seigneur roi de la part du pape , le priant de faire la paix , et le roi de France de même; car U désirait que le roi Charles, prisonnier , fût mis en liberté et épousât sa fille.
I En même temps ^ messire Jean d’Agrilli ( de Grailly) vint à Barcelonne de la part du roi d’Ançleterre Edouard , qui lui proposait un mariage : savoir que le roi d’Arragon épousât sa fille, lui promettant d’intervenir entre lui , la sainte église de Borne, le roi de France et le roi Charles , pour lui faire obtenir une paix avantageuse.
Lorsque messire Boniface et messire Jean d’Agrilli ( de Grailly ) , eurent chacun connaissance du message de l’autre , ils se réunirent. Messire Boniface vit que le roi d’Arragon préférait les propositions du roi d’Angleterre à celles du roi Charles ; il pensa qu’il n’y avait que cette voie pour parvenir à délivrer le roi Charles et obtenir la paix. Il s’unitdonc avec messire d’Agrilli, pour traiter du mariage de la fille du roi d’Angleterre. Je vous dirai que les propositions se Crsokiqcb!;. T. P'I. — R. Moutakuh. //. 3
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traitèrent de tant de manières , qu’il serait trop long de vous en rendre compte. Enfin messire Boniface et messire Jean d’Agrilli convinrent : que le premier retournerait vers le pape et vers le roi de France , et messire Jean vers le roi d’Angleterre ; qu’ils diraient ce qu’ils avaient fait, et ce qu’ils pouvaient faire ; et qu’à un jourdésigné , ils se trouveraient l’un et l’autre à Toulouse, pour se communiquer mutuellement les réponses qu’ils auraient reçues. Ils prirent congé du roi , et allèrent où ils étaient convenus.
Je quitte les envoyés , qui vont leur chemin , et vais de nouveau vous entretenir du roi de Sicile.