‹ Chronique de Ramon Muntaner (volume 4)Chapitre 41 sur 173 · CHAPITRE CLXXXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE CLXXXIV

Comment te roi En Jacques d’Ârragon envoya un message en Sicile à En Baimond Âlamany et à En Vilaragut pour leur dire de se retirer ; et comment on prit possession des cliâteaux et autres lieux pour l’infant En Frédéric.

Le roi d’Arragon fit dire par ses envoyés à En Raimond Alamany , qui était justicier du royaume de Sicile, et à En Vilaragut, qui était maître-ès-décrets^ et à tous les autres, de se retirer des châteaux, villes et autres lieux de la Sicile et de la Calabre^ et de toutes les diverses parties du royaume. Ils ne

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devaient livrer aucun château à qui que ce lut; mais lorsqu’ils abandonnaient un château , ils devaient crier devant la porte avec les clefs .â la main. « N’y a-t-il personne de la part du Saint-Père, » qui veuille recevoir le château pour ledit Saint- » Père et la Sainte Eglise ? » Ils devaient répéter ce cri jusqu’à trois fois en chaque lieu ; mais si personne dans cet intervalle ne paraissait pour en prendre possession au nom de la Sainte Eglise , ils devaient en laisser les portes ouvertes , et les clefs dessus, et se retirer. Cela fut ainsi exécuté , et nul ne vint en recevoir la remise pour la Sainte Eglise ou le Saint-Père. Ils se retirèrent donc, et à mesure qu’ils partaient, les gens de l'endroit s’emparaient des châteaux et autres lieux pour l’infant En Frédéric. Ainsi En Raymond Alamany , En Vilaragut, et tous ceux qui étaient par toute la Sicile au nom du roi d’Arragou , se retirèrent, s’embarquèrent sur desgalères, et vinrent trouver enCatalogne leroi, qui les accueillit très bien, donna à. chacun d’eux de bonnes indemnités pour ce qu’ils avaient abandonné du leur en Sicile , et leur témoigna son contentement de leur bonne conduite.

Le roi d’Arragon remplit toutes les conditions de la paix; rien ne fut omis; aussi le pape et la Sainte Eglise, furent très satisfaits.

Je laisse le roi d’Arragon , pour vous parler de l’infant En Frédéric et de l’amiral, qui ne le quittait jamais.

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