CHAPITRE XCII
Comment le roi d’Arragon revint au milieu de tes sujets , en passant s par la Castille ^ et de la joie qu’ils en ressentirent , de mdine que la reine et les infants.
Le roi d’Arragon ayant pris congé du sénéchal et des personnes qui étaient avec lui, se mit en roule, guidé par En Dominique de la Figuera, par le chemin delà Navarre, c’est-à-dire en pa.ssanl toujours sur les terres d u roi de Castille . En Dominique le conduisait par les lieux où ils devaient trouver les chevaux. Ils firent en se retirant comme ils avaient fait en venant. Ils vinrent à la ville de Soria , à Seron de Seron , et ensuite à Moanquelo , qui est le dernier endroit de la Castille , sur la frontière d’Arragon. De là ils se rendirent à Verdejo. Le roi fut reconnu , et on lui fit de belles fêtes et des réjouissances pendant deux jours. On l’apprit dans les environs, et tous les gens à pied ou à cheval accoururent pour accompagner le roi. Il se rendit, ainsi escorté, à Calatayud, où on lui fit des fêles magnifiques.
Le roi fit partir des couriers de tous les côtés ; il écrivit surtout au seigneur infant , à tous les gouverneurs de Catalogne et d’Arragon , et aux cent cinquante chevaliers qui devaient assister au combat, d’être rendus à Saragosse, dix jours
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après avoir reçu ses lettres ; qu’il s’y trouverait et qu’il y tiendrait ses cortès. Cela fut annoncé dans tout l’Arragon. Il fut fait de brillantes fêtes à Jaca par le seigneur infant et par ceux qui s’j trouvaient. Une grande procession eut lieu, où se trouvèrent tous les prélats de Catalogne et d’Arragon. . Ils louèrent et bénirent Dieu de lu grâce qu’il leur avait faite de garantir leur roi de si grands périls, dans une action qui devait à jamais couvrir de gloire la maison d’Arragon.
Après les fêtes , chacun se retira où* il voulut ; mais on devait être rendu à Saragosse.
Le seigneur infant En Alphonse, la plus grande partie des Riches-Hommes , les chevaliers , les prélats, allèrent trouver le roi à Calatayud. Jugez de la joie de la reine et des infants à Saragosse , quand ils apprirent que le roi était à Jaca ; car à Saragosse et dans tout le pays, onétaitfortinquietdelui, ne sachant ce qu’il était devenu, et on ne put recouvrer la tranquillité jusqu’à son arrivée ; il ne faut pas s’étonner s’ils étaient dans l’inquiétude.
Je quitte le roi d’Arragon et vais parler de l’amiral En Roger de Luria.
DE RAMON ML'lNTAlSElt.
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