CHAPITRE XCIII
Cominent l’amiral En Roger de Lurla lit astiéger le cliàtcaii de Malle par son beau-frère En Mainfroi Lança j et comment ledit amiral )>ril lipari.
Après la victoire de l’amiral et les fêles de Messine , ü fit préparer trente galères, parce qu’il avait appris qu’on armait à Naples*toutes celles qui s’y trouvaient ; il voulut se tenir prêt ; voilà pourquoi il fit armer ces trente galères. Il apprit bientôt que celles de Naples n’en sortiraient pas avant un mois, parce qu’il devait s’y embarquer plus de quatorze comtes ou seigneurs bannerets, ainsique de la cavalerie, dont les chevaux venaient sur des barques et des galères. Il pensa sagement qu’il ne devait pas en^ attendant rester dans l’inaction. Il fil venir son beau-frère En Mainfroi Lahca,etlui ordonna de monter sur les galères avec cent cavaliers, mille almogavares et cent hommes de la marine ; d’aller avec lui, d’emmener leurs tentes et quatre trébuchets, de se rendre au château de Malte, et d’en faire le siège jusqu’à ce qu’ils s’en fussent rendus maîtres.
D’après ses ordres, ils montèrent sur les galères, se rendirent à Malte , en firent le siège et songèrent à mettre en jeu leurs trébuchets. Quand les trébuchets furent placés à terre, l’amiral fit
2f>6 CHUONIQUE (ij83)
(lire à ceux de la cité de Malte et de l’ile , et de Gozo , d’apporter des denrées à vendre aux assiégeants ; ce qu’ils firent volontiers, craignant d’être saccagés par les hommes du château . L’amiral ayant mis ordre à tout , laissa pour chef son beau-frère En Mainfroi Lança , qui était un chevalier brave et habile. Il s’éloigna , leur donna deux vaisseaux armés et deux barques armées , afin qu’en cas de l)esoin ils l’informassent de tout ; il prit le chemin de Trapana, renforça et visita toute la contrée intérieure jusqu’à Lipari. Là ^ il fit débarquer son monde et fit attaquer la ville. Ceux de la ville considérant les grandes forces de l’amiral, et le danger qu’ils couraient d’être pillés , se rendirent à lui, au nom du roi d’Arragon. 11 entra donc dans la ville , reçut de chaciin foi et hommage ; fit rafraîchir ses troypes, et envoya deux vaisseaux armés pour prendre sépai’ément des informations. Il envoya aussi trois barques armées , montées par des hommes de Lipari , qui devaient aller prendre langue pour savoir où était la flotte de Naples. Laissons-le là, et revenons au roi d’Arragon.
DigiîizG )yGo'. .Je
DE KAMON MUKTAWEK.