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Commeul le roi de France et le roi Charle* décidèrent d’envoyer monseigneur En Cbarlot, le plus Jeune fils du roi de France , et le cardinal , vers le pape , pour qu’il lui fit don du royaume d’Arragon j ce que le pape Martin, né Français , lui accorda.
Lorsque les fêtes qu’on faisait à Toulouse pour le roi de France et pour le roi Charles furent terminées, ils se réunirent avec le cardinal , monseigneur En Philippe et monseigneur En Charles , tous les deux fils du roi de France, pour voir ce qu’ils auraient à faire; ils décidèrent que le roi Charles se rendrait avec le cardinal auprès du pape.
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et qu’ils amèneraient avec eux le jeune fils du roi de France, nommé En Chariot, afin que le pape fît à celui-ci le don du royaume d’Arragon et lui posât la couronne sur la tête. Ainsi lut-il fait; ce dont il sut bon gré à monseigneur En Philippe , son frère, qui était attaché au roi d’Arragon, son oncle, plus que qui ce fût au monde, après son père ; mais en aucun temps monseigneur En Charles ne porta nulle amitié à la maison d’Arragon.
Le roi de France retourna à Paris, et le roi Charles alla à Rome avec ce cardinal et monseigneur En Chariot, trouver le pape. Le pape lui donna le royaume d’Arragon et lui mit la couronne sur la tête ; on tint cour pléniaire et on fit de grandes réjouissances. On peut citer à ce propos ce dicton de Catalogne; quand quelqu’un dit : Je voudrais bien que ce lieu fût à nous-, l’autre répond : il parait qu'il ne vous coûte pas beaucoup ; et on peut bien appliquer cela au pape. En donnant le royaume d’Arragon , il paraissait qu’il ne lui coûtait pas cher , puisqu’il en faisait si bon marché ; et ce fut bien la donation qui fut faite pour le plus grand malheur des chrétiens.
Quand ce royaume eut été donné , monseigneur En Chariot retourna en France avec son père et le cardinal ; et à leur arrivée, le roi de France fit de grandes fêtes. Mais monseigneur En Philippe ne fut point content et dit : « Qu’est-ce , mon » frère , on prétend que vous vous êtes fait nom- » mer roi d’Arragon ? — Cela est vrai , je suis
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» roi d’Arragon. — Ah! mon frère, vous êtes » roi <lu vent ; jamais vous ne posséderez la moin- » dre portion de ce royaume. Noire oncle est roi » et seigneur del’Arragon ;il en est plus digne que » vous , et il le défendra de telle sorte, que vous » pourrez bien avoir l’héritage du vent. »
Ces deux frères eurent là-dessus une grande altercation ; et la chose eût été poussée bien plus loin , si leur père ne les eût séparés. Après les fêtes, le cardinal parla au roi de France de la part du pape, pour se disposer à marcher en personne contre le roi d’Arragon, pour mettre en possession de ce royaume son fils , qui en avait été couronné roi : « Faites-nous apporter de l’argent , lui dit » le roi , et faites publier de tous côtés la croisade; » laissez-nous le soin du reste : nous assemblerons » des marins et des troupes de terre ; nous ferons » construire centcinquantegalères,nousauronssoin » de tout préparer pour cette expédition^ et nous » vous donnons notre parole royale que, de ce mois » d’avril en un an, nous serons sur le territoire du » roi d’Arragon avec toutes nos forces. »
Là-dessus, le cardinal et En Chariot, roi du vent, furent très assurés et satisfaits de ce qu’avait dit le roi de France. Il en fut de même du roi Charles , qui était resté auprès du pape , et qui se donnait bien de la peine pour faire venir de toutes parts de la cavalerie et autres troupes, pour se rendre à Naples et attaquer la Sicile. Laisse ns- le faire tous ses efforts, et parlons des envoyés que
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le roi d’Arragon avait expédiés au pape et au roi de France.