Au mois de novembre
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légat elle sénéchal de Toulouse à Montpellier, pour qu’ils s’entendissent avec le roi de Majorque, relativement au passage des troupes sur son territoire. Le roi de Majorque se rendit à Montpellier. Le cardinal lui parla beaucoup et lui fit de grandes offres de la part du Saint-Père, et le sénéchal en fit autant pour le roi de France. Leurs discours auraient produit peu d’effet , sans la convention de les laisser passer à Gironne, faite entre les rois d’Arragon et de Majorque , par deux fortes raisons. La première, que le roi de Majorque ne pouvait nullementempêcher d’entrer en Roussillon, et que si l’on y pénétrait de vive force , Montpellier , le Roussillon, le Conflans et la Cerdagne, étaient perdus pour lui. La seconde raison était, que s’ils n’entraient point par là , ils passeraient par la Navarre et la Gascogne bien plus aisément que par le Roussillon; car à la vérité il était assez difficile de pénétrer en Catalogne par le Roussülon. Voilà les raisons qui décidèrent le roi de Majorque à faire ce que désiraient le pape et le roi de France. Le cardinal et le sénéchal retournèrent fort satisfaits vers le roi de France , croyant avoir partie gagnée. Ils en firent part au roi de France et ensuite à Charles , roi du vent, et l’écrivirent au pape , qui en fut content. Le roi de France fit payer la solde de six mois aux Riches-Hommes, auxchevaliers, aux hommes des compagnies , et aux marins et autres ; car l’argent ne leur manquait pas , le pape fournissant, pour faire la guerre au roi d’Arragon , les tré.sors
Chsohiqoes. T. y. — R. MuHTmiEn. I, 25
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qu’il avait amassés pour aller attaquer les infidèles d’outre-mer. Vous verrez aussi comment ces trésors fructifieront.
Le pape ayant donné ses ordres au roi de France, l’oriflamme sortit de Paris au printemps. Dix-huit millechevaux arméset un nombre infini d’hommes de pied se réunirentà Toulouse par l’ordre du roi de France. Il venait par mer cent cinquante g-rosses galères et plus de 'cent cinquante navires chargés de provisions débouché, et des barques et vaisseaux sans nombre. Je puis vous dire que les forces du roi de France étaient si grandes, que le pouvoirdeDieu y était méconnu ; on ne respectait plus que le pouvoir du roi de France. Les uns se disaient :« Le roi » de France est si puissant, qu’il aura bientôt con- » quis toute la terre du roi d’Arragon » . Et ils méconnaissaient ainsi la puissance de Dieu , et ne Voyaient que la puissance du roi de France. Mais quand, en parlantduroi d’Arragon, ils disaient: «Quo » deviendra le roi d’Arragon et son royaume ? » les autres leur répondaient :« Dieu est tout puissant, et » saura bien le défendre lui et son droit. » Ainsi ceux-ci imploraient l’assistance de Dieu, tandis que les autres ne la considéraien t nullement. Voilà pourquoivousverrez commentDieu usera de son pouvoir, qui est au-dessus de tous les autres pouvoirs. Il a pitié de ceux qui le craignent et rabaisse les orgueilleux et ceux qui le méconnaissent.
Cessons de nous entretenir du roi de France et de ses grandes armées, qui occupent Toulouse et toute la contrée, et parlons du roi d’Arragon.
DE HAMON MUNTANEIl.