CHAPITRE CXXXIII
Comment En R. Marquet se rendit à Barcelonne avec vingt-deux galères ; comment , lorsqu’elles furent reconnues par les habitants , la joie fut grande ; et comment elles furent mises en bon ëtat , et ‘tous les hommes payes pour quatre mois.
En R. Marquet et En B. Mallol , voyant que les galères avaient cessé de les poursuivre, firent force de voiles , cb angèrent de rou te e t priren t celle deBarcelonne. Ils voguèrent ce jour là et la nuit suivante, et le lendemain ils furent en vue de Barcelonne . Lorsque les gens de la ville les aperçurent, ils craignirent que les onze galères ne fussent perdues. Ils en étaient tous persuadés ; mais le roi qui a le cœur aussi ferme que qui que ce soit , monta à cheval , et alla sur le rivage de la mer, suivi d’une nombreuse cavalerie. Il les observa et compta vingt-deux grosses voiles et deux vaisseaux. « Barons , dit-il , bon » courage , réjouissez-vous ; ce sont nos galères
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» qui en amènent onze autres. Voyez leurs deux » vaisseaux qui s’approchent. »
Chacun regarda , compta et fut convaincu. Pendant ce temps , les deux vaisseaux prirent terre ; ils allèrent vers le roi, qu’ils reconnurent au rivage, et lui firent part de la bonne nouvelle ; et le roi leur fît distribuer de bonnes récompenses.
Lorsque les galères furent près de terre , elles abattirent les voiles et amarèrent toutes en même temps , traînant après elles les galères prises , les ' pavillons traînants. Barcelonne fît de belles fêtes.
En R. Marquet et En B. Mallol allèrent au roi et lui baisèrent les pieds. Le roi s’inclina , les embrassa et les reçut de la manière la plus aimable.
Ils lui dirent alors : « Seigneur , donnez-nous vos » ordres, — Je veux , dit le roi, que vous laissiez à » chacun ce qu’il a gagné, sans en rien distraire ;
» que les galères et les prisonniers soient à nous,
» et le reste à vous. Faites-en le partage, et faites- » y participer, comme vous le jugerez convenable,
» tous les braves gens qui ont été avec vous. «
Ils lui baisèrent encore les pieds , revinrent aux galères , et annoncèrent à leur monde ce que le roi faisait en leur faveur. Tous s’écrièrent :
« f^ive le roi ! » et sautèrent sur le rivage avec tout ce qu’Us avaient gagné. En R. Marquet et En B. Mallol retournèrent auprès du roi , et lui dirent : « Seigneur, si vous l’approuvez, nous » ferons tirer les vingt-deux galères à terre , pour » qu’elles soient radoubées; car toutes en ont
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» besoin. — Soit , dit le roij mais faites-y placer » notre étendard , et faites payer tous vos gens » pour quatre mois ; et dès que les galères seront » réparées , songez à l’armement , afin de pou- » voir vous mesurer avec l’amiral, s’il arrive. — » Seigneur , répondirent-ils, cela sera fait, soyez- » en sûr, avant l’arrivée de l’amiral; et avec la » grâce de Dieu , nous les confondrons tous avec « ces vingt-deux galères. — Dieu le veuille ! re- » prit le roi. »
Les galères furent tirées à terre et réparées ; et chacun reçut sa solde de quatre mois. Après avoir mis ordre à tout , le roi sortit de Barcelonne , et retourna où était l’infant En Alphonse, les chefs, les chevaliers , et tous ceux qu’il avait laissés à la garde des frontières ; et , suivi d’un petit nombre d’hommes, tant à pied qu’à cheval, il alla des uns aux autres , pour voir ce qui se passait.
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DE ItAMON MUNTAISEn.