‹ Chronique de règne de Charles IXChapitre 79 sur 110 · LA FLAMME DE PERRUSSICH · texte numérisé non relu

LA FLAMME DE PERRUSSICH

son frère. Le bey Janco depuis ce jour ne boit plus de vin ni d'eau-de-vie ; il ne inange que des racines, et il court çà et là comme un bœuf effrayé du taon.

Enfin, il est revenu dans son pays et il est entré dans l'église de Perrussicb : là, pendant tout un jour, il a prié, étendu, les bras en croix sur le pavé, et versant des larmes amères. Mais, quand la nuit est venue, il est retourné dans sa maison, et il semblait plus calme; et il a soupe, servi par sa femme et ses enfants.

Et quand il se fut couché, il appela sa femme et lui dit : « De la montagne de Pristeg, peux-tu voir l'église « de Perrussich ? » Et elle regarda par la fenêtre et dit : « La Morpolazza est couverte de brouillard, et je ne « puis rien voir de l'autre côté. » Et le bey Janco dit : « Bien, recouche-toi près de moi. » Et il pria dans son lit pour l'âme de Cyrille Pervan.

Et quand il eut prié, il dit à sa femme : « Ouvre « la fenêtre et regarde du côté de Perrussich. » Aussitôt sa femme s'est levée et elle dit : « De l'autre côté de « la Morpolazza, au milieu du brouillard, je vois une « lumière pâle et tremblotante. » Alors le bey a souri, et il dit : « Bien, recouche-toi. » Et il prit son chapelet et il se remit à prier.

Quand il eut dit son chapelet, il appela sa femme et lui dit : « Prascovie, ouvre encore la fenêtre et regarde.» Et elle se leva et dit : « Seigneur, je vois au milieu de

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