‹ Chronique de règne de Charles IXChapitre 80 sur 110 · LA FLAMME DE PËRRUSSICH · texte numérisé non relu

LA FLAMME DE PËRRUSSICH

« la rivière une lumière brillante 2 qui chemine rapide- « nient de ce côté. » Alors elle entendit un grand soupir et quelque chose qui tombait sur le plancher. Le bey Janco était mort.

NOTES

* L'amitié est en grand honneur parmi les Morlaques, et il est encore assez commun que deux hommes s'engage»! l'un à l'autre par une espèce de fraternité nouvelle. Il y a dans les rituels illyriques des prières destinées à bénir cette union de deux amis qui jurent de s'aider et de se défendre l'un l'autre toute leur vie. Deux hommes unis par celte cérémonie religieuse s'appellent en illyriquepobrathni, et \es femmes poseslrime, c'est-à-dire demi-frères, demi-sœurs. Souvent on voit les pobratimi sacrifier leur vie l'un pour l'autre ; et, si quelque querelle survenait entre eux, ce serait un scandale aussi grand que si, chez nous, un lils maltraitait son père, l 'lyncl.-int, comme les Morlaques aiment beaucoup les liqueurs fortes, et qu'ils oublient quelquefois dans l'ivresse leurs serments d'amitié, les assistants oui grand soin de s'entremettre entre les pobratimi, afin d'empêcher les querelles, toujours funestes dans un pays où tous les hommes sont armes.

J'ai vu à Knin une jeune fille morlaque mourir de douleur d'avoir perdu son amie, qui avait péri malheureusement en tombant d'une fenêtre.

2 L'idée, qu'une flamme bleuâtre voltige autour des tombeaux et annonce la présence de l'âme d'un mort, est commune à plusieurs peuples, et est généralement reçue en Illyrie.

Le style de cette ballade est touchant par sa simplicité, qualité assez rare dans les poésies illyriques de nos jours.

BARGAROLLE.

Pisombo ', pisombo ! la mer est bleue, le ciel est serein, la lune est levée, et le vent n'enfle plus nos voiles d'en haut. Pisombo, pisombo!

Pisombo, pisombo! que chaque homme prenne un aviron; s'il sait le couvrir d'écume blanche, nous arriverons cette nuit à Raguse. Pisombo, pisombo!

Pisombo, pisombo! ne perdez pas de vue la côte à votre droite, de peur des pirates et de leurs bateaux longs remplis de sabres et de mousquets \ Pisombo, pisombo !

Pisombo, pisombo! voici la chapelle de saint Etienne, patron de ce navire. — Grand saint Etienne \ envoienous de la brise ; nous sommes las de ramer. Pisombo, pisombo !

Pisombo, pisombo! le beau navire, comme il obéit au gouvernail ! Je ne le donnerais pas pour la grande carraque qui met sept jours ta virer de bord *. Pisombo, pisombo !

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