ET ' R
<r Mai?, puisque je ne pais « femme chérie et la vendre a cette caravelle à l'ancre « près du rivage : quand il reviendra dans sa maison
qu'il ne verra plus Y
« Vainement de douleur . » Alors
son épaule et s'en est venu à la :: -
khimia.
— « Lève-toi . Yevekhimia . lèro-tc Lepa :
« il faut que tu d - - - —
e Comme: t! - gnenr, dit-elle, trabii
Sans avoir pitié d'elle, il l'a
et, l'ayant chargée sur ses épaules, il l'a B «sa
barque , puis à bord de la caravelle.
— « Patron .
« d'or. » — <i d'en
« ach plus belle po:: s. 1 — «De:
r, mais
« femme-là. » Alors il a reçu cinq c il a li. . ! .. . i
Us s s dans
voile de la belle Nastasia. Q I rnyegorà nnu
sa chère femme, il a poussé un grand yeux noirs ont coulé des lai: - s. Il
a voulu racheter sa femme ; niais le Turc n'a pas voulu vendre.
11 a sauté dans sa barque s -s. . !;..:...•,
404 LA QUENELLE DE LEPA
« mes jeunes gens , ramez au rivage ! 11 faut que tous « mes guerriers se rassemblent pour prendre ce gros « vaisseau , car il renferme ma chère Nastasia. » La proue s'est couverte d'écume, la barque volait sur l'eau comme un canard sauvage.
Quand il approcha du rivage, il vit Lepa qui s'arrachait les cheveux. «Ah! ma femme Yevekhimia, « tu es prisonnière dans cette caravelle; mais je perdrai « la vie ou je te délivrerai!» Tehcrnyegor a sauté à terre, et il a marché droit à Lepa et lui a serré la main.
— « J'ai enlevé ta femme, tu as enlevé la mienne. « J'ai tué ton page chéri , tu m'as tué un homme de « plus. Soyons quittes : périsse notre haine! Soyons « unis comme auparavant, et allons reprendre nos fem- « mes. » Lepa lui a serré la main; il a dit : « Frère ", tu « parles bien. »
Ils ont appelé leurs jeunes matelots; ils embarquent des fusils et des pistolets; ils rament à la caravelle, frères comme auparavant : c'était un beau spectacle à voir. Ils ont abordé ce gros vaisseau : — « Nos femmes, « ou vous êtes morts ! » Ils ont repris leurs femmes, mais ils ont oublié d'en rendre le prix 9.
ET DE TCHERNYEGOR. 405
NOTES
1 II est évident que cette intéressante ballade ne nous est point parvenue dans son intégrité. On suppose que le morceau que nous traduisons faisait autrefois partie d'un poëme sur la vie des deux pirates Lepa et Tchernyegor, dont un seul épisode s'est conservé.
La première stance contient des imprécations contre ceux qui ont causé la mort des deux héros. A en juger d'après leurs noms, un de ceux que le poète semble accuser de trahison était Jlorlaque, et l'autre Dalmate ou Italien.
La seconde stance est d'une autre mesure que la première, et je ne sais si c'est avec raison que le vieillard de qui je la tiens la mêlait au reste de la ballade. D'ailleurs, les sentiments qu'elle exprime sont ceux de presque tous les Morlaques. — Le récit de la querelle des deux amis ne commence réellement qu'à la stance quatrième.
2 L'auteur montre ici avec naïveté le motif de son admiration pour ces deux brigands.
3 Venise fabriquait autrefois, comme on sait, une grande quantité d'étoffes de brocart d'or et d'argent pofi" le Levant.
4 Les chefs ont toujours auprès d'eux un page qui porte leur pipe et préparc leur café en temps de paix, et qui charge leurs armes à la guerre. Voilà les principales fonctions d'un page morlaque.
4 On peut voir par ce trait de quelle considération jouissent les vieillards et les poètes.
6 Quand une famille a perdu un de ses membres par un assassinat, elle tâche de tuer quelqu'un de la famille ennemie. Ce mort trouve des vengeurs, et il n'est pas rare que dans l'espace d'une année une vingtaine de personnes périssent ainsi pour une querelle qui leur est étrangère. La paix ne peut se faire décemment, que lorsque chaque famille compte autant de morts l'une que l'autre. Se réconcilier quand on a un mort de plus, c'est s'avouer vaincu.
1 Mot à mot, du mouton fumé assaisonné avec des choux : c'est ce que lcg Ulyriens nomment paçterma.
8 Frère est mis là comme synonyme d'ami.
9 Ce dernier trait est caractéristique.