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Chronique de Rimouski

Quand la moisson, dans les prairies, Se dore aux rayons du soleil ; Quand la branche aux grappes mûries Laisse tomber son fruit vermeil ;

Quand le vendangeur, dans la plaine, Penche sous un fardeau pesant ; Quand s'entasse la gerbe pleine Dans le grenier du paysan ;

Alors, dans sa reconnaissance, A Dieu qui bénit ses travaux, Le laboureur offre en silence Les prémices des fruits nouveaux.

Il .sincliiK', et lui dit : '• Mon pùro, Lhcuro du repos a sonné ; Vous avez fuit mon champ prospère l^énissez ce (^ii'il m'a donné ! "

Avec des paroles pareilles.

Je viens aujourd'hui, monseigneur Vous ott'rir le fruit de mes veilles Les prémices de mon labeur.

Premier evêi|ue de la ville Dont — eftbrt peut être insenséi)"une ])lume encore inhabile, .le retrace ici le ])assé,

Vous avez droit à cet liommagc Et je serai rémunéré, Si vous daignez bénir l'ouvrage (Jue vous-même avez inspiré !

INTKODUCTION

Le loi' docomijiv IS72, M^t. de irmiouski publiait uriecii'culaii'ejleinaii(laiit àst)iu'lor:;étlct-()ii.sii;-iit'i'(laus un caliioi" s])t'CMal. tous les ('vôiiemeiils iiuj>orlaiits de leur paroisse respective, eai- ^' plus le leinps s'eeoule, nous dit Mniiseii;'iieur, plus le souvenir ineiiaee de s'en ottaver."

La lecture de cette iin])ortan(e cii'culaire me donna ridée de travailler mes notes déjà recueillies sur la pai-oissc de Eimouski. et de les livrer à Tinipression

Uii écrivain de mérite. ^\. .1. ('. Taché, pendant son .séjoui* dans cette pai-oisse. nous a lét;-ué de belles ])ages sur l'Iiistoii-e de rilernute de l'Ile St. Barnabe. dont la lecture est aussi attrayante (|u"a,<;'rea]>le.

Je me suis lait un devoii- de rapporter textuellement, dans le cours de cet ouvraijje, cette intéressante

histoire tic rheriniio, et quchiucs autres passages concernant le Père Labrosse et M. LeCourtois, dus aussi à la plume finement taillée de M. J. C. Taché.

M. l'abbé Cyprien Tanguay avait eu l'intention de publier un travail sur la paroisse de liimouski ; mais ayant été appelé à la composition de son Dictionnaire Généalogique, surnommé en France, •' Le Livre d'Or du Canada," il ne put mettre la dernière main à son œuvre. Aj^ant été curé neuf ans de cette paroisse, il recueillit des notes intéressantes qui nous ont été d'un grand secours.

Un autre écrivain de mérite et bien connu pour ses talents littéraires, M. F. M. Derome, se propose depuis longtemps de donner au public une histoire de Eimouski, mais ses nombreuses occupations l'en ont toujours empêché jusqu'à ce jour. Il est à espérer que M. Derome verra ses occupations diminuer, et pourra se livrer bientôt à ses goûts littéraires.

Le présont travail est destiné particulièrement aux paroissiens de Eimouski ; tous pourront se le procurer, tous y trouveront des renseignements de la plus haute importance et qui menacent de tomber dans l'oubli. Ils verront avec intérêt la liste des premières familles de la paroisse, le mouvement de la population, à

diftercntcs époques, les noms des j)rèlres qui ont desservi la paroisse, la date de la construction des Eglises successives, etc., etc. Enfin le lecteur trouvera plusieurs faits importants, qui seront pour lui, croyons-nous, d'un intérêt tout particulier.

Les plus grands soins ont été apportés, afin de donner aux faits toute l'exactitude possible. Je compte cependant sur l'indulgence du lecteur pour les défauts littéraires qui s'y rencontreront.

Nous avons visite les archives de la cure que M. l'abbé C. A. Winter, (Juré de Kimouski, a eu la bienveillance de nietti-e à notre disposition, et avons parcouru plusieurs documents enfouis dans nos bibliothèques.

Les sources auxquelles nous avons puisé sont indiquées autant que possible, et ce n'a été quelquefois qu'après de longues recherches que nous avons trouvé une date précise ou les circonstances d'un fait particulier.

Nous devons nos plus sincères remerciements à M. le Grand- Vicaire Lange vin, à l'Hon. Juge Tessier, à M. l'abbé Cyprien ïanguay, à M. André Elz. Gauvreau, Kégistrateur, et à MM. les Bibliothécaires du Parlement local pour les documents et les renseignements

trù.s-iiiiporUuiU (jii'ils iiuus oui Ibiiriii.s, ol jiolis les ])i'ions d'accepLor on ce moment, l'expression de notre vive et ptii'taile reconnaissance.

Nous devons aussi nos félicitations à M. l'abbé (reori>'es Potvin, ])our ses l'echerches im])ortantes consignées dans les archives de la ])ai'oisse. pendant son vicariat à Itinn)nski.

Ces recherches hii ont coiité plusieurs jnuis de labeurs, et nous ont puissamment servi dans la com- ])osition do ce travail.

Etendue et description de la paroisse de Riraonski.— Signification du mot Rimouski. — Sôjonr des ]\[icmacs sur les bords de la Rivière Rimouski. — Tueurs m non rs et leurs coutumes. — Leur missionnaire.

" Aux para<j;es lointains où le flonve est iinnuiise, *' Non loin des grandes eaux où l'oct'-an conHuence, '• Sur un banc de récifs, et dans l^imbre du t-oir " L'Ile Saint J^arnabé dessine un long trait noir, " Il faut jusqu'au détour en suivre le rivage, " Par derrière s'clrve, au midi sur la plage, " Le bourg de Rimouski, déjri tant orgue lieux '' De l'honneur infini d'être l'un des cliefs-lieux.

F. M. De ROM K.

Vers l'an 1680, la rive sud du fleuve Saint Laurent, n'offrait encore au regard du marin français, qu'une vast« forêt verdoyante, non interrompue jusqu'à l'entrée du golfe.

Le navigateur entraîné par le cours majestueux du Saint Laurent, contemplait avec ravissement cet immense panorama, dont la fraîche verdure se dessinait avec gnlce sur le fond azuré de l'Orient.

De loin, il découvrait cette belle chaîne de montagnes qui f(n-ment une longue muraille, appelée aujoui'd'imi jMuraiUe du Bi<\

A l'Est de cette suite de moiilugncs. il apei'ccvait l'Ile St. Barnabe, •' délicieuse corbeille de verdure vive, au sein des eaux du grand fleuve.'' nous dit M. J. C. Taché.

En arrière de cotte île magnifique, devenue célèbre par son licrmite, se voyait le bourg naissant de St. (jrermain de Eimouski, destinée à devenir dans la suite, une des paroisses les plus importantes de la côte sud.

Dans le lointain, du côté de l'Est, le Mont Commis attirait les regards du nautonnier. Cette montagne, à une hauteur de plus de 2,000 pieds, est presque toujours couronnée de vapeurs, et demeure pour ainsi dire,

étrangère au milieu de cette immense plaine que la vue ne peut embrasser. Cette montagne peut rendre témoignage de la vérité du déluge. Située à trois lieues de la mer, le Mont Commis conserve encore, dit-on, la gigantesque charpente calcaire d'une baleine qui, à coup sûr, ne peut s'y être arrêtée qu'à cette époque. (1).

La paroisse de Rimouski, située à soixante lieues en bas de Québec, sur la rive sud du Saint Laurent, a aujourd'hui une étendue de trois lieues et deinie de largeur auv deux lieues de profondeur.

Les limites de la paroisse étaient, jusqu'à 1850, de quatre lieues de front ; mais, à l'époque susdite, les habitants de la partie ouest furent annexés à la paroisse de Ste. Cécile du Bic.

L'heureuse situation de cette paroisse, possédant déjà le siège épiscopal, étant le chef-lieu du comté et d'un grand district judiciaire, la fertilité de ses terres, la facilité des communications par la voie de rintercolonial et du Port de Refuge, feront que Rimouski deviendra avant peu une des villes impor-

(1) Le fossile d'un inor«e a été découvert en 1853, à 200 pieds au-deR8U8 du niveau du Saint Laurent, et à trois lieues dans rintérieur de Eimoupki, et faisait partie du musée de M. l'abbé Tanguay, qui en a fait cadeau à l'Université-Laval.

tantes du paj's. ot oconpora nno ])lace considérable daiin l;i Confédération.

Yoici ce que nous dit M. .1. M. LeMoinc, dans son Album du Touriste :

" Kiniousi<i, connne elief-lieu d'un i^-rand district judiciaire, comme sie^-e épiscopal, autant qu'à titre d"une des principales stations du chemin de fer Intercolonial, jouera, nul doute, dans l'avenii'. un l'okimportant.

" Dès ([ue la li^ne de rintei'colonial reliei'a (Québec a la ville de St. Oei'main de Jîimouski. ])ai' un [)arcours ))romp( et r(''i»:ulier, on y verra, pcndani la belle saison. atMuer les touristes de tous les points de l'Amérique : à la suite, le bien être, la tinance. les <''leL>;aiites villas un surcroit d'atlaires commerciales. La ])ropriété foncière douldera en valeur. Deux mesures vitales poui* Jtimouski sont, érection en eaux ])rofondes d'une jetée à la Pointe-à-Pouliot ou à la Pointe-au-Pèi'e, et création (Vun havre de refui^^e pour les vaisseaux de long cours."

La ville de St. Germain de llimouski coquettement ."^isc sur les bords de notre majestueux fleuve présente un coup d'œil magnifique. Le terrain s'élève graduellement en forme d'amphithéâtre A mesure qu'il

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