XVI
MaiideiuetiL d'eiilrce de M«5r. Jean Langeviti, premier évêque de St.-(rennain de Kimoiiski. — Séminaire de Eimouski. — Mandement d'ins^titution canonique d'un séminaire diocésain.— Acte pour incorporer le Séminaire de St.-Germain de Kimou.ski.
1. Mandement (ï entrée de Mgr. Jean Lan^vin, premier Evêque de St, -Germain de Bimouski.
Le 1er mars 1867, arrivèrent des bulles de notre St.- Père le Pape Pie IX, émanées de la Sacrée Congrégation de la Propagande, le 15 janvier de la même année, nommant premier évêqiie de St.-Germain de Eimouski, M. Jean LangeVin, alors principal de l'école Normale de Québec.
Ces bulles furent publiées par une circulaire de Mgr. de Tloa, annonçant l'érection du nouveau diocèse.
Le premier jour de mai de la même année, Monseigneur Langevin recevait, dans la cathédrale de
Québec, des mains de Mgr. l'Administrateur de l'Ar-
chidiocèsc, la consécration épiscopalej l'élevant à la sublime dignité de successeur des Apôtres.
Monseigneur de Rimouski, en choisissant le premier jour du mois que l'Eglise consacre à la reine des cieux, avait sans doute l'intention de mettre son diocèse sous la puissante protection de Marie ; aussi Sa Grandeur, dans son mandement d'entrée, se consacre-t-Elle, avec son clergé et son peuple, à la mère de Dieu, la suppliant de bénir le nouvel Evêquo et son troupeau, de faire fructifier ses œuvres et de ramener au bercail les brebis égarées.
Monseigneur s'empressa, le jour même de la prise solennelle de son siège épiscopal, de porter à la connaissance de son clergé et de son peuple le mandement suivant, qu'on lira sans doute avec intérêt.
Jean Langevin, par la Miséricorde de Dieu et la Grâce du Saint-Siège Apostolique, Premier Evêque de Saint-Germain de Eimouski.
Au clergé séculier et régulier, aux communautés religieuses, et à tous les fidèles du nouveau diocèse.
Salut et Bénédiction en Notre-Seigneur,
" Vous avez appris. Nos très-chers Frères, par un
mandement du vénérable Evoque de Tloa, administra-
leur de l'Archidiocèse de Québec, en date du 11 avril dernier, qu'il a plu au Souverain Pontife Pie IX, glorieusement régnant, à la demande des Evêques de la Province, de détacher, le 15 janvier dernier, du dit Arcliidiocèse, les districts de Eimouski et de Gaspé, ainsi que le comtédeTémiscouata, moins les paroisses de St.-Patrice de la Eivière du Loup, de St.-Antonin et de Notre-Dame du Portage, au sud du fleuve St.- Laurent ; et, au nord, tout le territoire compris entre la rivière Portneuf et le Blanc-Sablon ; pour ériger le tout en un nouveau Diocèse sous le nom de Saint- Germain DE Eimouski. Vous avez été informés en même temps que le Saint-Père a daigné nous en nommer le premier Evêque, malgré notre indignité. C'est le premier de ce mois que nous avons reçu le caractère sacré de l'Episcopat par les mains de Sa Grandeur l'Evèque de Tloa, assisté de Nos Seigneurs de Kingston et d'Anthédon, dans l'église Métropolitaine de Québec, au milieu d'un grand concours de clergé et de peuple, et aujourd'hui même nous avons pris possession solennelle de notre Siège.
" Nous comprenons parfaitement, Nos chors Frères ; il doit vous en coûter beaucoup de vous séparer d'un diocèse aussi bien organisé, aussi régulier que celui de
Québec ; il doit être excessivement pénible à vos cœurs de no plus être sous la direction sage, éclairée, paternelle du vénérable et éminent Pasteur qui vous gouverne dei)ui8 plus de douze années.
" Mais le Chef Suprême de l'Eglise, dans sa sollicitude pour le bien do vos âmes, et sur les représentations des Prélats de la Province, particulièrement sur celles de Monseigneur de Tloa lui-même, secondées des pressantes instances d'une grande partie de vos curés et missionnaires, a cru qu'il vous serait utile d'avoir au milieu de vous un Evêque qui pût s'occuper, d'une manière plus suivie et plus prochaine, des intérêts surtout spirituels" de ce territoire si étendu, et si éloigné de la Métropole. La colonisation, favorisée par la qualité du sol et la salubrité du climat, y fait des progrès rapides ; la population, généralement paisible, travaillante et vertueuse, s'y accroît dans des proportions extraordinaires ; les paroisses s'y forment s'y multiplient de tous côtés ; les voies de communication y deviennent chaque année plus nombreuses et plus commodes. Des intérêts si importants et si variés demandent donc évidemment la présence habituelle d'un Evêque, qui, par son caractère sacré, par son autorité supérieure, par les pouvoirs dont il est
revêtu, puisse exercer une influence plus directe ; d'un Evêque qui, vivant parmi vous, Nos très-chers Frères, puisse s'identifier avec vous en quelque sorte, et adopter plus facilement les mesures propres à vos besoins.
" Qu'est-ce en effet qu'un Diocèse ? Une grande famille, ayant ses rapports, ses affections, ses intérêts particuliers, dont l'Evêque est le Père spirituel, qu'il doit aimer, surveiller, et reprendre comme un père doit le faire à l'égard de ses enfants. Qu'est-ce qu'un Diocèse ? Un nombreux troupeau, dont le soin est confié à un premier Pasteur, qui doit le paître, le conduire et le protéger au besoin. Qu'est-ce enfin qu'un Diocèse ? sinon une armée guidée par un Chef qui puisse la mener au combat. Voilà les importants et difficiles devoirs imposés à notre faiblesse.
" Oui, N. C. F., lo. nous devons avoir pour vous une affection paternelle. Oh ! il nous semble que cette obligation sera bien douce à notre cœur. Aimer vos âmes, travailler à leur salut, nous intéresser à votre bonheur temporel et éternel, nous réjouir avec vous dans vos joies, prendre part à vos peines et à vos épreuves : ce sont là des dispositions que nous croyons fermement avoir reçues de l'Esprit de Dieu
dans notre consécration épiscopale. En retour, ne nous sera-t-il pas permis de nous flatter que vous nous accorderez une aftection réciproque, que vous nous aimerez comme votre Père ?
" 2o. Nous devons exercer sur tout le Diocèse une vigilance incessante, soit par nous -même, soit par nos dignes colloborateurs. Cette vigilance doit s'étendre à tous les lieux, à tous les temps, aux 60,000 Ames qui composent la famille qui nous est confiée, tantôt pour encourager les fervents dans la pratique de la vertu, tantôt pour réveiller les tièdes et les indifférents, tantôt encore pour dévoiler aux pauvres pécheurs les dangers épouvantables auxquels les exposent leurs désordres. Nous osons espérer, N. C. P., que notre parole ne retentira jamais vainement à vos oreilles.
" 3o. Mais le chef d'une nombreuse famille a quelque fois de pénibles devoirs à remplir, lorsqu'il lui faut reprendre et corriger ses enfants. Si, par une tendresse mal entendue, il tolérait leurs fautes, il se montrerait un mauvais père, il se perdrait avec eux. (1) De même, N. T. C, F., nous avons été choisi de Dieu, comme autrefois Jérémie, non seulement pour édifier et pour planter, mais aussi, lorsque la chose deviendra
(1) Prov. XIII, 24.
nécessaire, pour aiTacher, pour détruire et dissiper ; arracher le mauvais grain qui menecerait d'étouffer le froment dans le champ de l'Eglise, détruire les vices et les abus qui s'introduiraient parmi vous, dissipper les desseins pervers des hommes méchants qui pourraient vous nuire : " ecce canstitui te hodie super gentes
ut evellaSy et destruas, et dissipes, et œdifices, et
plantes." (1) Ces reproches, ces réprimandes, si jamais il nous fallait y recourir, vous les accueilleriez en bonne part, comme venant d'un Père qui doit répondre de chacune de vos âmes : " rationem pro animabus vestris redditurV (2)
"4° Comme Pasteur, nous avons encore à paître nos brebis, à leur fournir une nourriture saine et abondante, par le moyen d'une doctrine solide et exacte. C'eat là, nous le comprenons, N. C. F., un de nos premiers devoirs. " Vous êtes la lumière du monde,' (3) a dit J.-C. à ses Apôtres : " allez donc, enseignez toutes les nations, apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai recommandé ; (4) prêchez V Evangile à toute créature^" (5) L'Evêque, dans son Diocèse, est donc établi docteur, pour perpétuer et propager, parmi son peuple, les enseignements de l'Eglise : celui qui Técou-
(1) Jer. 1, 10. (2) Héb. XIII, 17. (3) Matth. V. 14. (4) Matth. XXVIII, 19. (5) Marc XVI, 15.
te, écoute J. C. lui-même. (1 ) A lui, comme A ïite, il est recommandé de développer tout ce qui regarde la saine doctrine : " tu autem. loquere quœ décent scmam doctrinam; " (2) de se rappeler que la foi vient de l'ouïe, et que l'on entend par la i:>arole de Jésus-Christ, qu'il doit donc annoncer jusqu'aux confins de la terre qui lui est confiée: " /n omnem terram exivit S07ms eorum. " (3) Sermons, exhortations, catéchismes, instructions de toute sorte, voilà les moyens qu'il doit employer pour nourrir les esprits de cette nourriture supersubstantielle, de ce pain quotidien que N. S. nous a appris à désirer et à demander sans cesse. (4) Ce sera donc avec avidité que vous prendrez cette nourriture de vos Ames, qui n'est autre chose que la vérité, chaque fois qu'il nous sera donné de vous l'offrir.
" 5o. L'Evêque est encore un guide, établi pour gouverner l'Eglise de Dieu : " posuit Episcopos regere Ecclesiùm JDei.'' (5) C'est pour signifier cette sublime fonction qu'on lui met à la main la crosse, la houlette pastorale. Il est donc le conducteur du peuple et du clergé, le juge des difficultés, l'interprète de la loi divine : " oportet Episcopiira judicare, interpretarl : " (G) le directeur des Ames, et, sous Tautorité du Pas-
{l)LucX, IG. (2)Tit. II, 1. (3) Rom. X, 17. (4) Matth. VI, 11. Luc XI, 3. (5) Act. XX, 28. (6) Pontifical.
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teiir Suprême, le chef spirituel de son troupeau. Tous lui doivent obéissance, docilité ; auprès de lui tous doivent trouver des avis qui les éclairent, des encouragements .qui les consolent, des conseils qui les affermissent ou qui les remettent dans la bonne voie.
[' 60. Mais ce n'est pas assez, pour le bon Pasteur, de paître et de conduire ses brebis fidèles ; ce n'est pas même assez pour lui de courir après celles qui s'égarent et de les ramener au berçait : il lui faut encore les défendre contre les loups, qui" rôdent sans cesse autour de la bergerie, soit qu'ils se montrent à découvert, soit qu'ils se revêtent de la peau de l'agneau pour mieux tromper. (1) Oui, î^. C. F., votre Evêque est une sentinelle, à qui notre Seigneur commande une attention continuelle, enfin que jamais l'ennemi ne s'introduise dans le champ du Père de famille, pour y semer la zizanie ; (2) et voilà ce qu'exprime la charge de Ve'piscopat qui lui est imposée.
"7^ Enfin, la tête de l' Evêque est coiffée de la mitre, comme du casque du salut, pour qu'il marche à la tête de son peuple, et combatte vaillamment les combats du Seigneur. St. -Paul exige de lui qu'il soit le modèle de
toutes les vertus : " m omnibus teipsum prœhe exemplum
(1) .Jean X, 11, 12. (2) Matth. XIII, 25.
bonorum operum ; ^^ (1) il le nomme encore le dispensateur des mystères divins : " dispensatores mysteriorwn Dei. " (2) A lui, en effet, est confiée l'administration de tous les sacrements, ces sources abondantes de force et de grâce, destinées à soutenir l'homme dans les luttes de la vie, et à le rendre triomphant des ennemis de son salut.
" A la simple énumération de pouvoirs si étendus, d'obligations si importantes, de fonctions si redoutables. Nous sentons notre cœur oppressé par la crainte. Comment un si lourd fardeau a-t-il donc été placé sur nos faibles épaules ? Comment pouvons-Nous, avec toutes nos misères et nos imperfections, avoir été appelé à un poste si éminent? N. C. P., Nous vous le disons dans toute la sincérité de notre âme, l'obéissance seule à la volonté du Vicaire de Jésus-Christ a pu Nous déterminer à entrepredre une tâche tellement disproportionnée à notre mérite et à notre vertu. Mais Nous Nous rassurons un peu dans l'espoir que Celui qui Nous a appelé à cette haute dignité par la voix de son Représentant sur la terre, Nous aidera puissamment de sa grâce : " In te^ Domine, speravi, non confundar in œternum.'' (3)
(l)Tit. 11,7. (2) I Cor. IV, 1. (3) Ph. XXX, 2.
" Plusieurs autres considérations tendent d'ailleurs H relever notre courage abattu. Nous ne serons pas seul à porter le poids du jour et de la chaleur; Nous aurons pour Nous aider dans le saint ministère, un clergé distingué par la vertu, le zèle et le talent. Au nombre de ses membres, Nous comptons quelques vétérans du Sanctuaire, dont l'expérience Nous sera d'un grand secours, et beaucoup d'amis personnels à qui Nous serons heureux d'accorder notre confiance, et qui seconderont avec ardeur nos vues pour le bien de notre troupeau.
" Cependant il y aurait à craindre bientôt une disette d'ouvriers évangeliques, si la prévoyante sagesse du vénérable administrateur de l'Archidiocèse n'avait permis et favorisé l'établissement d'un Collège à Rimouski même. C'est avec une joie bien vive, N. C. F., que Nous savons cette maison d'éducation dans un état déjà prospère sous le rapport des études, et dirigée par des prêtres pleins de lumière et de dévouement. Voyant dans cette Institution les plus chères espérances du nouveau Diocèse, Nous osons lui promettre notre protection constante et notre intérêt sincère ; Nous nous engageons, dès ce jour, à l'encourager de toutes les manières. Nous nous flattons même que. dans un avenir prochain, elle pourra réclamer
son affiliation à l'Université-Laval, quij complète et couronne si glorieiirement l'enseignement catholique en Canada.
" Nous avons encore la consolation d'avoir au service des missions sauvages du Diocèse, des hommes de Dieu, des Oblats de Marie Immaculée, de ces courageux Ecligieux qui ne reculent devant aucune difficulté, devant aucune privation, aucun sacrifice, lorsqu'il y a du bien à faire.
" Trois Communautés enseignantes répandent aussi le parfum de leurs vertus dans plusieurs paroisses, et donnent leurs soins à la bonne éducation des jeunes filles, tandis qu'un grand nombre d'écoles tenues par de respectables instituteurs et institutrices laïques, donnent pareillement aux enfants une instruction conforme à leurs besoins, et surtout des principes de vertu chrétienne qui seront leur sauvegarde dans l'avenir.
" Nous le savons encore, N. C. F., dans la plupart des paroisses, fleurissent des confréries, des associations pieuses, qui ont pour but soit d'honorer la Très-Sainte Vierge d'une manière spéciale, soit de contribuer aux œuvres si excellentes de la Propagation de la Foi et de la Sainte Enfance, soit enfin de faire disparaître
l'ignoble vice clc rinlcmpérancc par le culte particulier de la Croix.
'• Ce sera notre devoir, N. T. C. F-, de faire croître ces semences de bien ; ce sera également notre devoir de vous détourner du luxe, qui cherche à s'introduire parmi vous, pour vous ruiner temporellement et éternellement ; et de vous encourager à vous livrer avec ardeur 4 l'agriculture, et à coloniser les terres incultes. En un mot, rien de ce qui vous intéresse, ne Nous sera indifïéront ; Nous voulons Nous consacrer à votre bonheur, Nous consumer à votre service.
•• A ces causes, le Saint Nom de Dieu invoqué, Nous avons réglé et ordonné, réglons et ordonnons ce qui suit :
"1° Nous publions et promulguons par les présentes, autant que dô besoin, le Bref de N. S. P. le Pape Pie IX, en date du 15 janvier dernier, érigeant le nouveau Diocèse de St.-Germain de Rimouski, et qui a déjà été porté à votre connaissance par Sa Grandeur, Monseigneur l'Evêque de Tloa, dans son Mandement dn 11 avril dernier.
" 2^ Outre St. Joseph, le chaste époux de Marie, qui est le Patron du pays entier et dont l'Office continuera à être de 1ère, classe, la fête de St.-Germain,
Evèqiie et confesseur, Titulaire de notre Cathédrale, se célébrera dans tout le Diocèse, le28èraejour de mai de chaque année, sous le rite de 1ère, classe avec octave, suivant les rubriques.
" O divine Marie, Mère de Dieu et Eeine du Ciel, Vous que nous avons choisie pour notre mère dès notre première enfance, permettez-nous de déposer à vos pieds les prémices de notre ministère pastoral. Nous sommes heureux de l'avoir commencé sous vos auspices, avec ce beau mois qui vous est dédié. Nous nous consacrons à vous avec notre clergé et notre peuple ; notre plus ardent désir est de Vous faire honorer et aimer de tous ceux qui dépendront de nous. Bénissez le nouvel Evêque et son troupeau ; obtenez de votre adorable Fils des grâces abondantes pour le Pasteur et pour ses coopérateurs dans le saint ministère ; obtenez la persévérance des justes, la conversion des pécheurs : ramenez au bercail les brebis qui s'en seraient éloignées ; faites briller les lumières de la Foi aux yeux de celles qui n'appartiennent pas encore à cette bergerie, alin que toutes ne forment bientôt qu'un seul troupeau sous un même pasteur.
'^ Sera notre présent Mandement lu au prône de notre Cathédrale, et de toutes les églises paroissiales, ou chapelles où se fait l'office public, le premier dimanche ou jour do fête après sa réception, et en chapitre dans les communautés religieuses.
" Donné à l'Evêché de Kimouski, sous notre seing, le sceau du Diocèse, et le contre-seing de notre secrétaire ad hoc, ce ITème jour do Mai, mil huit cent soixante et sept.
t Jean, Ev. de St. Germain de Rimouski.
§ 2. Séîïiinaire de Bimouski.
Immédiatement après son installation, Monseigneur Langevin s'empressa de visiter toutes les classes de son nouveau collège, d'interroger lui-même tous les élèves et d'encourager les directeurs et les professeurs.
Inutile de dire que ce choix du principal de l'Ecole Normale tendait à favoriser l'extension de cette Institution : aussi son premier directeur, M. Potvin en fut des plus heureux.
Mgr. de Kimouski, homme de science et d'une grande énergie, possédant à un haut degré l'art de
bien enseigner et de bien administrer, d'une grande intimité avec le Surintendant de l'éducation et les honorables ministres, était certainement doué de toutes les qualités requises pour obtenir les secours nécessaires en faveur de cette maison encore naissante ; une aide annuelle, plus considérable que par le passé, convenait à un collège classique : aussi Sa Grandeur lui donna une nouvelle impulsion et obtint beaucoup auprt'ts du gouvernement.
Monseigneur continue, deux fois par année, malgré ses nombreuses occupations, à faire la visite do toutes les classes de son Séminaire, d'interroger lui-même les élèves et de se rendre compte de leurs progrès.
Il donne encore à ses Ecclésiastiques, plusieurs fois la semaine, des conférences régulières de Théologie, d'Ecriture Sainte, de Rubrique et de Rituel.
L'auteur a lui-même assisté à ces conférences, pendant qu'il était ecclésiastique, et y a trouvé ainsi que ses confrères, les renseignements les plus importants ; aussi, prie-t-il Sa Grandeur de daigner accepter, en ce moment, l'expression de sa vive et parfaite gratitude.
Dès le 13 juin 1867, Monseigneur adressait la lettre
suivante A son clergé, en faveur du collège de Rimouski, invitant messieurs les curés de chaque paroisse à maintenir au moins un élève dans cette institution, et î\ contribuer à son soutien.
Jkan Langevin, par la Miséricorde de Dieu et la Grâce du Saint-Siège, Evêque de Saint-Germain de Rimouski, etc., etc.
Au Clergé et aux Fidèles du diocèse,
Salut et Bénédiction en Noire-Seigneur.
*' Notre vénérable Archevêque, ainsi que son digne Coadjuteur, Nos Très-Chers Frères, dans la prévision de l'établissement d'un évêché à St.-Germain de Rimouski, y a favorisé de toutes manières la fondation d'un Collège. Dès le 7 février 1854, à la demande de Monsieur le curé Tanguay, Monseigneur Turgeon permettait d'employer à cette fin l'ancienne église, aussitôt que la nouvelle serait construite : puis le 6 août 1862, la fabrique de St.-Germain était autorisée, sur la réquisition de Monsieur le curé Lapointe, à donner effet à cette résolution. Par le zèle et les soins de ce regretté curé, et de Messieurs Lahaye et Potviii, cette maison s'est donc fondée et affermie, en dépit de
l'opposition de plusieurs et de l'indifférence d'un plus
grand nombre, mais en revanche, avec l'aide généreuse d'amis dévoués, tant dans \e clergé que parmi les laïcs. Depuis un an particulièrement, Monseigneur l'Evêque de Tloa a appelé quatre prêtres et quatre ecclésiastiques à s'y partager l'enseignement. Sous leur direction, les études s'y complètent de plus en plus, et aujourd'hui le collège renferme à peu près toutes les classes. On compte en ce moment dans l'institution 22 élèves au cours classique, 53 au cours commercial, industriel et ngricole, et 47 dans l'école préparatoire.
^' Mais, Nos Chers Frères, vous le comprenez l'acilement: ce ne sont là que de faibles commencements, ce n'est qu'au moyen de privations réelles, d'une gêne incroyable que le procureur a pu jusqu'à présent soutenir l'établissement : encore est-il endetté. Les pensions sont extrêmement modiques, elles se paient en grande partie en effets, et assez mal ; la maison n'est point terminée, elle est bien froide, et elle est déjà trop étroite pour les besoins. Que sera-ce quand le nombre des élèves aura doublé, qu'un Grand-Séminaire y aura été ajouté, qu'il faudra trouver un local pour une bibliothèque, un cabinet de physique, des musées, etc. ?
" Au nom donc du Seigneur, au nom de son Eglise, au nom de l'avenir du Diocèse, Nous venons faire un appel à vos cœurs si catholiques et si charitables.
" En cela. Nous remplissons un devoir très-important que Nous impose notre charge pastorale, ainsi que le 3e Concile de notre Province Ecclésiastique. " Nulla (phligatio) quœ majorum mînorumque Seminariorum curœ anteponi deheat.'" "Les Evêques doivent mettre au nombre de leurs premières obligations le soin des Grands et des Petits Séminaires. " Decretum VI, de EpiscopiSf Cap. 2.
" Ministres de Dieu, il dépend de vous surtout d'aider à perpétuer le sacerdoce dans cette partie de la vigne du Seigneur que vous cultivez avec tant de soin, à vous donner de dignes successeurs qui puissent continuer votre œuvre de zèle et de salut. Nous vous dirons avec les Pères du second Concile Provincial de Québec : " Mettez une grande importance à former à la piété, avec une attention particulière, des enfants de vos paroisses doués d'un bon caractère et ayant des marques de vocation à l'état ecclésiastique j à leur donner les premiers éléments des sciences et de l'éducation chrétienne j enfin à leur aider, s'il en est besoin, même de votre propre argent, à faire leurs études, et
à entrer dans l'état clérical. Plus vous multiplierez ainsi le nombre des lévites, plus vous vous rendrez agréables à Dieu, plus vous réjouirez la sainte Eglise, et plus vous étendrez le royaume de Jésus-Christ. " Decretum de Parochis, art. 22. En vous conformant à ce Décret, en faisant ces sacrifices de temps et d'argent. Nos Respectables Coopérateurs, vous marcherez sur les traces de tant de vos confrères qui, de tout temps, ont encouragé l'éducation dans le pays ; vous conserverez ces nobles traditions de dévouement et d'abnégation que vous ont laissées tant dcfondateurM de séminaires et de collèges canadiens.
'' Permettez-Nous ^e rappeler ici les paroles que notre vénérable Métropolitain vous adressait le 8 décembre 1853. " Chaque paroisse renferme des familles respectables et chrétiennes où se trouvent des enfants qui se distinguent autant par les qualités du cœur que par colles de l'intelligence. Il s'agirait donc d'exhorter les parents à faire cultiver ces jeunes plantes en leur donnant l'éducation collégiale, et de leur procurer au besoin dans ce but l'aide de personnes bienveillantes, qui seraient heureuses de prendre part à la bonne œuvre, si les avantages leur en étaient expliqués. Par ce moyen, déjà employé avec succès par un nombre de MM. les curés, les vides du sanctuaire seraient
bientôt comblés ; l'on formerait des sujets qui serviraient utilement l'Eglise, ou qui, s'ils n'étaient pas appelés au sacerdoce, contribueraient au moins au bien do l'Etat, dans les professions libérales." ,
" Laissez-Nous même ajouter ce passage d'une Lettre Pastorale de Mgr. Dosquct, en date du 20 février 1T35 : " Il est recommandé aux curés do la campagne d'enseigner le latin et d'élever dans la piété, pour les mettre en état d'entrer au Séminaire, les enfants do leurs paroisses en qui ils remarqueront des dispositions pour l'état ecclésiastique et de l'ouverture pour les sciences."
''Quant 9, vous, pères et mères do famille, vous vous estimerez heureux si lo Seigneur appelle quelques^ uns do vos chers enfants à entrer dans son sanctuaire ; vous regarderez comme un devoir sacré do seconder ces dispositions. U no bonne éducation ost le plus précieux trésor, est peut-être lo seul bien que vous puissiez leur procurer : c'est un héritage quo personne no saurait leur ravir. Si donc par leurs talents, leur goût pour l'étude, leur sagesse et leur vertu, ces enfiints semblent destinés à une instruction plus qu'ordinaire, ne manquez pas de favoriser ce penchant ni de vous imposer les sacrifices nécessaires.
Vous tous à qui le Ciel a accordé les dons de la fortune, empressez-vous de contribuer à cette œuvre si excellente, soit en aidant à quelque jeune homme à payer sa pension, soit en lui foui-nissant des livres, soit même en fondant une bourse ou une partie de bourse, ou en faisant un legs en faveur de cette œuvre.
Une quête à cette fin pourrait se faire dans l'église chaque année au mois de juillet.
Que chaque paroisse du Diocèse, même la plus pauvre, tienne à honneur de maintenir à notre Collège au moins un élève ; que les paroisses plus riches lui en envoient plusieurs ; que les hommes influents des divers comtés de Témiscouata, Rimouski, Bonaventure et Gaspé, surtout messieurs les curés, s'intéressent à cette œuvre capitale, essentielle ; que les plus grands efforts soient dirigés vers ce but : et notre Collège de St.-Germain de Rimouski prospérera ; il sera fréquenté par une jeunesse nombreuse, appliquée, docile et pieuse. Vous répandrez ainsi la consolation dans le cœur de votre Evêque ; vous attirerez sur vous-mêmes avec abondance les bénédictions célestes.
Sera notre présente Lettre Pastorale lue au prône
do toutes les messes paroissiales le second dimanche après sa réception.
" Donné à l'Evêché de St.-Germain de Eimouski, sous notre seing, le sceau du Diocèse, et le contreseing do notre secrétaire pro tempore, ce treizièm'e jour de juin 1867.
" t JeaNj Evêquc do St.-Germain do Eimouski. " Par- Monseigneur,
" Charles Rouleau, Ecci.
'' Secrétaire ^ro tempore.
Dans une lettre pastorale du 27 décembre 1868, Monseigneur s'adressait, par rentromise do Messieurs les Curés, à tous ses diocésains, leur annonçant son projet concernant l'érection d'un Séminaire et d'un Evôché. Voici ce document où se peignent si bien le zèle et la tendre charité de notre vénérable prélat.
" Depuis que la voix du Chef do l'Eglise Nous a appelé à la conduite de ce Diocèse, Nous n'avons cessé de chercher les moyens d'y assurer l'avenir de notre >5ainte Religion par la fondation d'un Séminaire et dun Evèché. Elever une maison où, d'un côté, les jeunes gens puissent dans l'étude et le silence se préparer soit à l'état ecclésiastique, soit aux diverses professions libérales, aussi bien qu'à l'agriculture, au
commerce et à l'industrie ; et où, de l'iiutre, les élèves du sanctuaire puissent dans le recueillement et les exercices de la vie spirituelle se disposer au sacerdoce : voilà incontestablement le premier besoin d'un diocèse naissant. Le second est évidemment de fournir un logement convenable à l'Evêque et aux jDrôtres qui doivent l'aider dans son administration.
Nous nous sommes déjà adressé pour ces deux objets au clergé et au peuple, et généralement on a répondu avec empressement et bonne volonté à notre appel. Cependant il est facile de comprendre qu'il Nous serait impossible de réaliser ces projets si importants pour le bien du Diocèse au moyen des faibles contributions qui Nous sont parvenues jusqu'ici. Mais, d'un autre côté, Nous voudrions réussir à effectuer ces constructions sans surcharger de dettes, surtout d'intérêts ruineux, la Corjîoration Episcopale, en même temps que Nous désirerions éviter toute entreprise qui serait trop à charge aux paroisses.
Eh bien ! Nos Chers Frères, il nous semble que le Seigneur Nous a inspiré un mode tout à la fois efficace et peu onéreux de prélever les fonds nécessaires. Ce que Nous ne pourrions point avec nos projwes res-
sources ou l'iiido d'un j)ctit nombre, Nous deviendra possible, aisé même, avec le secours de tous. Voyez quels magnifiques résultats produisent les contributions d'un seul sou par semaine pour la Propagation de la Foi, et d'un sou par mois pour la Ste. Enfance ? Ce sont ces œuvres vraiment catholiques que Nous prenons pour modèles. Après avoir consulté les membres du clergé que Nous avons pu voir, particulièrement ceux de notre Conseil, et avoir rencontré partout une approbation entière de notre plan. Nous nous proposons donc de remplacer les différentes quêtes indiquées pour le Collège et l'Evêché par utio 8eule contribution annuelle, et cette contribution sera, en moyenne, de quinze sous ou la valeur de quinze sous, par communiant, pendant dix ans. De cette façon, une famille de quatre communiants n'aura à donner par année que d'un écu à trois trente sous. Nous sommes d'ailleurs persuadé que beaucoup de ft^milles à l'aise n'hésiteront pas à offrir deux, trois et quatre piastres annuellement, afin de suppléer à la pauvreté de quelques-uns de leurs co-paroissiens.
Quel est celui d'entre vous qui ne dépense pas inutilement ou mai à propos la valeur de quinze sous par année ? Or voilà les étrennes que Nous demandons
au nom de l'Enliiiil Jé.sii.s à ehiiqiic communiant de notre Diocèse.
Nous voudrions pouvoir parcourir les diiîérenles localités; et réclamer Nous-même cette légère contribution. Nous avons la douce confiance que personne ne refuserait de verser dans la main de son Evèque ces quelques sous, destinés à faire tant de bien. Mais ce que Nous ne pouvons faire, vous voudrez bien l'exécuter on notre nom, vénérables curés, nos dignes coopérateurs, et vos bons fidèles seront heureux de participer si facilement à deux œuvres excellentes et vitales pour notre Diocèse.
'• Mais comment, dira peut-être quelqu'un, une contributiou si minime, quinze sous par année, pourra-t-ellc suffire à des œuvres si importantes ? Et néanmoins elle suffira, si chacun veut faire sa part. Comme Nous sommes sur le point de demander des soumissions à des entrepreneurs. Nous comptons que personne ne fera défaut. Nous avons besoin du concours de tous sans exception, et Nous le réclamons au nom de la gloire de Dieu, au nom des intérêts les plus chers de la Eeligion, au nom de la conscience, qui oblige chaque fidèle à contribuer au recrutement du
clergé, au logoraont cl à rcnlrclicn d^ son premier Pasteur.
S'il faut donner à quelques-uns un autre motif pour exciter leur générosité, ils le trouveront dans les avantages spirituels suivants :
*' Uoe messe basse sera célébrée dans la chapelle du nouveau Séminaire et dans colle du nouvel Evêché une fois par mois pendant vingt-cinq ans, pour tous ceux qui auront régulièrement contribué la somme demandée.
Ces entreprises importantes, Nous les mettons humblement sous la protection de la Très-Sainto Vierge, convaincu que cette bonne et tendre Mère fera réussir ces projets au delà même de notre attente, et que, sous ses auspices, la jeunesse studieuse du Diocèse pourra, d'ici à deux ans, prendre possession du nouveau Séminaire, et qu'il no s'écoulera guères plus de deux autres années avant que l'Evêque puisse entrer dans sa nouvelle demeure.
Nous sommes prêt, de notre côté, à Nous imposer une gêne considérable pour assurer la réussite de ces entreprises, et nous nous proposons d'y consacrer annuellement tout ce que Nous pourrons économiser.
Le succès do ces deux œuvres amèiierii d'iiilleurs la réalisation d'une autre également intéressante, l'établissement d'une maison-mère et d'un noviciat pour les Sœurs de la Charité à Eimouski. C'est dans ce but que nous faisons construire une allonge à notre demeure provisoire.
Nos Chers Frères, il est toujours pénible d'être réduit à mendier ; mais quand c'est un père qui implore la charité de ses enfants, il a au moins la consolation de ne pas solliciter en vain. Vous ne Nous rebuterez donc pas, vous ne crierez donc pas indigence et incapacité. " Vous tiendrez cotte aumône prête, vous dirons-Nous avec S. Paul, comme une bénédiction, non comme une chose arrachée à l'avarice Qui sème peu, moissonlie peu, et qui sème
dans les bénédictions, moissonnera aussi dans les bénédictions. Que chacun donne donc comme il l'a résolu dans son cœur, non avec tristesse ou par nécessité ; car Dieu aime celui qui donne avec joie." Comprenant que vous êtes les premiers intéressés à soutenir votre Evêque et à vous procurer des ï*rêtres pour vous desservir, vous donnerez volontiers, vous donnerez généreusement, et, en donnant ainsi, vous attirerez sur vous les bénédictions célestes : hiîarem enim datonm diligit Deus (II Cor. IX. 5, 6, 7, 8).
Certain que vous vous rendrez tous à nos désirs, Nous vous bénissons très-affectueusement au commencement de la nouvelle année, au nom du Père et du Fils et du St. Esprit.
Sera la présente Lettre Pastorale lue au prône le premier dimanche ou jour de fètp après sa réception, et ensuite commentée le premier dimanche de Juillet et de Janvier chaque année, jusqu'à nouvel ordre.
Donné à St.-Germain de Eimouski, le 27 Décembre 18G8, sous notre seing et sceau, et le contre-seing de notre secrétaire pro tempore.
" t Jean, Evêque de St.-Germain de Eimouski. •' Par Monseigneur,
" Jacob Gagné, Eccl."
Personne ne peut s'empêcher d'admirer la sagesse et l'habileté de Sa Grandeur à la lecture de ces lignes. Au moyen de simples souscriptions prélevées dans le diocèse, Monseigneur a réussi à élever pour l'éducation de la jeunesse un séminaire magnifique qui fera la gloire du pays entier. Cette légère contribution de quinze sous par communiant était le seul et unique moyen, mis entre les mains de Sa Grandeur, pour mener à bonne fin les travaux de cotte vaste entreprise; aussi, est-il à espérer que tous continueront, comme
par le passé, à se rendre à la voix charitable de leur premier Pasteur qui a en vue la gloire de Dieu, le bien de la religion et l'éducation de la jeunesse.
§ 3. Mandement (ï institution canonique iVun Séminaire diocésain.
Monseigneur de Rimouski, toujours vivement préoccupé des intérêts de son Séminaire, l'instituait canoniquement le 4 novembre 1870, en la fête de St.-Cbarles Borromée, sous le nom de Séminaire de St.-Germain de Bimoushij lui donnant pour premier patron Saint- Antoine de Padoue, et pour patrons secondaires les Saints Anges Gardiens.
Voici ce mandement :
" Dès le 28 septembre 18G3,Monseigneur Baillargeon, de sainte mémoire, alors évêque de Tloa et administrateur de l'Archidiocèse de Québec, établissait provisoirement et " jusqu'à nouvel ordre de l'autorité ecclésiastique," une corporation " pour le règlement des affaires internes " d'un collège que venait d'ouvrir à St.-Germain, avec son autorisation, et la coopération du curé, de la fabrique et des commissaires d'écoles, le Révérend Monsieur Georges Potvin, vicaire de cette paroisse.
A notre arrivée ici, en mai 1867, Nous trouvâmes cet établissement dans un état prospère sous le rapport des études et du nombre des élèves, grâce au dévouement de ce monsieur, et de quelques confrères zélés.
" Depuis ce moment, Nous n'avons cessé, comme le devoir de notre charge Nous y obligeait, et notre bienveillance particulière envers cette maison Nous y engageait, d'y porter un intérêt de tous les instants.
•' Nous nous sommes appliqué particulièrement à fortifier et compléter le cours des études tant littéraires et scientifiques que théologiques ; à augmenter peu-àpeu, autant que nos faibles ressources l'ont permis, les bibliothèques et les musées ; enfin à éteindre, avec l'aide généreuse du gouvernement, du clergé et du peuple, les dettes qu'on avait dû inévitablement contracter pour commencer cet établissement, et l'installer dans la bâtisse où il est temporairement ouvert.
'' Mais aujourd'hui que, par la protection spéciale de la divine Providence, par les efforts incessants de Messieurs les Directeurs et Professeurs, et par la sympathie universelle que rencontre cette maison, elle a pris un essor considérable ; et que le développement assuré à cette ville naissante par l'érection d'un Evêclié, et la confection d'une voie ferrée ititercoloni-
aie, promet à ce collège un accroissement de plus en plus rapide : Nous sentons, Nos Chers Frères, que le moment est venu de lui donner une existence plus stable et plus régulière, surtout en vue d'un acte de notre Législature, qui va le reconnaître comme corporation pour les fins civiles, et de la construction de nouveaux bâtiments plus spacieux, dont on vient de jeter les fondations.
" A ces causes, le Saint Nom de Dieu invoqué, et nous mettant sous la protection de la Sainte Mère de N. S. J.-C, sous celle de St.-Joseph et de St.-Germain ; après avoir pris l'avis de notre Conseil ; Nous avons statué et statuons comme suit :
'' lo. En vertu de notre pouvoir ordinaire, et pour nous conformer aux prescriptions du Saint Concile de Trente, dans sa 23c session, chap. 18, de Beformatione, Nous érigeons le Collège ou Séminaire déjà existant dans notre ville épiscopale, en Séminaire diocésain sous le nom de Séminaire de St.-Germain de Rimouski, et l'instituons canoniquement comme tel par le présent Mandement.
" 2o. Il aura pour but principal et essentiel de préparer les jeunes gens à l'état ecclésiastique, aussi bien que les clercs aux fonctions du saint ministère.
"• 3o, Nous lui donnons pour premier Patron Saint Antoine de Padouc, et pour Patrons secondaires les Saints Anges Gardiens.
" 4o. Nous voulons et entendons que le dit Séminaire soit à perpétuité soumis à la juridiction et au contrôle immédiats de Nous-même et de nos Successeurs, et dirigé par les prêtres que nous appellerons à y remplir les diverses fonctions, selon la Constitution et les Règlements que Nous aurons donnés ou approuvés.
" Que le Seigneur daigne répandre sur ce Séminaire ses bénédictions et ses grâces : qu'il en remplisse les maîtres de l'esprit de sagesse, de science, de zèle et de dévouement ; qu'il fasse avancer chaque jour dans la voio de la perfection les élèves du sanctuaire qui s'y prépareront aux redoutables fonctions du Sacerdoce \ qu'il inspire enfin aux jeunes gens qui étudiront dans cette maison les lettres et les sciences humaines, des sentiments de piété, de modestie et de docilité, l'amour constant du travail et l'exacte observance de la discipline.
'' O Marie, aimable Reine du clergé, c'est sous vos auspices que Nous osons placer l'avenir de cet établissement, dont le succès intéresse si grandement la Re-
ligion dans le Diocèse qui est confié à noire faiblesse ; vous le j)rotégerez. \'ous veillerez sur lui avec une bonté toute maternelle, vous lui obtiendrez de votre adorable Fils d'être véritablement une pépinière de saints Prêtres, puissants en œuvre et en parole.
'• Sera le présent Mandement lu au prône le premier dimanche après sa réception, dans toutes les paroisses et missions de ce Diocèse.
DONNE en notre demeurcépiscopale, ce quatrième jour de Novembre, fête de Saint Charles Borromée, mil huit cent soixante-dix, sous notre seing et sceau, et le contre-seing de notre secrétaire ^^ro temporc.
" f Jean, Evèque de St.-Germam de Eimouski. " Par Monseigneur,
" J. Gagné, S. D.
" Sec'rét. joro temporel
% 4. Acte pour incorporer le Séminaire de St. -Germain de Rimouski.
Monseigneur obtenait, le 24 décembre 1870, un acte de la Législature pour l'incorporation do son Séminaire, sous le titre ; Acte pour incorpoi^er le Séminaire de St. -Germa 171 de Bimoushi.
Eu voici le texte :
'• Attendu que la Corporation Episcopale Catholique Romaine de Saint-Germain de Rimouski, représentée par Sa Grandeur Monseigneur Jean Langevin, Evêque de Saint-Germain de Rimouski, a demandé Fincorporation du Collège ou Séminaire existant depuis quelques années dans la ville de Saint-Germain de Rimouski ;
" Et attendu que le dit Seigneur Evoque, en son propre nom, a signifié son intention de donner au dit Séminaire une certaine étendue de terre qu'il a acquise à cet effet : En conséquence, Sa Majesté, par et de l'avis et du consentement de la législature de Québec, décrète ce qui suit :
" 1. A dater de la passation du présent Acte, le Supérieur, les directeur;? et les professeurs du dit Collège ou Séminaire, nommés de temps à autre par l'Evêque Catholique Romain de Saint-Germain de Rimouski, seront et formeront une corporation ou corps politique et incorporé sous le nom de " Séminaire de Saint-Germain de Rimouski."
" 2. Les affaires de la dite corporation seront gérées par un conseil. Ce conseil sera composé de sept personnes au plus et de trois au moins choisies parmi
les jucmbres de la dito c-gritoratioii — Il so (.-oinpoisoi'a pour commencer, du Supérieur et de deux Directeurs connus sous le nom de Directeur du Grand-Séminaire et Directeur du Petit-Séminaire ; d'autres membres pour compléter le dit nombre pourront être élus par les dits Supérieurs et Directeurs, avec le consentement du dit Evêque. Les membres du dit conseil continueront d'en faire partie jusqu'à leur mort, résignation, ou exclusion prononcée d'après les règles du dit Séminaire, approuvées par le dit Evêque ; et le quorum du dit conseil ne sera jamais de moins de trois membres.
" 3. La dite corporation aura un sceau commun qu'elle pourra modifier de temps à autre, par une résolution approuvée du dit Evêque.
" 4. La dite corporation aura plein et entier pouvoir de faire et passer toutes règles, résolutions, règlements ou statuts, non contraires aux lois, qu'elle jugera à propos de faire et passer, pour régler les affaires de la dite corporation et en promouvoir les intérêts, et le quorum de la dite cor]X)ration ne sera pas moins de cinq membres.
" 5. Toutes les dites résolutions, règles, règlements ou statuts de la dite corporation seront adoptées à la
majorité dos voix des membres présents, celui qui présidera ne devant voter que dans le cas de partage égal des voix, entrées dans un registre ad hoc, et signées par le Supérieur ou, en son absence, par son assistant ou le plus ancien directeur présent, comme président. Ces résolutions, règles, règlements et statuts seront sujets au veto du dit Evêque pendant une année à dater du jour qu'ils lui auront été communiqués.
" 6. La dite corporatioii pourra nommer par une délibération un procureur pour la bonne administration des affaires du dit Séminaire, suivant un règlement approuvé par le dit Evêque. Elle pourra recevoir des legs, dons et fondations. Elle pourra aussi acheter, acquérir, tenir, posséder, échanger, vendre, accepter et recevoir des biens fonds pour l'insti-uction de la jeunesse et l'usage, le soutien et les fins de la dite corporation, et toutes rentes constituées ou autres, et elle pourra les vendre et les aliéner et en acquérir d'autres, en vertu de quelque titre que ce soit — Pourvu toujours que les immeubles possédés par la dite corporation, et dont elle retire un revenu, n'excèdent i)as en valeur annuelle la somme de dix mille piastres — et pourvu toujours que si les dits immeubles, par quelque cause que ce soit, excédaient
lîi susdite somme en valeur îinnuclle — alors et dans co cas la dite corporation, en autant que les dits immeubles excéderont la dite somme, sera obligée de s'en défaire dans l'espace de douze mois.
" 7o. La dite corporation sera tenue de faire des rapports annuels au Lieutenant-Gouverneur et aux deux branches de la Législature, indiquant l'état général des aifaires de la corporation, lesquels dits rapports seront présentés dans les premiers vingt jours de chaque session de la Législature."
Mgr. de Rimouski vient de donner gratuitement et en pur don à la Corporation de son Séminaire une magnifique terre sur laquelle se construit le nouvel édifice. C'est un acte de munificence au-dessus de tout éloge.
Travaux du nouveau Séminaire de Rimouski et ses dimensions. — Bénédiction solennelle de la pierre angulaire. — Fermeture de la pierre angulaire.
§ 1. Travaux du nouveau Séminaire de Eimouski.
Le 15 septembre 1870, Monseigneur de Eimouski, accompagné de son Grand- Vicaire, Messire Edmond Langevin, et des élèves de son Grand et Petit-Séminaire, se rendait à l'endroit du nouveau Séminaire, pour y bénir les commencements des travaux. Sa Grandeur et ceux qui l'accompagnaient chantèrent l'hymne Veni Creator, suppliant le Seigneur de répandre ses grâces sur cotte nouvelle maison. Mgr. enleva la première pelletée de terre et confia la direction des travaux à l'abbé Ferdinand Laliberté, qui s'en acquitta à la satisfaction de son Evêque et de tous les intéressés..
Les dimensions de cette nouvelle maison sont les suivantes : longueur 384 pieds ; largeur 50 pieds ; hauteur 48 de carré.
Monseigneur de Rimou8ki,après avoir demandé à tous ses diocésains, la légère contribution annuelle de quinze sous par communiant, établit un comité, choisi dans le clergé du diocèse et chargé d'activer les contributions en faveur de la construction du nouveau Séminaire.
Ce comité se composait do neuf membres élus au scrutin secret.
Le dépouillement du scrutin donna le résultat suivant :
Elus : Les Révérends P. Saucier, aujourd'hui curé de la Grande-Rivière ; Louis Desjardins, curé de Ste.- Cécile du Bic ; Edouard Guilmet, curé de Ste.-Luce ; J.-Bte. Gagnon, curé des Trois-Pistoles ; J.-C. Cloutier, curé de St.-Georges de Cacouna ; A. Ladrière, curé de rile-Yerte ; O. Normandin, curé de St.-Bonaventure, et aujourd'hui curé de St.-Arsène ; D. Morissct, curé de Ste.-Angèle de Mérici ; C.-A.-P. \Yinter, curé de Rimouski.
Le même jour, le comité s'assembla et nomma M. AVinter pour son président.
M. Winter, jouissant de l'estime générale était certainement doué de toutes les qualités requises j^our cette charge.
Mgr. do BimoiiBki confia ensuite les travaux de son Séminaire au Eévd. D. Yézina on remplacement de M. F, Laliberté, nommé alors curé de St. Sévérin.
Los travaux de maçonnerie furent dirigés par M. Lafrenaye, celui-là même qui fut employé dans la direction des travaux de la cathédrale actuelle.
§ 2. Bénédiction solennelle de la pierre angulaire.
La fête du Cœur Très-Pur de Marie, le 27 août 1871, avait été choisie par Monseigneur de Eimouski, pour la bénédiction solennelle de la pierre angulaire du nouveau Séminaire.
Quoique la pluie eut fait craindre, dans la matinée, que l'on ne pût faire la cérémonie à l'heure indiquée, néanmoins après un salut solennel chanté à la cathédrale par Sa Grandeur, et auquel assistaient le clergé, présent à la retraite annuelle, et un nombre considérables de citoyens de Eimouski et des paroisses environnantes, la procession fut organisée.
Les différents corps marchaient sous leurs bannières respectives, et l'on remarquait à la suite du clergé des personnes venues exprès dos paroisses voisines pour
les représenter. (3n se rendit sur l'emplacement du nouvel édifice, en chantant des psaumes, et arrivé en face du corps principal, Monseigneur fit les prières ordinaires prescrites par le Pontifical. Après avoir posé la pierre fondamentale, à l'angle droit de la partie centrale, Sa Grandeur monta sur une estrade et adressa la parole à l'assemblée, lui rappelant l'établissement des maisons d'éducation en Canada, depuis le 17e siècle jusqu'à nos jours, depuis le premier collège des Jésuites, servant encore aujourd'hui de caserne, jusqu'au Séminaire commencé dans la ville naissante de St. -Germain moyennant les contributions du clergé et du peuple.
Monseigneur exprima en termes chaleureux son attachement pour le Séminaire de Québec et pour rUniversité-Laval, et, après un mot bienveillant à l'adresse de chaque maison, il se déclara convaincu que l'édifice dont on jetait les fondations, serait bientôt achevé et que l'on pourrait y poursuivre les œuvres déjà commencées.
Cet espoir était fondé sur sa confiance en la Divine Providence, en la protection du grand St.-Antoine de Padoue, premier patron du Séminaire, et qui était appelé de son temps le marteau des erreurs. Appuyés
sur une ba«e si solide, ainsi que sur le secours des SS. Anges Gardiens, choisis pour les patrons secondaires de l'établissement, l'enseignement et la direction no pouvaient s'éloigner des vrais principes et de l'orthodoxie. Le prélat, se tournant alors vers la bannière St.- Antoine portée par les élèves, adressa quelques mots d'encouragement à ceux qui avaient déjà commencé le cours classique, ou qui, l'ayant terminé, se préparaient aux fonctions redoutables du sacerdoce par l'étude de la science théologique. Il exprima enfin le plaisir qu'il aurait eu à voir présent en cette circonstance un homme qui avait contribué pour une large part aux commencements du Séminaire, l'abbé Georges Potvin, actuellement procureur du collège Ste.-Anne, (aujourd'hui curé de St.-Aubert).
Monseigneur lui avait adressé une invitation ainsi qu'aux anciens curés de la paroisse et à plusieurs autres personnages distingués.
Sir N.-F. Belleau, Sir John A. McDonald, MM. le docteur P. Fortin, J.-C. Taché, ancien député du comté, l'honorable P.-J.-O. Chau veau s'étaient excusés de ne pouvoir se rendre à cette cérémonie à cause de leurs fonctions qui ne leur permettaient pas de s'absenter en ce moment.
L'honorable J.-U. Tcssicr, sénateur, fut alors invité par Monseigneur à prendre la parole et s'exprima à peu près dans les termes suivants :
" Monseigneur, Messieurs,
" J'éprouve beaucoup de plaisir à me rendre à liiivitation que l'on me fait en ce moment de vous adresser la parole.
La pluie qui est tombée au commencement de cette journée, nous avait fait craindre de ne pouvoir nous réunir ici, mais le ciel a semblé vouloir interrompre ses orages pour permettre de procéder à l'imposante cérémonie.
'' La circonstance qui nous réunit aujourd'hui, fera époque dans l'histoire de notre pays, et elle sera surtout mémorable dans l'histoire de notre localité.
" Lorsque l'on traverse l'ancien continent, lorsque l'on voyage dans les plus grandes villes de l'univers, on éprouve une sensible satisfaction, un intérêt tout particulier à visiter les célèbres maisons d'éducation, à contempler les temples majestueux qui ont survécu à leur siècle et qui sont comme les témoins des siècles passés.
" LA, on contemple les temples du passé ; ici,
nous sommes on présence d'un temple de revenir. C'est, Messieurs, im gage certain d'agrandissement et de progrès que cette maison que vous élevez aujourd'hui, que cette éducation, cette nourriture que vous garantissez à l'intelligence de vos enfants. Et il suffit de vous reporter avec moi au siècle dernier, pour bien concevoir le besoin d'une maison d'éducation qu'éprouve cette partie du pays ; il suffit de vous rappeler qu'il y a un peu plus de cent ans, lorsque ce pa3's fut cédé à l'Angleterre, le Canada entier ne comptait pas une population plus grande que celle du diocèse de Rimouski.
'' Maintenant, Messieurs, c'est à vous de vous unir, car " l'union fait la force," c'est à vous de joindre vos efforts à ceux de votre digne Evêque, pour promouvoir ce qui est pour vous avant tout une œuvre nationale, une œuvre que vous devez prendre à cœur, si vous tenez à l'agrandissement et à la prospérité de votre localité.
'• Oui, Messieurs, jetez avec moi un regard sur tous les grands mouvements qui s'accomplissent dans l'univers, sur toutes les grandes découvertes, par exemple, sur ces immenses travaux qui se poursuivent déjà depuis plusieurs années, et à la suite desquels un
chemin de 1er doit traverser vos cumpiignes ; je mentionne encore le télégraphe qui, avec la rapidité de l'éclair, transmet votre pensée en un instant jusque de l'autre côté de l'Océan, et vous verrez, Messieurs, que toutes ces merveilles sont les fruits de l'étude, au moyen de laquelle l'intelligence s'initie à tous les secrets de la science, s'exerce à surmonter tous les obstacles et à percevoir toutes choses.
" Les comtés de Eimouski et de la Gaspésie qui forment partie de ce diocèse, ne sont pas destinés à demeurer tant soit peu en arrière des autres parties du pays, quant au niveau intellectuel ; et permettez-moi de vous le rappeler encore une fois, c'est à vous, Messieurs, à vous, à apporter généreusement votre obole, afin de parvenir à élever jusqu'au faîte, ce temple qui doit abriter vos enfants, et qui doit enfin leur ouvrir la porte aux plus hautes positions religieuses et sociales
" Je termine en faisant un vœu,c'est que vous, Monseigneur, et votre respectable clergé, vous viviez de longues années pour voir prospérer et s'accroître cette belle institution, dont vous avez posé aujourd'hui
les baseKS et dont vous avez le principal mérite. On vous rcconnaitra, ajuste titre, comme le fondateur de cette nouvelle maison destinée à produire tant de bien et qui fera la gloire du pays."
§ 3. Fermeture de la pierre angulaire.
Le 13 septembre 18T1, Monseigneur de liimouski se rendit au nouveau Séminaire, avec les prêtres de son Evêclié, de sa Cathédrale, ainsi que les élèves de son Grand et de son Petit Séminaire, pour la fermeture de la pierre angulaire.
M. Edmond Langevin, Vicaire-Général du diocèse, déposa dans cette pierre une fioje en cristal, renfermant un parchemin, sur lequel se trouvait l'inscription suivante, dont nous donnons la traduction : (1)
(I) Lapis iste angularis Seminarii Sti. Germanide Kiraouski ab Illustrissimo et Eeverendissimo D. Joanne Langevin, primo p]piscopo Sti. Germani de Kimouski ac dicti Seminarii Superiore benedictus et positus est die 27 augusti 1871 ;
Summo Domino Nostro Pio Papa IX, vigesiraiim sextiim annum Ecclesiara sapientissime régente ;
Victoria Kegina trigesimum quintum annum régnante ; Illustrissimo Joanne Young dicte Barone Lisgar, totius dominationis Canadensis prseposito generali ;
Illustrissimo N. F. Belleau, équité, prœposîti Generalis in Provincia Quebecensi vicesgerente ;
Domino .1. M. Ilndon, civitatia Sti. Germani de Rimonski ro"» administrante :
Cette piori'c iiugiiUiire du Sémiiuiirc de 8t. -Germain de Eimouski fut bénite et posée, le 27 août 1S71, par rillustrissime et Révérendissime Jean Langevin, premier Ev^êque de St. Crermain de Rimouski et Supérieur du Séminaire ;
Sous le glorieux règne de Notre Saint-Père le Pape Pie IX, dans la vingt-sixième année de son pontificat ;
Sous le règne de la Reine Victoria, dans sa trentecinquième année ;
L'Illustrissime John Young, Baron Lisgar, étant Gouverneur de toute la Puissance du Canada ;
L'Illustrissime N. F. Belleau, Chevalier, Lieutenant- Gouverneur de la province de Québec ;
M. J. M. Hudon, maire de la ville de St.-Germain de Eimouski ;
Domino Jacobo Lepage et Reverendo Oct. Aiidet, Presbytère, graphidis auctoribus ;
Domino Lafrenaye, operum structure ;
Reverendo F. Laliberté, Presbytère, vice-Superiore ;
Reverendo D. Vézina, Presbytero, majoris Seminarii rectore ;
Reverendo F. E. Couture, Presbytero, studiorum praeiecto ;
Reverendo J. O. Simard, Presbytero, minoris Seminarii rectore ;
Domino G. Dumas, Seminarii procuratoris rices gerente ;
Prsesentibus Reverendo Edmondo Langevin, vicario generali, civitatis clero, plerisque Parochi.s diœcesis, pastoralis secessn» causa vocatis, ac permnltis fidelibus.
M. Jacob Lepage ci le Kévd. Oc t. zVudet, Pfcre., Architectes ;
M. Lafrenayc, Directeur des travaux ; Kévd. F. Laliberté, Ptre., Vice-Supérieur; Eévd. 1). Yézina, Ptre., Directeur du Grand-Séminaire ;
Kévd. F.-E. Couture, Ptre., Préfet des Etudes ;
Révd. J.-0. Simard, Pire., Directeur du Petit- Séminaire ;
M. G. Dumas, Procureur ;
Furent présents, le Révd. Edmond Langevin, Vicaire-Général du diocèse, le clergé de la ville, plusieurs curés du diocèse, appelés à la retraite pastorale, et un grand nombre de fidèles."
T'atalogue des Supérieure, Directeurs et Professeurs du Collège Industriel et Agricole de Rimouski, depuis 1855 à 1867.
§ 1. Catalogue des Supérieurs^ Directeurs et Professeurs
du Collège Industriel et Agricole de Rimouski,
depuis 1855 à 1867.
Stipérieiir, Ilévd. Cyprien Tanguay, Pire., curé de la paroisse.
Professeur, M. Cyrille Tanguay.
" " Hubert Catellier.
Supérieur, Révd. Cyprien Tanguay, Ptre., curé. Professeur, M. Amouroux.
" ♦' Octave Ouellct.
" " James Smith.
M. Jacob Côté, Ptre., vicaire à Rimouski, exerçait la surveillance sur les élèves pendant la nuit, et était regardé comme directeur de l'Institution.
Supérieur, Révd. Cyprien Tanguay, Ptre., curé. Directeur, Révd. Jacob Côté, Ptre., vicaire. Professeur, M. Amouroux.
'' " Octave Ouellot.
" " James Smith.
Supérieur, Révd. Cyprien Tanguay, Ptre., curé. Professeur, M. Octave Ouellet.
" '' Désiré Bégin.
Supérieur, Révd. Cyprien Tanguay, Ptre., jusqu*à l'automne, 1859.
Professeur, M. Octave Ouellet.
" " Désiré Bégin.
M. Ouellet n'enseigna seulement que durant la première partie de l'année, et M. Bégin demeura seul.
Professeur, M. Désiré Bégin.
M. Bégin nomma, deux de ses élèves les plus avancés on classe, assistants-professeurs.
Supérieur, Eévd. Epiphane Lapointe, Ptre., curé de la paroisse.
Directeur et Procureur, Révd. Georges Potvin, Ptre.
M. Potvin était aussi maître de salle.
Professeur, 3me classe, M, Désiré Bégin.
" 2me " " Michel Coulombe.
" 1ère " " Gaspar Dumas.
" d'agriculture, M. James Smith.
Ecole élémentaire, M. Thomas St.-Laurent.
Supérieur, Révd. Epiphane Lapointe, Ptre., curé, jusqu'au 26 octobre 1862. M. P.-L.Lahaye, Ptre., le remplaça vers la mi-novembre de la même année.
Directeur et Procureur, M. Georges Potvin, Ptre. Professeur, 4me classe, " " "
M. Potvin était aussi maître de salle.
Professeur, 3me classe, M. Gaspar Dumas.
" 2rae " " Michel Coulombe.
" 1ère " " Pascal Parent.
" d'anglais, M. William Falie}-.
'' de musique, (piano) M. Willam Fahey.
" d'agriculture, M. James Smith, jusqu'au
mois de janvier 1863.
Ecole Elémentaire, M. Thomas St.-Laurent. 1863-04,
Supérieur, lîévd. P.-L. Lahaye, Ptre., curé de Kimouski.
Directeur et Procureur, M, Georges Potvin, Ptre. Professeur, humanités, " '• '•
Maître de salle, ' " "
Professeur, 4me classe, M. Gaspar Dumas.
" 3me '• •• Michel Coulombe.
<' 2me '' " Alphonse Langlais,
Professeur, 1ère classe, M. Pascal Parent.
" de musique vocale, M. Michel Coulombe.
" d'anglais et de musique (piano), M.
William Fahey.
Ecole élémentaire, M. Honoré Pineau, jusqu'au 2 février 1864. Cette école fut ensuite continuée par M. Thomas St.-Laurent.
Supérieur, M. P.-L. Lahaye, curé de Rimouski.
Directeur et Procureur, M. Georges Potvin, Ptre.
Préfet des études, M. Luc Rouleau, Ptre.
Professeur, versification, " " "
" humanités, M. Jos.-Octave PleBsis, jus-
qu'au 1er octobre 1864. Cette classe fut ensuite continuée par M. Georges Potvin.
Professeur, 4mc classe, M. Alphonse Langlais, jusqu'au 4 novembre 1864, ensuite continuée par M. G. Potvin.
Professeur, 3me classe, M. Georges Potvin, Ptre,
" 2me " •' Gaspar Dumas.
** 1ère " '' Michel Coulombe*
Professeur de musique vocale, M. Michel Coulombe.
M. Coulombe mourut à St.-Pabien le 1er de mars de l'année suivante.
Professeur d'anglais et de musique (piano) M. William Fahey.
Professeur de physique, M. Debrais.
Supérieur, M. P.-L. Lahaye, Ptre., curé.
Directeur et Procureur, M. Georges Potvin, Ptre.
Préfet des études, M. Luc Rouleau, Ptre.
Professeur, belles-lettres, versification, M. Luc Kouleau, Ptre.
Professeur, théologie, M. Georges Potvin, Ptre.
" humanités, " " "
" 4me classe, M. Alphonse Langlais.
" 3me " " Gaspar Dumas.
" 2me " " Ignace Langlais, Eccl.
" 1ère " " Maxime Hudon, Eccl.
" d'anglais et de musique (piano), M.
William Fahey.
Professeur de dessein (paysage), M. Maxime Hudon, Eecl.
Ecole élémentaire, M. Ulfranc St.-Laurent.
Supérieur, Eevd. P.-L. Lahaye, Ptre., curé.
Directeur, M. Ferdinand Laliberté, Ptre.
Professeur de théologie, " "
Procureur, M. Georges Potvin, Ptre.
Préfet des études, M. Luc Eouleau, Ptre.
Professeur de belles-lettres, Versification, M. Luc Rouleau, Ptre.
Professeur humanités, M. Maxime Hudon, Eccl. " 4me classe, M. Charles Rouleau, Eccl., jusqu'au 8 juin 1867, continuée ensuite par M. Théodule Smith, Eccl.
Professeur, 3me classe, M. Gaspar Dumas.
" 2me '' Ernest Hudon, Eccl.
" 1ère " Placide Beaudet, Eccl.
î- d'anglais et maître de cérémonie, M.
John Colfer, Ptre.
Professeur de chant et de violon, M. Charles Rouleau, Eccl.
Professeur de piano, M. Ernest Hudon^ Eccl.