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Eglise le lendemain de son décès, en toy de quoy j'ay signé les jour ct an que dessus. à ‘ PÈRE AMRROISE, Récollet.”
Le quatrième scigneur de Rimouski fut son fils, Germain Lepage, de St. Germain, mort il y a quelques
années, à un âge très-avancé,
En 1790, la seigneurie de Rimouski proprement dite, à laquelle avaient été réunies les scigneurics voisines de St.-Barnabé, de Lessard (1), de Lepage et Tibierge, (Pointe aux Bouleaux) (2), et.le fief Pachot,
(3) se trouvait entre les mains des héritiers Lepage.
Les héritiers Lepage vendirent successivement leurs parts de ces seigneuries à Joseph Drapeau, Ecuyor, alors négociant, demeurant en la ville de
Québec.
[1] La seigneurie Lessard, située à l’est de la seigneurie St.- Barnabé, avait une lieue et demie le long du St, Laurent sur deux lieues de profondeur. Elle fut accordée, le 8 mars 1696, à Pierre Lessard.
[2] Cette seigneurie, faisant suite à la seigneurie Lessard, avait trois lieues de front sur une lieue de profondeur, et fut accordée, le 4 novembre 1696, aux sieurs Lepage et Gabriel Tibierge, Une augmentation de deux lieues de profondeur fut accordée aux mêmes personnes, le 7 mai 1697.
[3] Ce fief, à l’est de la seigneurie. Lepage et Tibierge, est formé de la rivière Métis, depuis son embouchure dans le St.- Laurent, jusqu’à une lieue au-dessus, et d’un terrain le long du St-Laurent d’une lieue de largeur, Il fut accordé, le 7 janvier 1689, au sieur Pachot.
M. Drapeau, originaire de la Pointe-Lévis, s'était établi en la basse-ville do Québec, dans l’une des maisons qui fuit partie do co qu'on appelle l'Hôtel Blanchard. À cotte époquo, il se faisait un commerce considérable d'exportation do grains du Bas-Canâda, qui produisait le blé en immense quantité, ct un commorce d'importation des Iles anglaises ct françaises
des Indes Occidentales.
M. Drapeau avait alors pour contemporains, dans ce genre de commerce, M. Cartier, ancêtre de fou Sir Georges Cartier, et M. Frémont, souche de la famille do feu le docteur Frémont, qui tous trois occupaient des maisons voisines dans la basse-ville de Québec, visà-vis de la petite Eglise de Notre-Dame des Victoires, nrès du marché d’en haut, alors le centre des affaires
commerciales.
M. Drapeau acquit une grande fortune; et, poussé par ce désir assoz naturel des Canadiens d'acquérir des propriétés foncières, il acheta plusieurs maisons dans la basso-ville, les scigneuries de Champlain, de la Baie St.-Paul, de Rimouski, et la moitié de l'Ile
d'Orléans.
Il se mit à construire des vaisseaux de trois à
quatre mille tonneaux, qu’il expédiait aux Iles; mais à
la fin de sa vie, il eut des rovers de fortune. Il perdit deux vaisseaux chargés do sucre, qui n'étaient point assurés, Ct il lui fallut vendre ses maisons do la basse-
ville ct la scigneurie de Champlain, pour combler ses pertes.
En 1810, il fut élu représontant pour le comté do Charlevoix, qui faisait alors parti du grand comté de Northumberland. Il ne siégea qu'une session, ct mourut à la fin de l’année 1810. Il laissa à sa veuve et à ses enfants les soigneuries de Rimouski, qui appar-
tiennent encore à ses descendants directs.
Deux de ses filles vivent encore : Dame Luce Gertrude Drapeau, veuve de feu Thomas Casault, Ecuyer, Notaire, et Demoiselle Louise-Angèle Drapeau. La 8me branche, est représentée par les enfants et petitsenfants d’une autre sœur, Dame Marie-Joseph Drapeau, mariée à feu Jean-Baptiste d’Estimauville, officier dans les Voltigeurs, en 1812. La 4me branche descend d'une sœur, Dame Margucrite- Adélaïde Drapeau, mariée à Augustin Kelley, Ecuyer, tous deux décédés, et n’ayant laissé qu'une seule enfant, Dame Adèle Kelley, mariée à l’Honorable Ulric-Joseph Tessier, Sénateur, Doyen de la Faculté de Droit à l'Université Laval, et promu dernièrement à la dignité de Juge de la Cour Supérieure de Québec.
Première chapelle et premier presbytère à Rimouski.—Donations faites à l’Eglise.—Evacuation de la paroisse par les habitants pendant la guerre de 1759.— Tableau de St. Germain.
“ L'heure sonore... on la compte : elle n’est déjà plus, “ L’airain n’annonce, hélas ! que des moments perdus ! “ Son redoutable son m’épouvante, m’éveille,
“ Et c’est la voix du temps qui frappe mon oreille.”
La petite colonie, s'étant fortifiée par l’arrivée de quelques familles françaises, éleva un temple au Sei-
gneur, en 1712.
La description que les livres saints nous donnent dutemplequidevaitrenfermer l’Arched’Alliance, ferait mal connaître la modeste chapelle de Rimouski. La grandeur, la richesse et l'élégance n’y présidaient pas, mais elle renfermait un trésor plus précieux: l’Agneau sans tache y était immolé, et le Rédempteur de l’humanité voulait se contenter d’une chétive maison de
bois, pauvre comme l’étable de Bethléem.
Cette modeste chapelle, de 20 pieds sur 40 en iron,
était située à 10 pieds au sud-ouest de l'Evèché actuel, et construite dans la direction de la Cathédrale. Au sud-oucst de ia chapelle, se trouvait le cimetière, d’un quart d’arpent environ, et n'ayant pour clôture que des perches ordinaires de cèdre; on ne le distinguait des autres terrains que par une petite croix de bois noir.
Une petite maison de vingt pieds carrés, construite sur la place même qu'occupe le presbytère actuel, abritait le missionnaire pendant ses visites, qu'il ne pouvait faire qu'une fois tous les deux ou trois ans, durant les premières années, mais qu'il faisait ensuite,
une fois l’année, au temps de la belle saison.
L'Eglise fut dotée, en 1736, par le sieur Nicolas Lepage de Lafossès, d’une somme de deux cents écus
d’Espagne, comme on le voit par l'acte suivant :
“ Nous, Prêtre, Vicaire Général du diocèse de Québec, déclaclarons recevoir au nom et profit de l'Eglise St.-Germain, dite Rimouski, le don que lui fait le Sieur Nicolas Lepage de deux cents écus, payables moitié l’année prochaine et l’autre moitié l’année suivante, et en conséquence, suivant sa demande, lui accordons un bane avec toute franchise dont il ne payera rien, lui et ses descendants, et ordonnons qu’il lui soit donné assurance par les marguilliers de faire dire à perpétuité dans la dite
Eglise, chaque année, deux messes basses à son iätention par le
sieui nanc
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missionnaire ou curé du lieu. Lesquels deux cents écus seront employés selon qu’il le désire en vases sacrés d’argent, une cloche sil se peut, missel et tableau, et pour plus grande sûreté sera insérée la présente dans les archives de la dite Eglise pour servir ainsi que de raison. Fait à Québec, ce neuf septembre mil sept cent trente-six.
[Signé] “F,J. P. Mrmiac, ‘“ Vicaire Général.” ‘ Nous, Pierre Laurent, premier marguillier en charge, et le sieur Paul Lepage de Lamolest, déclarons que sûivant l’ordonnance ci-dessus mentionnée, nous recevons, acceptons et prenons nom de la dite Eglise de la paroisse dont nous sommes chargés, la somme de six cents livres, que le dit Sr. Nicolas Lepage fait présent à l'Eglise, à la charge, clause et condition quil aura un banc de franc dans la dite église, et que la dite lui fera dire à ses frais et dépens à perpétuité deux messes à son intention qui sont pour les âmes du Purgatoire. Nous, en vertu du même pouvoir, nous nous chargeons, au nom de la dite
Eglise, d'accomplir et promettons dès à présent de commencer à
exécuter les dites clauses et conditions ci-dessus, déclarant avoir :
déjà reçu la somme de trois cent vingt-huit livres douze sols à rabattre sur les six cents livres, il ne reste plus de la dite somme de six cents livres que deux cents soixante et douze livres à recevoir pour achever le parfait paiement, ce que nous reconnaissons vrai et avoir reçu et non reçu, du reçu étant requis, nous donnerons quittance et le non reçu il nous sera payé selon qu’il est porté par l’ordre de M. le Grand-Vicaire,
l’année prochaine,
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ü Fait et passé dans la chambre de notre missionnaire ce deur vingt-deux février de l’année 1738. En foi de quoi nous avons etat signé. et le
[Signé] ‘“ LEPAGE DE ST.-BARNABÉ, sal " “ PIERRE ST.-LAURENT,
4 “F, CHARLES BARBEI, pren
R. P. Missionnaire.” la su
L'Eglise employa cette somme à l'acquisition d’une tait eloche et d’un tableau de St, Germain. dern
plus
Le tabernacle qui fut donné cette mème année, en ui 1736, est encore assez décent pour occuper une place ait sur un des autels des chapelles latérales de Ste, Luce. nan
En 1742, M. Pierre Lepage, de $St.-Barnabé, second ue
seigneur, voulut assurer une propriété foncière à l'Eglise ; il détacha de son domaine quatre arpents de di front sur quarante-deux de profondeur, qu’il donna à la fabrique, comme on peut s’en assurer par l’acte suivant :
‘“ Nous, Père Albert Milliard, Récollet, Prêtre Missionnaire
de la paroïsse de St-Germain de Rimouski, déclarons avoir reçu au profit de l'Eglise dite de Rimouski les dons que fait le sieur Lepage de St.-Barnabé, à savoir, d’une chapelle composée d’un calice d'argent et d’une patène de la susdite matière comme aussi de tous les ornements absolument nécessaires pour célébrer le très-saint et très Auguste Sacrifice et la Messe, déclarons en outre recevoir du susdit sieur de St.-Barnabé une
terre de quatre arpents de front avec deux arpents de profon-
deur située au Saurois de la terre du sieur Lepage de Lafossais etau rd-est du Domaine, sur laquelle susdite terre, l'Eglise et le Presbytère sont bâtis ; le susdit sieur Lepage de St.-Barnabé mettant pour clause que le missionnaire sera libre et prendra son bois sur la susdite terre, à charge et condition que la sus-dite Eglise de St.-Germain s’oblige de faire dire à pe : * tuité deux messes basses par an pour le repos des âmes des derniers Seigneurs et Dames défuntes de la paroisse, et pour plus grande sûreté sera inséré la présente dans les archives de la susdite Eglise. Comme aussi la copie conforme à l’original est insérée dans les archives du Palais Episcopal selon l’ordonnance de Monseigneur l’'Evêque Henri-Marie Duberiel, Evêque de Québec.
“ Fait à Rimouski, le 30 mars de l’annte mil sept cent quarante-deux, [1] [Signé] ‘“ JEAN PINEAU.
“ Marguillier, hi ‘ F, ALBERT MILLIARD, ‘“ Récollet Missionnaire.”
Le calice dont il est parlé dans cette donation existe encore; il se trouve actuellement dans la cha-
pelle des Dames Religieuses de la Congrégation, et
[1] On voit dans la sacristie de la Cathédrale un tableau des messes de fondation et dans lequel il est dit : Deux messes basses à perpétuité pour le repos des dmes des derniers Seigneurs et Dames défuntes de la paroisse, fondées par le sieur Lepage de St.-Barnabé [1742] à la charge du curé.
Il y a certainement erreur dans ce tableau, ces messes ne sont point à la charge du curé, mais bien à la charge de la fabrique, comme le dit l’acte de donation ci-dessus.
sert tous les jours au saint sacrifice de la messe. Il est à espérer que ces bonnes Dames Religieuses conserveront longtemps ce précieux souvenir de piété et
de générosité du second seigneur de Rimouski.
Les ornements se voient encore dans la sacristie de la Cathédrale, et sont encore assez décents pour servir
à la sainte messe.
Monseigneur Hubert, dans sa visite épiscopale : Rimouski, écrivait dans le cahier des délibérations ce qui suit :
‘“ Le terrain de l’église, une terre de 4 arpents de front sur 42 de profondeur donnée par Mons. Lepage de St.-Barnabé, à la charge de deux messes basses
pour cette famille. (1)
“ De plus deux messes basses pour la famille de Mons. Nicolas Lepage et un banc à perpétuité pour
un don de deux cens écus. (2)
‘ Rimouski, le 19 juillet 1790.
(Signé) ‘+ JEAN FRANÇors, ‘ Evèque de Québec.”
{1] Cette donation futrectifiée, en 1792, par M. Joseph Drapeau, seigneur de Rimouski. Le Père Charles Lepage fit lui-même le voyage à pied de Rimonski à Québec pour obtenir cette rectification:
[2] Ja famille Lepage a renoncé, le 11 février 1794, au dit banc, ’10yennant une certaine somme d'argent,
son
Lorsqu'en 1759, la flotte anglaise remontait le fleuve, les habitants de Rimouski furent saisis d’une telle frayeur, qu'ils abandonnèrent lours maisons et séjournèrent longtemps dans la forêt. Comme ils emportèrent avec eux ce qu'ils avaient de plus précieux, le tableau de St. Germain ne fut pas oublié. (1) Soigneusement enveloppé et roulé dans des écorces de bouleau, il fut caché sous un cèdre; mais l’humidité lui occasionna quelques dommages, qui furent
réparés, en 1790, par M. Baillargé, artiste de Québec.
La figure de St. Germain et celle de Ste. Geneviève
sont du pinceau d’un premier :naitre. (2)
[1] Ce tableau se voit aujourd’hui dans la chapelle S$t.- Crermain.
[2] Pendant longtemps, on a cru par ce tableau que la paroisse de St.-Germain de Rimouski était érigée sous le vocable de St, Germain d'Auxerre. Mais c’est une erreur; le tableau représente à la vérité St.-Germain d'Auxerre, donnant à Ste. Geneviève une médaille, lors de son passage à Nanterre, mais il n’est pas pour cela le titulaire de l'Eglise. C’est St, Germain de Paris, dont la fête est célébrée le 28 mai, qui en est le patron.
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