‹ Chronique de Rimouski [microforme] (volume 2)Chapitre 23 sur 45 · CRE · texte numérisé non relu

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Sépultures faites dans la première chapelle de Rimouski.— Peste à Rimouski.—Lettre de Monseigneur Briand aux habitants de Rimouski. —Interdiction de la première cha-

pelle.

‘# Où retrouver tant d'heures coulées ?

# Vers leurs source lointaine elles sont refoultes,

“ Le seul effroi me reste, et l’espoir est banni.

“11 faut mourir, finir, quand ie n’ai rien fini;

“ Où sais-je ? et quelle scène à mes yeux se déploie ? “ Des bords du lit funèbre, où palpite sa proie,

“ Aux lugubres clartés de son pâle flambeau,

L'impitoyable mort me montre le tombeau.”

Les seules sépultures qui eurent lieu dans cette

première chapelle furent les suivantes :

iené Lopage, ler scigneur, le + août 1718.

Germain Lepage, 26 février 1723.

Marie-Angélique Lepage, fille, 2 avril 1729.

Marie-Madeleine Gagnon, épouse de sicur René

Lepage, 31 janvier 1744.

Pierre Lepage, 2me seigneur, 8 juillet 1754.

Margucrite Lepage, fille de René, 20 janvier 1756.

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Toussaint Cartier, hermite, 30 janvier 1767.

Le Père Ambroise, Ptre., dans l’été de 1769. (1)

Une épidémie qui visita la paroisse on 1756, et dont le 3me seignour fut victime, no permit pas que son Corps

reeût la sépulture dans l’église.

La paroisse avait déjà subi le fléau d'une pareille épidémie en 1733. La famille de Pierro Gosselin, troisième colon du licu, y avait succombé. Cotto seconde année, le fléau sévit avec plus de rigueur encore. La familleseigneuriale cut à déplorer la perte de quatre de ses membres et un grand nombre de paroïssions. Des familles entières étaient moissonnées. Cette maladio, la fièvre scorbutique, avait été apportée par l'équipage d’un vaisseau français dont j'ai parlé plus haut; elle sévissait avec tant de fureur dans la paroisso, qu’on

la désigna sous le nom de peste.

Pour nous fairo une juste idée des souffrancos de coux qui étaient atteints de cotte cruclle maladie, il nous suffit de rapporter les paroles suivantes des Rela-

tions des Jésuites, en l’année 1611.

# La maladie commune «x été le Scorbut, qu’on

‘appelle maladie de Ia terre. Les jambes, les cuisses

… [1] Nous ne pouvons constater le jour précis de sa sépulture ; il y a dans les registres une lacune de plusieurs années.

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“et face enflent, les levres se pourrissent, et leur “ surviennent de grandes excroissances, l’haloine est “ courte avec une fâcheuse toux, les bras mourtris et “ le cuir tachoté, toute la personne languit avec ennuic “ ct douleur, sans rien pouvoir avaler si non quelquo

# pou de liquide.”

Si la peste décima la paroisse, l’émigration franaise vint bientôt lui donner un accroissement assez considérable; mais, malheureusement, tous les émigrés français qui étaient venus augmenter le population de Rimouski, n’y avaient pas en même temps apporté les mêmes dispositions religieuses que l’hermite Toussaint Cartier. Parmi le nombre des nouveaux colons, il s’en trouvait dont les mœurs constrastaient beaucoup avec la vie exemplaire des premiers habitants. La paroisse allait avoir ses jours d'épreuves. L'honnête et brave cultivatour de St.-Germain, jusqu'alors si tranquille et si heureux, voyait déjà chaque jour se répandre autour de lui le venin du mauvais exemple. L'ivrognerie et la débauche, sa sœur naturelle, promenaient partout leur hideuse figure. Informé du triste état de la mission, l’évêque «ec Québec déplorait dans son cœur la dépravation d’une

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