partie de ces malheureux enfants, rebelles aux tendres
sollicitations de leur zélé missiennaire, indifférents à
C'ét leur foi et presque endurcis dans leurs crimes. Vou- Re lant tenter un dernier moyen de les rappeler à leurs
n'y devoirs, il adresse à la paroisse entière la lettre sui-
quel vante :
men
# Jean Olivier Briand, par la Miséricorde de Dieu plus et la Grâce du Suint-Siége, Evèque de Québec, ete. hom etc., ete. Aux habitants de Rimouski, Salut et Béne-
4e diction en Notre-Seignour Jésus-Christ.
les ]
“ Lorsqu'en 1741, je suis arrivé on Canada, on ne perd parlait que de ia piété et de la religion des seigneurs Ami} et des habitants de Rimouski. En effet, il en est sorti lo pi un prêtre distingué par son esprit et par ses vertus, tout.
et plusieurs religieuses ferventes que j'ai connues et lui
conduites, Il y avait encore un certain Hermite dont plus
on publiait avec édification les mérites. Aussi les aux
missionnaires qu'on leur envoyait alors étaient écou- que, tés, chéris, respectés, eton ne négligeait rien pour leur nous
adoucir le séjour d’un endroit séparé du reste des onve
hommes, et pour les dédommager de l'espèce d’exil glisd U
auquel ils se condamnaient volontairement pour la
Gloire de Dieu et le salut des Ames.
“ Tels étaient vos pères, N. C.F. ils craignaient
Dieu, aimaient la Religion et voulaient se sauver.
C’étaient là les principes qui les dirigeaient, les sentiments qui les . maient, sentiments sans lesquels il n'y a plus de vrai Christianisme ; et, si l’on n’a encore quelques marques extérieures, l’on n’est plus vraiment chrétien dans l’âme, ct l’on est à la veille de ne plus l'être du tout, ni devant Dicu, ni devant les
hommes.
“ Oril y a longtemps, M. C. F,, nous vous le :‘isons les larmos aux yeux, il y a longtemps que vous avez perdu ces saints, ces religieux sentiments. Le père Ambroise nous le disait quolque tomps avant sa mort ; le père LaBrosso nous l’a répété plusicurs fois, et de toutes les missions donc nous l’avions chargé, là vôtre lui paraissait la plus dérangéo, la plus indocile, Ja plus indifférente pour la religion, la plus opposée aux instructions ct aux exercices de piété ; tellement que, malgré la tendresse dont notre cœur ost rempli, nous avons été forcé, comme vous le savez, d'employer envers quelques-uns d’entre vous les foudres de l’E-
glise.
Quelle triste et malheurouso différence des promiers habitants de votre paroisse à ceux d’aujourd'hui. Vous vous en apercevez, anciens et vertueux
chrétiens, petit reste des enfants de Dicu, qui avez su
conserver votre innocence au milieu d’un peuple cor- et
rompu. Vous voyez le désordre, vous en gémissez h’os amèrement dans le silonce, parce que vous n’osez cacl élever la voix contre l’iniquité trop générale et qui a mat
pris le dessus; vous craignez d’être moqués, méprisés, les
persécutés. Vous lo seriez sans doute si vous avertis- neni siez, si vous ropronioz, mais no vous laissez pas épou- cela vanter par les méchants; opposez-vous au torrent, deg: parlez et priez on même temps. Dieu bénira vos Pro! paroles soutenues par la prière. Qui sait si sa misé- mên ricorde n'aura pas d’égards à vos larmes et à votre mais zèle pour la gloire et le salut de vos frères, ot s’il ne de l se servira pas do vous pour ouvrir les yeux à ces exp aveugles ct pour les toucher. Ce sont les motifs que pein
jai proposés à votre charitable missionnaire, de N
horr
crainte qu'il ne se laissât aller au découragement ct
qu’il ne vous abandonnût.
touc
“TI est vrai qu'il est envoyé chez vous comme pars €
Jésus-Christ, pour les malades et non pour ceux qui
rien
sont en santé; pour les pécheurs et non pour les l'es
justos ; mais aussi voyez quel témoignage il est con- final
traint de nous rendre. Tous les vices, dit-il, règnent ét
dans Rimouski. On n’a plus de honto du crime, on l'évi
, "1 » 1 hi :
s'en glorifie, on ne rougit pas même de coux qui sont de v
les plus honteux. L’'ivrognerie, l’adultère, l'inceste
les
et généralement tous ces péchés d'impureté qu'on n'ose nommer, sont communs et connus, Les filles ne cachent pas leur prostitution. Les fêtes et les dimanches ne sont point distingués des autres jours, on les passe à offenser Dieu. Les jeùnes et les abstinences n'y sont point observés, ct l'on ne se fait sur cela aucun scrupule. Enfin, ce qui fuit voir le dernier degré d’impiété et qu'on ne trouverait ni chez les Protestants, ni chez les Turcs, ni chez les Idolâtres même, c'est la mauvaise volonté qu'on a pour la maison de Dieu. Il y pleut partout. Les ornements de l’Eglise s'y pordent, lo St.-Sacrement même est exposé aux injures du temps, et on ne s’en met pas en peine.
Ne vous reconnaissez-vous pas à ce portrait, il fait horreur mes frères, je l’avoue; mais en êtes-vous touchés ?—Je ne le pense pas. Car, quand on est parvenu à un cortain degré de malice et d’impiété, rien ne fait plus impression. Le cœur s'endurcit, l'esprit s’aveugle et l'on tombe dans l'impénitence finale, qui conduit immanquablement à la damnation éternelle. Oh ! mes chers Frères, vous pouvez encore l'éviter ; convertissez-vous, écoutez les instructions de votre Pasteur ot courez à la pénitence. Apprenez
les devoirs de votre religion que vous ignorez ; rem-
plissez-les exactement et avec d'autant plus de fidélité que vous les avez violés ot trangressés plus universellement et avec plus de mépris, d’insolence et de témérité. Je le répète, insolence et témérité,; car qu'y atil de plus insolont ct de plus téméraire que de résister à un Diou tout-puissant et de n’être touché ni de ses promesses, ni de ses menaces? Vous êtes in. sensibles, je le vois, à co qui est plus capable de vous frapper. La croix mêmo, la croix sur laquelle vous savoz que Jésus-Christ est mort pour votre salut ne vous touche point; ot si, on passant devant co signe de notre Rédemption et cette marque de l’amour infini de Notre-Sauvour pour nos âmes, vous faites le signe de la croix, ce n’est que par habitude et par grimaco, ct dès l'instant qui suit vous vous livrez aux crimes les plus abominables. Ah! nos chers enfants, je suis pénétré de crainte et de douleur à la vuc de votre état. Je no désespère pas encore cependant, un retour prompt, sincère et persévérant vers Dicu, désarmera son bras ct arrêtera sa colère ; mais no différez pas; car, après une longue patience, sa juste vengeance semblable à la foudre éclatera tout à coup, ct alors le repentir venu trop tard sora infructucux, demeurera éternellement ot fera une partie des tour-
ments de l’enfer.
NOTV
Soig un rem "Ava conf Jésu tion char d’ex.
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“ Nous avions résolu d’abord, N. T, F., de nous servir contre les coupables des armes que Notre- Soigneur et son Eglise nous a mises en mains; mais un Pasteur qui aime, n’en vient qu’à regret à ces remèdes extrêmes. Nous avons voulu encore aupaavant prendre la voie de l'instruction comme la plus conforme à la douceur de notre bon et miséricordieux Jésus ; bien déterminé aussi, si l’on ne fait pas attention à notre présente lettre qui est un avertissement charitable, de retrancher du nombre des fidèles et d’excommunier généralement tous ceux et toutes celles qui persévèreront dans leur conduite scandaleuse, et, si l’on ne met au plus tôt en bon ordre l'Eglise ct le cimetière, de défendre à votre curé de célébrer les saints mystères dans cette mission, d'y laisser le Saint-Sacrement et d’administrer à qui que ce soit le saigt Viatique. Il ne pourra dans ce cas donner aux mourants que les Sacrements de la Péni-
tence et de l’Extrème-Onction.
& Comme M. Votre Missionnaire, touché et attendri à la lecture de cette lettre, m'a représenté qu'il y avait pourtant encore quelques honnêtes gens, bons chrétiens, j'ai pris le parti de leur ordonner et leur ordonne par ces présentes de me donner un détail
exact par noms et par surnoms de ceux et celles qui
scandalisent, et alors la censure ne retombera que sur les coupables, au lieu qu'elle sera générale pour tonte la paroisse si l'on ne me fait pas conntutre et l'ivraie
et le bon grain.
“ Quant aux conditions que ces impies veulent imposer pour bâtir un temple non pas à leur Dieu, c'est l'ivrognerie et l'impureté, mais au Dieu que servaient leurs pères, elles sont contraires à la religion, au bon sens, à la raison et aux ordonnances. C’est pourquoi nous défendons qu'on reçoive aucune contribution de pareils scélérats et qu'ils possèdent jamais aucun banc dans l’église que pourraient construire le peu de bons et fidèles chrétiens qui l’entreprendraient. Nous voulons encore que le seigneur de Rimouski et autres gens comme lui distingués par leur piété, leur zèle et leur sagesse, nous donnent les noms et surnoms de ces familles pécheresses, afin que nous les consignions dans nos Registres comme un
témoignage éternel de leur impiété.
“Voilà notre devoir rempli envers Dieu, son Eglise, et les bons chrétiens qui seront consolés de voir que nous ne ménageons et ne craignons ni les méchants ni leur méchanceté : envers les méchants
eux-mêmes qui ne pourront pas nous reprocher que
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si nous les avions avertis, instruits, corrigés, ils se seraient convertis. Nous finissons donc, N,. C. F., en priant le Seigneur de répandre ses bénédictions sur nos paroles et de les faire fructifier pour sa gloire et
le salut de vos âmes rachetées de son sang,
“ Donné à Québec sous notre seing, le sceau de nos armes et la signature de notre secrétaire, le premicr septembre 1784.
(Signé) ‘+ J, Or. ÉVÊQUE DE QUÉBEC, “ Par Monseigneur, ‘© J, O. PLrss's, Sous-Diacre,
« Secrétaire.”
Le Père Labrosse donna lui-mème à la paroisse lecture de cette lettre, le jour de la Saint-Michel. Les sanglots qui vinrent plusieurs fois l’interrompre, les reproches si justes et adressés en termes #i charitables à ces coupables enfants, produisirent tout leur effet. Une partie, prosternée aux pieds du bon Père, reconnut son indigne comportement ; l’autre, trop endurcie dans lo crime pour éprouver des remords, préféra s'éloigner de la place où désormais elle devait être honnie.
Après la lecture de la lettre, le Père Tabrosse
annonça que l'office public ne se ferait plus dans la
chapelle. Le seigneur Lepage offrit au missionnaire le second étage du manoir seigneurial pour servir à l'office divin, jusqu'au moment où la paroisse érigerait un second temple. Pendant six ans, cette antique maison fut le lieu où la paroisse se réunit pour rendre à Dieu ses devoirs. (1)
Les sépultures qui eurent lieu dans l'intervalle qui s'écoula jusqu’à ‘l'érection de la seconde Eglise, en 1789, se firent au nord-est du vieux manoir, et ce ne fut qu’en 1804 que ies corps en furent exhumés pour ètre déposés dans l'ancien cimetière. (2)
—C’est une erreur de croire que les paruissiens de
Rimouski bâtirent une chsselle à la Rivière, comme
plusieurs le prétendent. IL, 1 jamais existé de chapelle à ia Rivière.
(1) Ce manoir était situé à une petite distance an sud-est du manoir actuel des Dames Drapean.
[2] Ce cimetière se trouvait an sud-est dn vienx séminaire actuel.
Construction de la seconde chapelle de Rimouski.—Visite Episcopale et mandement pour annoncer cette visite.—Construction de la troisième et quatrième Eglise de Rimouski.— Bénédiction solennelle de la quatrième église.
Salut, ma blanche chapelle, Si douce au regard du passant, Et dont la croix d’or étincelle Aux rayons du soleil levant ; Salut, Ô chapelle sacrée,
Toi que bénit le pèlerin,
Qui, sur ta pierre vénérte S’arrête un chapelet en main.
[Trésors Poétiques.— Poésies Religieuses. |
Comprenant l'impossibilité pour eux de demeurer sans temple, les paroissiens firent un accord en octobre 1787, pour construire une église en bois, et élirent MM. Charles Lepage et Gabriel St.-Laurent Syndics pour cette construction. Cette chapelle fut érigée à la place même du séminaire actuel, et avait 10 pieds de long sur 28 pieds de large,
Elle fut bâtie en colombage, et livrée au culte le 18 juillet 1790.
Les habitants, au nombre de soixante-douze, contribuèrent par rétribution volontaire de cinq livres dixhuit sols par chaque arpent de terre, et M. Nicolas Lepage tit l'entreprise pour la somme de mille cinq cent vingt-deux livres. (1)
Monseigneur Hubert, qui, pour la première fois, fit une visite épiscopale à Rimouski, accompagné de MM. Plessis et Bernard Panet, Prètres, voulut luimème en faire solennellement la bénédiction, et y célébrer le premier le sainte-messe, (2) Monseigneur Hubert promit en mème temps aux paroissiens de leur envoyer un curé dès l'automne.
Voici le mandement que Sa Grandeur adressa aux trois paroisses de l’Ile-Verte, des Trois-Pistoles et de
Rimouski pour annoncer sa visite.
Mandement de Monseigneur l'Evéque de Québec pour
la visite Pastorale.
“ Jean François Hubert, par la miséricorde de
Dieu ct la Grâce du Saint Siége Apostolique, Evèque
[1] M. Nicolas Lepage était le père de Dame Andrt-Elz, Gauvreau, Registrateur à Rimouski.
[2] “ Le 18 juillet, nous avons béni solennellement l'Eglise “neuve de $t.-Germain et y avons célébré la première messe. A Rimouski, le 19 Juillet 1790, dans le cours de nos visites, [Signé] ‘+ JEAN FRANCOIS, ‘ Evêque de Québec.”
de Québec, ete., ete., etc. À tous les Curés, Vicaires, Missionnaires et à tous les fidèles de ce diocèse, Salut
et Bénédiction en Notre-Seigneur!.
‘ La visite pastorale étant un des principaux devoirs des Evèques et un des moyens les plus propres à conserver parmi les Fidèles l'esprit de religion et de ferveur, à déraciner le vice, à faire cesser les abus, à rétablir partout l’ordre et la discipline, nous nous empressons, N. T. C. F,, de vous annoncer qu'appuyé du secours tout-puissant de la Divine Providence, nous nous disposons à continuer la visite de ce Dio-
cèse commencée depuis trois ans.
‘“ Nous sommes vraiment persuadé que cette car rière est très-pénible pour nous, et, si nous entreprenions de la remplir avec les seules forces humaines, nous aurions grand sujet de craindre de n’y faire aucun fruit. Mais nous nous rassurons en pensant qu’il est au ciel un Dieu plein de miséricorde, qui vous aime, qui désire le salut de vos âmes, qüi invite par notre bouche les péchours à retourner sincèrement à lui, et qui semble d'avance nous promettre
d'animer notre zèle et de soutenir notre faiblesse dans
les travaux que nous entreprenons sous les auspices
de sa Sainte-Grâce,
TRS SRUeE a
“ Il est certain que la longue absence de vos premiers pasteurs a été cause que quantité de désordres se sont introduits parmi vous. La foi, cette première et si essentielle vertu des chrétiens, s’est éteinte dans bien des cœurs, ia piété s’est refroidie, le crime a levé le masque, l’impiété et l’irréligion ont pris racine, et nous en voyons tous les jours les funcestes fruits. Voilà, mes frères, des maux dont nous avons gémi bien des fois aux pieds du Seigneur. Nous connaissons combien ils sont graves; serons-nous assez heureux pour les faire cesser ? c'est néanmoins à quoi nous prétendons par la visite ou mission que nous
allons vous faire.
“ Votre sanctification, N. T, C. K.,, est donc le terme heureux auquel nous aspirons. Nous n'avons cessé de demander à Dieu cette grâce depuis le moment où nous avons commencé une œuvre si importante. Ne négligez donc rien de ce qui peut concourir à vous la rendre salutaire. Souvenez-vous que la visite de vos Pasteurs est une continuation de celle que Jésus- Christ a faite sur la terre lorsqu'il y est venu pour nous racheter de la damnation éternelle. Elle est encore une image de la visite que le Chef des Pasteurs rend tous les jours à son Eglise, lorsqu'il descend dans
les cœurs des fidèles par sa grâce ou par la sainte
communion. Malheur à ceux qui refusent de le recevoir avec des dispositions convenables. Si Jérusalem a été détruite de manière qu'il n'y est pas resté pierre sur pierre, c'est parce qu'elle n’a pas su profiter des temps de la visite du Seignour. Frémissez, N.T.C. F, à cet exemple terrible, ot craignez de voir fondre sur vous les mêmes châtiments, si vous montrez la même indifférence aux grâces que le ciel veut bien vous accorder par notre ministère,
# Comme il y a longtemps que les paroisses n'ont été visitées, notre visite durera ordinairement deux ou trois jours dans les plus grandes paroisses, afin que nous soyons on état de répondre plus aisément aux affaires qui pourront se présenter on grand nombre.
‘ À ces causes, etc.
(Suit le Règlement ordinaire des visites Pastorales.)
“# Nous ne saurions trop le répéter, N. T. C. F., ne
mettez point d'obstacles aux grâces que Dieu vous prépare dans cette visite. Souvenez-vous que vous êtes la vigne choisie du Seigneur et que, si vous ne portez point de fruit au temps marqué, il vous aban-
donnera comme indignes de ses soins et de sa culture.
“ Sera le présent mandement lu ct publié au prône
de la messe paroissiale de l’Ile-Verte, dos Trois-
Pis'oles ct de Rimouski, le plus tôt que faire se pourra. j “ Donné à Québec sous notre seing, le sceau du Diocèse et le contre-scing de notre secrétaire, le six mai 1790.
(Sigré) ‘© f JEAN FRANcois, “ Evèque de Québec.
“ PLessis, Ptre., Socrtéaire."
La bénédiction de la maison de Dicu fut suivie d'une autre cérémonie non moins consolante. Jean Jacob Heppel, natif de Salem, province de New- York, abjura le luthéranisme entre les mains de M. Bernard Panet, ct eut en même temps le bonheur d'offrir à Dieu un temple spirituel, en recevant, pour Ja première fois, la sainte communion. (1).
Voici l'acte d'abjuration :
“L'an mil sept cent quatre-vingt-dix, le dix-ncuf # Juillet, en présence du Sieur Jean Deschamplain ct “ Come Lavoie, je, prêtre, soussigné, avec la permis- “ sion de Monseigneur Jean François Hubert, Evèque “de Québec, ai reçu labjuration de lhérésie de “ Luther de la part de Jean-Jacob Heppel, qui a
“ promis et juré de suivre et de vivre et mourir dans
[1] Il est le premier de ce nom fixé à Rimouski.
“ ]a profession de la Religion Catholique, Apostolique
“et Romaine; le dit Jean-Jacob Heppel étant agé ‘ d'environ trente-sept ans, natif de Salem, Province
de New-York, et résidant actuollement dans la pa
roisse de $St.-Germain de Rimouski.
“ En foi de quoi, le dit Jean-Jacob Heppel a signe
avec le dit Jean Deschamplain et avec nous, et le
dit Côme Lavoie a déclaré no le savoir de ce requis. (Signé) ‘ JEAN-JaAcoB HEPrEL, JEAN DESCITAMPTAIN,
‘ BERN. PANET, Ptre.”
Cette seconde chapelle,en colombageo, fit place, en 1824, à une église construite en picrre, etqui,en 1862,
fut converti en collège. (1)
Cette église avait 80 pieds de long sur 46 de large le) le] 5")
et contenait cent-dix bancs, (2)
Cette troisième église fut bénite par M. Chauvin,
alors curé de Rimouski, et nommé Vicaire-Général
[1] Cette église est le vieux séminaire actuel.
[21 Cette église avait été construite par M. Frs. Audet, père du Révérend M, Audet, chapelain du Couvent Jésus-Marie à Syllerie.
Les décorations intérieures de cette troisième église sont aujourd’hui dans la belle petite église de St.-Fabien, par les soins vigilants du Révérend A. Ladrière, alors curé de cette paroisse, et ont été faites par M F.-X. Léprohon.
du diocèse de Québec, en 1849, et mort subitement à
Québec, le 14 octobre 1862, à l’âge de soixante-sept ans.
En 1854, une soconde église de pierre, qui est aujourd’hui la Cathédrale, fut commencée grâce à l'énergie et à l’habileté de M. l'abbé Tanguay, curé de Rimouski, et qui, malgré les divisions intestines de la paroisse, sut, par son esprit de conciliation et de douceur, obtenir des souscriptions volontaires de tous ses paroissiens ot un emprunt assez considérable du gouvernoment ; il mena à bonne fin les travaux de ce temple majestueux. (1) Cette église a 193 picds de long, 72 de large, 45 de haut, ct la flèche, do la base
au sommot, 224 picds.
M. le curé Tanguay, en proposant à la paroisse de Rimouski la construction de la nouvelle église, avait d’abord l'intention bien arrêtée de la voir érigée sur la côte, à l’endroit où se trouve actuellement le Palais de Justice; mais une opposition assez considérable de la part d’un certain nombre de paroissiens lui fit abandonner, bien qu’à regret, un plan que la paroisse serait houreuse aujourd’hui de trouver accompli.
[1] A une assemblée de la paroisse, le 25 mai 1854, furent élus pour la direction des travaux, comme syndics, le Révd. Cy. Tanguay, MM. Jos. Garon, Notaire, Majorique Côté, Marchand.
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Cette église, commencée en 1854, fut ouverte au culte le 9 janvier 1862, (1)
Le Révérend Gabriel Nadeau, curé de Ste.-Luce, en fit la bénédiction solennelle, d'après l'acte authenti-
que qui suit :
# Sous le pontificat de Sa Saintoté le Pape Pie IX, le nouf janvier mil huit cent soixante et deux, vu l'autorisation donnée par Sa Grandeur Monseigneur de Tloa, par une lettre du dix-neuf de décembre dernier, Sa Grâce Picrre-Flavien Turgcon, étant archevêque, sous le reigne do Sa Majesté la Roine Victoria, Lord C.-$,. Monk, étant gouvorneur du Canada, M. Ephi. Lapointe, étant curé de cette paroisse. Nous, Prètre, soussigné, curé de la paroisse de Ste.-Luce, avons bénit solennellement la nouvelle Eglise paroissiale de Rimouski, sous l’invocation de St. Germain, Evèque de Paris, en présence du peuple et du clergé réunis. Le Révd. J.-B. Blanchet a été lo célébrant; le Révd. A. Ladrière, le prédicateur, et les Révds. MM. Duguay et Jos. Dumas, diacre et sousdiacre: le Révd. À. Blouin, curé du Bic, à touché
[1] Les travaux de la Cathédrale ont été dirigés quant à la maçonnerie par M. Ignace Lefranaye, la charpente par M.
Hilaire Fournier, et les décorations intérieures par MM. Murphy et Quigley. |
ss OÙ =
l’harmonium, et le Révd, G. Potvin dirigeait les cérémonies.
(Signés) ‘G, NADEAU, Ptre,., ‘ À, LADRIÈRE, Ptre.
« Curé de St. Fabien,
M. Duauay, Ptre.
& J, B. BLANOKET, Ptre., ‘ F, A. BLouIN, Ptre., ‘ Josepn Dumas, Ptre., CG, PoTvin, Ptre., “ Kpxt. LAPOINTE, Ptre.” Le tabernacle que l’on voit aujourd'hui dans la is cathédrale, au maitre autel, a été fait par M. Baillargé, : sculpteur, en 1833. Ri Le presbytère actuel fut bâti, en 1829, et réparé en 1 1850, par les soins de M. Tanguay, alors curé de la pui
paroisse.
Visites Episcopales à Rimouski.—Erection canonique et civile de la paroisse.—Décrets d’érection.—Cimetière actuel.— Chemin de la Croix.—Société de tempérance,
La 1ère visite épiscopale à Rimouski se fit, le 18 juillet 1790, par Mgr. Hubert.
Mgr. Hubert est le premier Evêque qui visita Rimouski et ses environs.
La seule voie de communication alors était celle par mer, surtout depuis Kamouraska à Rimouski.
La 2ème visite se fit, le 6 août 1798, par Mgr. Pierre Denaut.
La 3ème, le 6 juillet 1806, par Mgr. Joseph Octave
Plessis.
La 4ème, le 2 août 1810, par Mgr. Bernard Claude
Panet, Evèque de Saldes.
La 5ème, le 7 juillet 1814, par Mgr. J.-O. à .ossis.
La 6ème, le 16 juillet 1822, par Mgr. J.-O. Plessis.
La 7ème, le 19 juillet 1826, par Mgr. Bernard
Claude Panct, alors Evèque de Québec. (1) ur La 8ème, le 23 juillet 1833, par Mgr. Jos. Signay. 1£ G
La 9ème, le 28 juillet 1838, par Mgr. Signay. (2)
La 10ème, le 28 juillet, en 1843, par Mgr. Signay,
D Evèque de Sidyme.
Le 11ème, le 4 juillet, en 1849, par Mgr. Pierre Flavien Turgeon. ” En La 12ème, le 23 juillet, en 1855, par Mgr. C.-F. “ Baillargeon, Evèque de Tloa. de
La 13ème, le 18 juillet, on 1860, par Mgr. Baillar-
geon, Evêque de Tloa.
Lau 14ème, le 18 juillet, en 1865, par Mgr. Baillar-
geon, Evèque de Tloa.
La 15ème, le 23 mai, en 1867, par Mgr. Jean
Langevin, premier Evêque de $t.-Germain de Ri-
mouski.
(1) Ce fut dans cette visite de Mgr. Panet que la cloche de la Cathédrale, du poids de 314 livres, fut bénite par M. Varrin, curé de Kamouraska.
Elle reçut les noms d'Henri-Marc-Catherine.
M. Varrin en fut lui-même le parrain, et la marraine fut Dame Catherine Drapeau, épouse de Sieur Augustin Trudel, Ecuyer.
(2) Ce fut dans cette visite, le 27 du même mois, qu’eut lieu la bénédiction de la première pierre de l’Eglise Ste-.Luce.
Lu paroisse de $St.-Germain de Rimouski fut ériwée canoniquement par Mgr. Panet, le 30 janvier 1829, comme il appert par le décret d’érection de Sa Grandeur.
‘ Bernard-Claude Panet, par la miséricorde de Dieu et la grâce du St.-Siége apostolique, Evèque Catholique de Québec, ete., etce., ete.
“ A tous ceux qui les présentes verront savoir faisons que vu la requête à nous adressée en date du vingt mars dernier, au nom de la part des tenanciers des seigneuries de Rimouski et de St.-Barnabé, comté de Cornwallis, district de Québec, demandant l’érection d'une paroisse dans les dites seigneuries pour les aisons y énoncées; notre commission en date du dix-huit juillet aussi dernier, chargeant monsieur Pierre Bourget, archiprêtre, et curé de Notre-Dame des Anges des Trois-Pistoles, de se transporter sur les lieux après avertissement préalable, de vérifier les énoncés de la requête sus-mentionnée, et d'en dresser un procès-verbal de commodo et incommodo ; vu aussi les certificats signés Jos. Ouellet, Not. Pub. pour les Trois-Pistoles, et P. Gauvreau pour Rimouski et St.- Barnabé, d'une annonce faite le quatorze décembre de l’année dernière aux habitants réunis pour le
service divin aux églises de Notre-Dame des Neiwes
cn 10h
des Trois-Pistoles et de St.-Germain de Rimouski, convoquant les habitants des susdites seigneuries à une assemblée pour le mardi suivant à onze heures du matin, au presbytère du dit Rimouski: et ‘enfin le procès-verbal de commodo et incommodo du dit monsieur Picrre Bourget, en date du seize décembre de la même année, constatant et vérifiant dans toutes leurs parties les faits énoncés dans la requête sus-datée, en conséquence nous avons érigé et érigeons par Îles présentes en titre de cure et de paroisse (et ce jusqu'à ce que la population et le défrichement des terres exigent d'y ériger une seconde paroisse,) sous l’invocation de St:-Germain, évèque-confesseur, dont la fète, selon le martyrologe romain, se célèbre le vingt-huit mai, les dites seigneuries de Rimouski de St.-Barnabé, comprenant une étendue de territoire d'environ douze milles de front sur environ six milles de profondeur, borné vers le nord-ouest par le fleuve St-Laurent, vers le sud-ouest par la ligne seigneuriale du Bic ; et vers le nord-est par la ligne seigneuriale de la Molaie; pour être la dite cure et la paroisse St.-CGermain de Rimouski entièrement sous notre Juridiction spirituelle ; à la charge par les curés ou desservants qui y seront établis par nous ou par nos
successeurs de se conformer en tout aux règles des
ar
ja!
disciplines ecclésiastiques en usage dans ce diocèse, spécialement d'administrer les sacrements, la parole de Dieu et les autres secours de la religion aux fidèles de la dite paroisse ; en enjoignant à ceux-ci de payer aux dits curés ou desservants, les dimes et oblations telles qu'usitées et autorisées dans ce diocèse, ct de leur porter respect et obéissance dans toutes les choses qui appartiennent à la religion et qui intéressent leur salut éternel.
Mais, comme le présent Décret est purement ecclésiastique et ne peut avoir d'effets civils qu'autant qu'il sera revêtu de Lettres Patentes de Sa M£jesté, Nous recommandons très-positivement aux nouveaux paroissiens de la dite paroisse de St.-Germain de Rimouski qu'ils aient à se pourvoir à cet cffet auprès
de Son Excellence le Gouverneur de cette Province.
‘# Donné à Québec sous notre seing, le sceau de nos armes et le contr&-seing de notre secrétaire, le trente janvier mil ht cert , imgt-neuf.
(Signé) + BERN. CLAUDE, ‘ Evèque de Saldes, Québec.
Par Monseigneur.
(Signé) A, C. ForTIER, Ptre.,
‘ Secrétaire.
‘ Pour vraie copie,
C, F, CazŒau, Ptre.
‘“ Secrétaire.”
La paroisse fut érigée civilement par proclamation de Son Excellence Matthew, lord Aylmer, gouverneur en chef du Haut et du Bas-Canada, le 12 février 1835, conformément au rapport de MM. J.-B.-E, Bacquet, Hector $. Huot et Edouard Caron, commissaires nom-
més à cette fin, savoir:
“ La dite paroisse devra comprendre les seigneuries “de Rimouski et de $t.-Barnabé, comprenant une ‘“ étendue de territoire d'environ douze milles de ‘€ front sur environ six milles de profondeur ; bornée “ vers le nord-ouest par le fieuve Saint-Laurent, vers “ Je sud-est par les terres incultes de la couronne, vers “ Le sud-ouest par la ligne seigneuriale du Bie, et vers
CE
“le nord-est par la ligne seigneuriale de la Molaie.
Le cimetière actuel fut bénit par feu Messire Du-
guay, curé de Ste.-Flavie, le 10 juillet 1863.
Au pied de la croix, érigée au centre du cimetière, du côté nord, reposent les restes des défunts exhumés du vieux cimetière,
Lo chemin de la croix, dans la Cathédrale, fut érigé par feu Messire Lapointe, le 9 mars 1862.
M. Picard, curé de Rimouski, donna, en 1831, les Jartes de Témpérance, et la Société de la Croix fut
établie par M. le Grand-Vicaire Mailloux, en 1850,
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