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qui fera la gloire de Rimouski, et du pays entier. Tous ceux qui ont contribué et qui contribuent oncore à cette belle œuvre ‘ vent s'en glorifier, car cette maison est destinée à produire un bien inealculable dans ce nouveau diocèse ; aussi se sont là les espérances de Monseigneur et de MM. les Curés. Rimouski est un mot sauvage de la langue des Micmaes, qui, d'après les uns, veut dire Rivière de Chien, et d’après l'interprétation des autres Terre à l'Orignal
où Maison du Chien. (1)
L'une on l'autre interprétation peut avoir son sens, in effet, les Sauvages ont l'habitude de nommer les endroits de leurs passages et de leurs séjours d’après les incommouités qu'ils rencontrent par accident ou des difficultés qu'ils éprouvent sur leurs routes ; ou encore de la beauté et de la commodité des lieux qu'ils parcourent, soit que ces sites leurs paraissent plus agréables à la vue, soit qu'ils puissent se procurer avec plus d'abondance le gibier ou le poisson.
Quiconque est demeuré à Rimouski connait que cette partie du fleuve entre la terre ferme et l'Ile St, Barnabé n'est pas navigable à marée basse, même
pour les esquifs les plus légers
(1) Cette interprétation Terre à l'Orignal estcelle de M. l'abbé Tanguay, dans ses notes inédites sur la paroisse de Rimouski,
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Les sauvages devaient alors éprouver un certain mécontentement de ce retard, car force leur était d'attendre la marée montante pour atteindre la côte sud ct l'embouchure de la rivière sur les bords de laquelle
ils habitaient pendant l'été,
On comprend alors leur mauvaise humeur de ce repos forcé durant quelques heures, et de là Rivière
de Chien. (1)
On sait qu'autretois, dans les premiers temps du pays, la chasse était très-abondante dans nos forêts. A Rimouski surtout et dans ses environs l'orignal se trouvait en grande abondance, aussi le chasseur après
quelques heures de courses à travers les bois revenait
à son logis toujours chargé des déponilles de cet agile
animal, et de là T'erre à l'Orignal.
Mgr. Lafièche donne une autre interprétation du mot Rimouski. Rimouski, dit-il, signifie “ demeure du chien ” (Sauteux). De Animousk, chien, et ki ou g', demeure. En changeant n en r on aura Arimouski,
‘ maison du chien.”
(1) Je donne cette interprétation sous toute réserve, bien que je la tienne cependant de la bouche même des Micmacs que j'ai eu occasion de rencontrer à différentes reprises pendant mon séjour à Rimouski, et dans mes missions de l’Intercolonial, dans la Vallée Matapédiac.
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courses à travers les bois, plusieurs tannières habitées
par des animaux sauvages, ressemblants beaucoup à
nos chiens d'aujourd'hui. C’est possible que ce nom : “demeure du chien” vienne de ce que les indigènes ap-
perçurent quelques unes de ces tannières et donnèrent
| Les sauvages sans doute, découvrirent dans leurs au lieu le nom de Rimouski, ‘“ uemeure du chien.” |
Nous tenons ces renseignements de notre estimé et regretté confrère, l'abbé Taverdière, qu'une mort prématurée a enlevé soudainement à l'affection de ses anis les plus dévoués et les plus sincères, L'abbé l Faverdière nous aurait été d'an grand secours pour la publication de cet ouvrage, comme il nous l'avait | promis deux jours avant sa mort, mais la divine pro- | vidence en a jugé autrement, Nous devons nous soumettre et adcrer ses décrets impénétrables.
Le territoire qui s'étend du Témiscouata au Métis et de la hauteur des terres à la rive du grand fleuve
était uniquement occupé par les Micmacs.
“ Ce territoire, nous dit M. J. ©, Tache, faisait
Li partie du pays des Micmacs, et les cent-cinquante il lieues de terrein comprises dans l'espace indiqué $ il. étaient échues en partage, comme endroit de pêche et an de chasse, à une cinquantaine de familles de la tribu (1 propriétaire.”
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Rimouski et ses environs étaient jadis habités par: cette tribu de sauvages disséminés aujourd'hui dans la Gaspésie et le Nouveuu-Brunswick, et qui, par les jugements impénétrubles de Lx providence divine, disparait rapidement, d'après lFopinion de quelques uns, (1)
A l'époque où ces habitants des bois venaient pi
tuger la belle saison d'été entre ia chasse et la pèche, sur les bords enchanteurs du plus beau des fleuves, l'étendue qu'occupe aujourd'hui la piu'oisse de Rimouski était couverte de forèts vierges et la hache de l'intrépide bucheron n'avait pas encore pénétré dans son
sein.
Dans cos bois se trouvaient en abondance l'orignal,
le caribou, le castor, l'ours, le vison, la marte et la loutre.
Dans les eaux salées du St. Laurent, le saumon, la morue, le hareng, le capelan, l'éperlan.
Dans les lacs et les rivières, l’anguille, la truite, le touladi.
(1) C’est cependant le contraire en ce qui regarde la province de Québec: car les Micmacs étaient en 1851 au nombre de 447, et en 1871 le recensement porte leur population à 566 ; ce qui fait une augmentation de 119 en 20 ans. Quoique cet accroissement
soit faible, il n'indique pas l’extinction si prochaine de la tribu. Voir le recensement des comtés de Gaspé et de Banaventure.
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6 Ces funilles vivaient dans l'abondance de tout ce que les sauvages d'alors concevaient de meilleur pour l'homme."
& Enfin, comme le disaient, quelques années plus tard, dans le style naïf du temps, les Relations :— Jamais Salomon n'eut son hostel mieux ordonné cet policé en vivandiers." (1).
Cette intelligente et vigoureuse race des Micmaucs habitait dans les jours de juillet et d'août de chaque année, les rives de la rivière Rimouski, Cette rivière se jette dans le fleuve, après un cours de 25 lieues, preuant sa source dans plus de vingt lacs ; elle descend de la hauteur des terres, et ses bords étaient jadis bordés de Lbouleaux, d’érables et de chènes.
Dans ces eaux limpides, l'œil du pècheur peut suivre les mouvements du saumon ou de la truite quis'y voit en prodigicuse quantité, cälinant auprès d’une pierre en remontant son Cours pour y déposer son frai.
imouski ou si vous l'aimez mieux $t. Germain de Rimouski, comme le reste de la ete dont je viens de parler, n'était encore à cette époque qu'une vaste forèt. Le Micmac et le Maléchite seuls en avaient
parcouru l'intérieur pour s'attacher à la trace de l’agilo
(1) J. C. Taché. Les Soirées Canadiennes.
élan, et pour surprendre duns sa cabane, au milieu de sa chaussée, l'industrieux castor, Chaque année, lorsque le soleil de juin avait réchaufé les eaux de la rivière Rimouski, et que le saumon y avait fuit son apparition, on voyait se dresser près dela pointe, à l'embouchure de la rivière, un groupe nombreux de tentes d'écorces 5 tout prenait l'apparence d'une petite bourgtde, et la nuit, cette belle nappe liquide que refoule la haute marée, devenait un second firmament par la multitude des flunbeaux ambulants qui permettaient à l'indien de distinguer, mieux qu'en
plein jour, la proie que son nigogue devait frapper.
Les paroles suivantes du Sieur de Roberval, dans son voyage au Canada, nous donneront une juste idée
de nos sauvages.
‘ Pour vous déclurer quelle est la condition des “sauvages, il faut vous dire à ce sujet: Que ces “ peuples sont de bonne stature et bien proportionnés. “ Ils sont blancs, mais sont tout nuds ; et s’ils étaient “ vêtus à la façon de nos Français, ils seraient aussi
t y (ais, Ve USSI “ blancs et auraient aussi bon air, mais ils se peignent “ de diverses couleurs à cause de la chaleur et de
& l’ardeur du soleil.”
“ Au lieu de vêtements, ils s'accoutrent de peaux
“ en manière do manteaux, tant les hommes que les