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“ femmes, Ils ont des bas de chausses, et des souliers “ de cuir, proprement façonnés. Ils ne portent point “ de chemises et ne se couvrent point la tête, mais “ leurs choveux sont relevés au haut de la tête, ct “ tortillés ou tressés. Pour ce qui est de leurs vivres, “ ils se nourrissent de bonnes viandes, toutefois sans “ aucune saveur de sel, mais ils la font sècher ct “ ensuite griller sur les charbons, et ce, tant le poisson “ que la chair.”
+ [ls n'ont aucune demeure arrêtée, mais vont d'un “ lieu en un autre, où ils croientqu'ils pourront mieux “ trouver leur nourriture, comme aloses dons un “ endroit, ct ailleurs différents poissons, tels que “ saumons, esturgeons, mulets, surmulets, bars, carpes, “ anguilles, pimpernoeaux et autres poissons d'eau “ douce. Ils se nourrissent aussi de cerfs, sangliers, ‘ bœufs sauvages, porc-épies et de nombre d'autres “ sauvagines. Le gibier s'y trouve en aussi grande “ abondance qu'ils peuvent désirer. Pour ce qui est “ de leur pain, ils le font d’une bonne saveur, avec du “ gros mil.”
“ Ils se nourrissent bien, car pour autre chose, ils “ n’ont aucun souci. Leur breuvage est l'huile de loup- “ marin ; néanmoins, ils la réservent pour leurs
‘ grands festins. Ils ont un Roi dans chaque pays,
“ auquel ils sont merveilleusement soumis, et ils lui “font honneur d'après leurs manières et façons, “ Lorsqu'ils voyagent d'un lieu à un autre, ils empor-
“ tent dans leurs canots tout ce qu'ils possèdent."
els étaient nos Micmacs et les quelques familles Amalicites, errant d'un lieu en un autre, parcourant les bois pendant la froide saison, et durant l'été, remontant où descendant le cours des rivières, afin de
trouver une vie plus douce et plus agréable,
Ou trouve cette manière de vivre des Micmacs, duns l'intéressant manuscrit de l'abbé Maillard, surnomme à juste titre, l'Apôtre des Micmaes. “Il y a quinze “ ans, nous dit-il, qu'étant à l'Isle Saint-Joan, distance “ d'environ soixante lieues de l'Isle Royale, pour y “instruire les sauvages qui s'y trouvaient alors en ‘assez grand nombre, J'y tis connaissance avec un ‘nommé Arguimaut, vieux jongleur mikmaque qui
s'y était alors fixé avec toute sa famille, et plusieurs
autres vicillards qui avaient depuis peu, reçu le ‘ baptème, mais qui n'avaient pas encore été recus à “ la communion ; je luy fis à luy et aux autres, cette
“ question : ”
“ Que faisiez-vous, mes enfuns, avant l’arrivée dos
Européens dans ce païs-cy ? quelles étaient vos accu-
pations ? à quoy emploviezvous particulièrement
votre temps?
[me répondit au nom de tous. Mon Pere, avant votre arrivée dans ces contrées-cy qui sont cette iorre où le Grand Dieu nous à fait naitre, et où nous sommes erus comme les herbes et Jes arbres que tu vois, notre grande occupation etait de chasser à toute sorte de bétes, et nous nourrir de leur chair, et de nous couvrir de leurs peaux ; de chasser au gibier soit petit soit grand, de choisir entre tous ces gibiers les plus beaux et les mieux garnis en plumage pour nous en faire des ornements de tête. Nous ne tuions de bètes et de gibiers qu'autant qu'il nous en fallait pour manger en un jour, le lendemain nous recommencions. Mais ne pense pas que nos chasses fussent comme aujourd’hui pénibles et laborieuses ; il ne s'agissait alors que de sortir de nos cabanes quelquefois avec nos flêches et nos dards, quelquefois sans flèches et sans dards et à une très-petite distance de notre village nous trouvions nos besoins. S'il ne nous plaisait pas dans certains jours de manger de la viande, nous allions aux lacs et aux rivières qui se trouvaient lo plus à proximité du lieu où étaient nos cabanes, ou
bien à la côte la plus voisine, et là nous y attrapions
du poisson de toute espèce dont nous nous nourris-
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sions, C'était partieulièrement l'anguille que nous aimions le plus comme encore aujourd'hui nous Faimons davantage. [l nous était indifférent de manger toutes ces sortes de viande cuites où crues; nous les mangions plus souvent érues que cuites, et pour tirer party des plus coriaces, quand nous n'en avions que de cette espèce, nous les coupions, déchirions par lambeaux, et les pilions sur de grandes pierres larges et plattes; par ce moyen nous les machions et les ava-
lions plus facilement; quant au poisson à chair dure,
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tel qu'est l'esturgeon et le flétan, nous le laissions un
peu se corrompre, après quey nous le mangions comme les autres viandes. Dans nos assemblées du soir, nous nous régalions de viandes rôties au feu, et ce feu nous
le faisions en froissant fortement et longtemps dans
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nos mains du bois de sapin pourri extrémement des-
séché pur le soleil. SE quelquefois nous ne pouvions
nous en procurer aussi vite que l'aurions souhaité,
nous allions à la côte prendre de ces cailloux blancs
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qu's'y trouvent en quantité, chacun de nous en prenait deux qu'il frottait rudement l'un contre l’autre sur le sapin pourri pulvérisé; alors nous avions immanquablement du feu, et notre manière de conserver ce feu surtout dans l'hyver, était de donner le soin
aux femmes de notre chef de guerre, de l’entretenir
tour à tour sous la cendre par le moven de troncs de supin à moitié pourri, couverts de cendre ; quelquefois ce feu allait jusqu'à trois lunes. Ce fou qui avait duré jusqu'à trois lunes revolues, nous devenait un feu sacré et mystérieux, Celle d'entre les femmes de notre chef qui était wardienne précisement dans ce terme des dernières nuits de la troisième lune mourante, et qui nous le faisait voir vivant, en recevait de nous
mille complimens et mille éloges.”
Mon lecteur me pardonnera de citer, mais je suis certain qu'il aimert à connaitre l'honneur que rendaient les sauvages à cette femme qui leur montrait
ce feu devenu sacré pour eux.
“ Nous envoyions nos jeunes gens chercher tous ceux des nôtres que nous sçavions qui nous manquaient, de sorte que notre nombre étant complété,
nous prenions tous sans distinction de rang et d'âge
nos calumets, et nous les allumions à ce feu ; ensuite
nous en pompions la fumée que nous réservions tous chacuns dans nos bouches, ct les uns après les autres, nous allions tous la rendre en l'exalant, au visage do cotto femme qui nous avait remis ce feu ardent, nous luy disions qu’elle était digne, plus que qui que ce soit,
d'avoir part aux bénignes influences du Père de la
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