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mais je suis mieux. Je demeure chez M. Germain d Lepage. v “ Je suis, Monseigneur, très-respectueusement, le
‘ De votre Grandeur,
‘ Le plus humble et soumis fils.
(Signé) R, ROBITAILLE, PRE. S
Rimouski, 14 Septembre 1793.” .
Dans une autre lettre écrite la même année, en le
date du 9 décembre, M. Robitaille nous dit qu'il y fe: avait dans Rimouski quatre-vingt-cinq feux catholi-
ques. Il trouve que tous les habitants sont occupés à ”
la chasse et à la pêche.
M. François Gabriel Lecourtois arriva en Canada
le 26 juin 1794, d’après la liste chronologique de M.
Noiseux. Il fut nommé curé à Rimouski en 1798,
et il y demeura pendant huit ans. Il fut le second
curé de Rimouski. Il était en même temps chargé
des missions de la côte nord.
Les missions du nord étaient alors desservies par
M. Lecourtois, prêtre français, échappé aux mas-
sacres de la révolution française.
Nous lisons ce qui suit dans les ‘“ Forestiers et
Voyageurs ”, à l’article des missionnaires :
“ Le lendemain de notre arrivée était donc le jour
de la venue du missionnaire. Dès le matin, les sau- A) vages étaiont sur l'alerte, se préparant à recevoir
leur bon Père.
“ Vers midi, on vit le canot du père Lecourtois dédoubler la pointe, accompagné de plusieurs autres canots de sauvages qui lui faisaient escorte. Alors sortit des cabanes toute la population montagnaise, les hommes en tête, armés de leurs fusils, puis les
femmes suivies des enfants.
‘ Les hommes se mirent en rang devant la chapelle et commencèrent une fusillade, qui dura jusqu'à ce que le canot du missionnaire fut près de toucher le sable de la baie. Les femmes, coiffées de leurs jolis bonnets, étaient groupées, avec les enfants, tout autour du talus
de la dune.
“ Quand le canot du missionnaire prit terre, tous les montagnais descendirent la côte pour le recevoir au rivage et lui donner la main, les hommes les premiers et les femmes ensuite; le père Lecourtois allait de l’un à l’autre, à travers les groupes, donnant à chacun la main en répétant Koillel Koille! Bon-
jour ! Bonjour !
“ Le Père se rendit ensuite accompagné de tout son
troupeau à la chapelle, pour offrir une prière au
Seigneur et remercier Marie de sa protection. Dans l'après-midi, eut liou le baptème de tous les enfants nés depuis la dernière visite du missionnaire. C'était vraiment touchant de voir tous ces bons sauvages ct ces bonnes sauvagesses, les pères, les parrains et les marraines debout en rang devant les balustres pendant la cérémonie. {1 y eut ensuite salut: les sauvages chantèrent des cantiques dans leur langue ; les hommes, tous placés du mème côté, disaient un verset, puis les femmes, rangées de l’autre côté, répondaient par le verset suivant. Ils chantent à ravir, surtout
les femmes.
“ Le soir tard, après la brünante, tous les sauvages, hommes, femmes et enfants, se rendirent, et ils font cela tous les soirs, durant la mission, qu'il fasse beau ou mauvais, se rendirent au cimetière, et là, à genoux autour de la grande croix, ils chantèrent un libera
pour les âmes de leurs parents ou amis défunts.
“ Je n'ai jamais entendu rien de plus solennel ct de plus touchant que ce chant, si magnifiquement triste, redit au sein du calme et des ténèbres de la nuit, au milieu des tombeaux. C’est encore plus beau quand
le vent souffle et que la tempête gronde.
“ Le lendemain, le père Lecourtois chanta la