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Coquart avait reçu sa profession religieuse à Québoc, lo 2 février 1758.
‘ On trouve sa signature aux Registres de l'Isle. aux-Coudres, de 1766 à 1767. Au mois de juin 1767, il bénit la nouvelle église des Islots de Jérémie. En 1770, étant à St.-Laurent de l'Ile, il fit son dictionnaire montagnais. Au mois d'octobre 1772, il bénit la chapelle de $t.-Anne de Ristigouche et passa l'hiver à Bonaventure. Au printemps de 1773, il alla aux Islets de Jérémie, aux Sept-Iles, à Tadoussac et à l’'Tle- Verte, puis à Québec, et de là il retourna à la Baic
des Chaleurs, où il arriva le 10 septembre.
# Dans cet automne de 1773, il alla de Bonaventure à Nipisigui, à Poquemouche, et y bénit solennellement une église dédiée à St-Michel. IL passa ensuite à NigaSek, où l'attendaient des Acadiens, des Micmacs, des Français de Cocagne, de Richibouctou, etc., fit une maison à Tracadièche et retourna à Bonaventure, où il arriva le 25 octobre (7 Kal, X bris). Pendant un hiver, il y enseigna la lecture et le chant, et fit faire la première communion. Il se rendit à Tracadièche pour y faire faire les pâques et y passa vingt-quatre jours; puis il sembarqua à
Bonaventure pour Québec, le ler mai 1774. Cette
année 1774, il fit la mission de l’Ilo-Verte ot des Trois-Pistoles, et passa l'hiver à Cacouna et à l’Isle- Verte. Il y fit l’école et mit la dernière main à son dictionnaire, auquel il travaillait depuis huit ans. Il traduisit aussi l'Evangile en montagnais et le fit copier aux sauvages, n'ayant pas de caractères
d'imprimerie,
‘“ Ayant passé l'hiver de 1774-5 à l’Isle-Verte, dès le 30 avril, il se rendit à Tadoussac, aux Islets de Jérémie, à Chicoutimi ; après la fête de Ste.-Anne, il traversa à Rimouski pour y faire faire les pâques, et étant tombé malade, il y passa l'hiver. Il se rendit le 7 mai 1776, à Tadoussac, où régnait une grande dis-
corde." (1)
[1 mourut à Tadoussac, le 11 avril 1782, à l’âge de soixante-dix ans, et fut enterré dans la chapelle du
lieu par M. Compain, curé de l’Isle-aux-Coudres.
J.-C. Taché nous dit: ‘ Jean-Baptiste Labrosse, prètre de la Compagnie de Jésus, a exercé le saint ministère dans un très-grand nombre de localités du Bas-Canada et du Nouveau-Brunswick, pendant trentecinq ans ; mais il est surtout connu comme mission-
(1) Le père Labrosse vint à Rimouski un grand nombre de fois, comme on le voit d'après les registres.
naire dos Montagnais, parmi lesquels il a évangélisé pendant environ seize ans. Il existe dans les anciens rogistres de Tadoussac, conservés à l’Archovèché, une notice biographique fort intéressante sur le père
Labrosse.
“ Le bon Père mourut à Tadoussac, le 11 Avril 1782, à l’âge de soixante-dix ans, dit l'acte de sépulture ; il fut enterré le lendemain, dans la chapelle de la mission. Son corps a été, depuis, transporté de Tadoussac à Chicoutimi, il y a quelques années
seulement.” (1)
“Il y avait alors vingt-quatre ans que le père Labrosse était mort, et son souvenir était aussi vivant
que le premier jour.
“ Le père Labrosse a été missionnaire partout, je crois bien, car on entend mentionner son nom des deux côtés de la Baie-des-Chaleurs, à Rimouski, dans la côte du Sud, à l’Ile d'Orléans, à Québec, dans les paroisses d'en haut; il a baptisé et confessé des Français, des Canadiens, des Acadiens, des Irlandais, des Anglais, des Ecossais, des Abénaquis, des Hurons, (1) M. le Grand-Vicaire Racine de Chicoutimi nous dit que les restes de ce révérend Père n’ont jamais été transportés à
Chicoutimi, qu'au moins rien ne l'indique dans les registres de la paroisse.
des Maléchites, des Micmacs et surtout des Montagnais. C'est encore le père Labrosse qui à converti les
premiers Naskapis qui se sont faits chrétiens” +
“ Les Montagnais disent encore que, huit mois avant sa mort, au moment où ils allaient partir pour la chasse, le père Labrosse fit venir les chefs et les principaux de la nation pour annoncer sa fin prochaine, leur faire ses adieux et leur donner ses derniers
avis.
“ Quand le père Labrosse mourut, les cloches de toutes les chapelles qu'il avait desservies, dans les missions de la Baïie-des-Chaleurs, de Rimouski, de la côte nord et d’ailleurs, ont sonné ses glas d’ellesmêmes, par une inspiration d’en haut ; tous ceux qui les ont entendues, se sont dit de suite : Notre bon père Labrosse est mort; il nous avait bien dit, lorsque nous le vimes pour la dernière fois, que c'était sa
dernière visite dans notre mission.”
M. J.-C. Taché raconte que le bon missionnaire, durant son séjour à Chicoutimi, fut pendant quelque temps fort incommodé de visites inopportunes que lui firent certains étrangers venus comme touristes, dont la mine et les allures n’allaient guère à personne
dans le poste.
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# Le père Labrosse, fort occuppé de ses études et de ses travaux, imagina un moyen qui montre choz ce bon Père autant de fine satire dans l'esprit, que de bonté dans le cœur. Il écrivit le quatrain suivant, qu'il afficha sur sa porte pour l’occasion.
‘# Pour un homme occupé, rien de plus ennuyeux ‘# Que de gens désœuvrés le visite importune ; ‘“ J'aimerais presqu’autant qu'on me crevât les yeux
‘“ Que de venir ici, pour m’en procurer une !
“ Ces vers eurent leur effet : les inopportuns visiteurs prirent bientôt le parti de délivrer Chicoutimi de
leur désagréable et pernicicuse présence.”
Mr. Drapeau, en 1791, le 6 août, demanda par lettre.
à Sa Grandeur l’Evêque de Québec qu’un prêtre fût résident à Rimouski.
Le 30 Juillet de l’année suivante, les habitants de Rimouski, au nombre de quatre-vingt seize, présentèrent de nouveau la même demande à Mgr. Hubert. Monseigneur, cette année-là, ne put acquiescer à leur demande; mais l'année suivante il leur envoya, comme curé, M. Picrre Robitaille. M. Robitaille est le premier Curé résident à Rimouski. (1)
(1) Mr. Pierre Robitaille, né à Lorette en septembre 1758, fut ordonné prêtre en octobre 1788, et en 1793, nommé curé de Rimouski et de la côte Nord.
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À son arrivée à Rimouski, Mr, Robitaille adressa la
lettre suivante à Mgr. Hubert.
“ Monseigneur,
“ Je supplie Votre Grandeur d’agréer les humbles respects d’un pauvre isolé qui n’a pour toute consolation sur ces côtes de Rimouski qu’un bréviaire qui servira encore quinze jours. J'ai trouvé ici de braves gcns qui m'ont très-bien reçu, ils sont accourus au-devant de moi et ont été très-surpris de me voir seul, parce qu'on leur avait dit dene points’inquiéter. Ilsavaient fait faire pour deux piastres de réparation au presbytère, il est bâti comme par charité; j'ai assemblé tous les paroissiens et leur ai montré tous les défauts, ils en sont convenus et se sont obligés à le réparer autant qu’ils le pourront. Ah! Monseigneur, qu'il est terrible pour moi d’avoir été sous la tutelle de M. Drapeau pour le transport de mon butin, qu’il prouve son génie par l'exécution de ses projets, s’il avait pris un bâtiment qui n’eût point été obligé d'attendre les ar'res, il se serait rendu à bon port. Tous mes frais
S perdus, et ici j’en fais de nouveau tous les jours.
“ Les habitants ont bon cœur, mais ils sont pauvres.
La grande fatigue du voyage m'avait re du malade,