‹ Chronique de Rimouski [microforme] (volume 2)Chapitre 6 sur 45 · SP PES · texte numérisé non relu

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‘ Pour reveuir à ces pierres que nous avions creusées et vidées en dedans, et dégagée en dehors de ce qui les rendait maussades, irrégulières et trop pesantes ; nous mettions sans facon, nos viandes toutes seignantes dans ces pots, lesquels mis sur un bon brâsier, acquéraient en peu de temps une chaleur suffisante et capable de faire sortir tout le jus de la viande, que nous buvions. Nous mangions aussi cette viande, Mais, quand elle était trop sèche, nous la donnions à nos chiens, excepté les os S'il s'y en trouvait.”

& Quelquefois nos pots <e tronvaient faits d'une nature de pierre qui se fend et se calcine aussitot qu'elle a senti une chaleur un peu forte, nous les rem plissions d'eau, nous y mettions ensuite notre viande, aprés quoY nous tirions du feu de grosses picrres que nous y avions mises rougir, lesquelles nous posions sur cette viande qui était avec l'eau dans le pot: ces pierres toutes rouges faisaient bouillir l'eau, et par là otaient à notre viande sa trop grande crüdité, et nous la rendaient mangeable, ce qui nous suffisait. Nos canots, mon Père, nous les avons de temps immémo-

rial; ils ont toujours ét les mémes que tu les vois:

dès les premiers temps nos pères au lieu d'écoree de

bouleau, dont nonts nous servons maintenant, prenaient

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des peaux d’orignal dont ils ôtaient le poil, les ratissaient, et les grattaient de telle sorte qu'ils les rendaient semblables des deux côtés à vos peaux passées ; ils les trempaient à plusieurs reprises dans l'huile ; ensuite ils les appliquaient comme on fait aujourd'huy l'écorce de bouleau, sur le bois du canot, les y ajustaient, les y tendaient, les y attachaient, en les y cousant quelquefois avec du fil de nerf de bète, et par ce moyen ils naviguaient d’une grande terre à une île voisine sans jamais beaucoup s'écarter de la côte.”

Le mariage chez ces sauvages était bien différent

du nôtre aujourd'hui.

“ Au contraire de nous, ils font en leurs marriages, nonque le père donne doûaire à sa fille pour la loger avec quelqu'un, mais que le poursuivant fasse de bons et beaux présents au père, à ce qu'il lui donne sa fille pour cpouse. Les présents seront proportionnément à la qualité du père et à la beauté de la fille; des chiens, des castors, des chauderons et haches. Mais

la facon de courtiser est kien sauvage, car l'amoureux,

dès qu'il se professe pour tel, n'oserait regarder la

fille, ni lui parler, ni demeurer auprés d'elle, sinon pur occasion, et alors il faut qu'il se commande de ne

la point envisager, hi donner aneun signe de sa pas

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