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sion; autrement il serait la moquerie de tous et sa
favorite en rougirait.” Relations des Jésuites 1611.
L'abbé Pierre Maillard, prètre du Séminaire des Missions Etrangères de Paris, connu sous le nom de l’apôtre des Micmacs, passa plus de 30 ans au milieu d'eux, jouissant de l'estime générale et de la vénération publique. Plusieurs fois il visita ses néophytes, sur les bords de la rivière Rimouski. Au jour de dimanche, il les réunissait, célébrait le saint sacrifice et les encourageait par «es paroles bienveil-
luntes à la pratique de toutes les vertus chrétiennes,
En 1746, il fut fait prisonnier par les anglais et fut
envoyé de Boston en Franee, mais quelques années
après, le gouvernement anglais le rappela à Falifix dé
| pour maintenir la paix au milieu des sauvages, L'ex- SOI | trait suivant du Journal de Mer, Plessis, nous fournit ap | d'intéressants détails et nous donne une bien juste idée lei | de cet homme apostolique. ç ï “ M. Maillard, ce respectable prêtre dont la vie ge | (ll irrépréhensible, le zèle et les travaux ont fait tant qu | fl) d'honneur aux missions étrangères, auxquelles il gle ï ill | appartenait, était l'objet de la confiance et de la véné- der | sul
ration des Acadiens et des Miemacs, Pendant 50 ans.
il fat dévoué à leur salut, parcourut toutes les mis-
sions répandues dans ce qu’on appelle aujourd’hui les missions de la Nouvelle-Ecosse et du Nouveau- Brunswick, et fit du bien partout. Miramichi et Labrador étaient les deux endroits où se réunissaient principalement les Micmacks de toutes ces contrées. Il allait tous les ans, d’un de ces villages à l’autre, mais faisait sa principale résidence auprès de ceux du
dernier.”
‘€ Il a étudié leur langue à fond, a écrit toutes leurs prières et leurs cantiques, leur a donné des hiéroglyphes, leur a appris à les entendre, à les transcrire, a réduit la langue à des principes réguliers, et (ce qui doit faire trembler de jeunes missionnaires,) il a déclaré à la fin d’un de ses derniers livres qu’il avait souvent été à tâtons avec eux, faute d’avoir assez approfondi leur langue ou d’avoir suffisamment connu
leur caractère.’
‘ Après la réduction du Canada, les Mickmacks, partageant avec les Canadiens et les Acadiens, le dépit qu'ils avaient d’être passés sous la domination anglaise, mais moins modérés ot moins éclairés que ces deux peuples, crurent pouvoir se dédommager de leur
subjection, en travaillant à la destruction des Anglais,
— hd — Sur ce principe, ceux de la Nouvelle-Ecosse, commencèrent à faire main basse sur eux, partout où ils pouvaient les surprendre. Les citoyens d'Halifax ne pouvaient qu'à peine sortir de la ville sans tomber dans quelque embuscade. Les meurtres étaient devenus si fréquents que le gouvernement songea à prendre de fortes mesures pour résister à ces attaques, ou pour les prévenir. Mais comment attcindre des sauvages qui, aussitôt après leur coup donné, gagnaient le bois à toutes jambes ? Au lieu d'entreprendre inutilement de repousser la force, le gouvernement s'arrêta à un avis plus sage. Ce fut d'attirer M. Maillard, de le bien traiter et de faire usage de son influence sur les Mickmacks pour prévenir la continuation de ce désordre. La chose fut exécutée. Ce missionnaire fut invité à fixer sa résidence à Halifax. Le gouvernement lui accorda une pension de £200 sterling. À une époque où l'aversion du gouvernement anglais pour la religion catholique n'avait pas de bornes, M. Maillard eùt une église dans cette capitale. Les sauvages l’ÿ suivirent, et il ne fut plus question des meurtres qui la désolaient auparavant. Les Acadiens même devenus odieux à ce Gouvernement, et dispersés comme on le verra ci-après, curent
la liberté de l'y suivre et exercer sous sa protection
leur culte dans cette ville, et cela tant qu'il vécut, M. Maillard, jouissait à Halifax de la plus grande considération. Après quelques années de séjour, il
tomba dangereusement malade. Un ministre anglican
“vint obligeamment lui offrir ses services pour le
disposer à la mort. Il lui fit une réponse digne d’un prêtre catholique, et mourut sans sacrements, mais plein de confiance dans la bonté de Dieu qu'il avait fidèlement servi, ne laissant que son cadavre aux protestants, qui lui firent des obsèques magnifiques. C'é‘ait vers l’an 1768.”
Voici ce que :'cus dit de lui M. Jos. Marie Bélanger, ré à Québec en avril 1788, ordonné prêtre en 1813 ot missionnaire des Micmacs à Ristigouche et des Acadiens à Carleton de 1814 à 1818, décédé à Montréal en 1856 à l’âge de 68 ans. (1).
‘ Ce cahier est l’ouvrage précieux du Vénérable M. Maillard, missionnaire à l'Isle du Cap Breton. Ce très digne apôtre de la nation Mickmaque mourut à Halifax après une longue carrière, rempli de talents et de vertus. Justement regretté de tout le monde et honoré même après sa mort des services du gouverne-
(1) Ces quelques lignes écrites de la main même de M. J. M.
Bélanger, se trouvent à la fin de l’Euchologue composé par M. Maillard pour les missions Micmacs.
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