MONSEIGNEUR
Quand la moisson, dans les prairies, So dore aux rayons du soleil ; Quand la branche aux grappes mûries
Laisse tomber son fruit vermoil ;
Quand le vendangeur, dans la plaine,
Penche sous un fardeau pesant ;
Quand s’entasse la gerbe pleine
Dans le grenier du paysan ;
Alors, dans sa reconnaissance, A Dieu qui bénit ses travaux, Le laboureur offre en silence
Les prémices des fruits nouveaux.
I s'incline, et lui dit : “ Mon père,
L'heure du repos a sonné ;
Vous avez fait mon champ prospère :
Bénissez co qu'il m'a donné !”
Avec des paroles pareilles, Je viens aujourd'hui, monseignour, Vous ottrir le fruit de mes veilles :
Les prémices de mon labeur,
Premier evèque de la ville Dont—cffort peut ètre insensé— D'une plume encore inhabile,
Je retrace ici le passé,
Vous avez droit à cet hommage Et je serai rémunéré, Si vous daignez bénir l'ouvrage
Que vous-méme avez inspiré |