INTRODUCTION
Le ler décembre 1872, Mgr, de Rimouski publiait unecireulaire, demandant à son elergede consignerdans un cahier spécial, tous les événements importants de leur paroisse respective, Cut plus Le temps s'écoule, nous dit Monseigneur, plus le souvenir menaee de sen
ctlacer,”
La lecture de cette importante circulaire me donna l'idée de travailler mes notes déja recucillies sur la
paroisse de Rimouski, et de les livrer à l'impression
Un écrivain de mérite, M. 9. €, Taché, pendant son
séjour dans cette paroisse, DOUs à léwué de belles k 4 pages sur l'histoire de l Hermite de l'He St Burnabe, 4
dont la lecture est aussi attrayante qu'agréable.
Je me suis fait un devoir de rapporter textuellement,
dans le cours de cet ouvrage, cette interessante
histoire de l’hermite, et quelques autres passages concernant le Père Labrosse et M. LeCourtois, dus aussi À la plume finement taillée de M. J. C. Taché.
M. l'abbé Cyprien Tanguay avait eu l'intention de publier un travail sur la paroisse de Rimouski ; mais ayant été appelé à la composition de son Dictionnaire Généalogique, surnommé en France, ‘“ Le Livre d'Or du Canada,” il ne put mettre la dernière main à son œuvre. Ayant éte curé neuf ans de cette paroisse, il recueillit des notes intéressantes qui nous ont été d’un grand secours,
Un autre écrivain de mérite et bien connu pour ses talents littéraires, M. F. M. Deroine, se propose depuis longtemps de donner au public une histoire de Rimouski, mais ses nombreuses occupations l'en ont toujours empêché jusqu'à ce jour. Il est à espérer que M. Derome verra ses occupations diminuer, et pourra se livrer bientôt à ses goûts littéraires.
Le présont travail est destiné particulièrement aux paroissiens de Rimouski; tous pourront se le procurer, tous y trouveront des renseignements de la plus haute importance et qui menacent de tomber dans l'oubli.
Ils verront avec intérêt la liste des premières familles
de la paroisse, le mouvement de la population, à
les
différentes époques, les noms des prêtres qui ont desservi la paroisse, lu dato de la construction des Eglises successives, etc. cte. Enfin le lecteur trouvera plusieurs faits importants, qui seront pour lui, croyons-nous, d’un interèt tout particulier.
Les plus grands soins ont été apportés, afin de donner aux faits toute l'exactitude possible. Je compte cependant sur l'indulgence du lecteur pour les défauts littéraires qui s'y rencontreront,
Nous avons visitée les archives de la cure que M. l'abbé C, A. Winter, Curé de Rimouski, a eu la bienveillance de mettre à notre disposition, et avons parcouru plusieurs documents enfouis dans nos bibliothèques.
Les sources auxquelles nous avons puisé sont indiquées autant que possible, et ce n’a été quelquefois qu'après de longues recherches que nous avons trouvé une dute précise ou les circonstances d'un fait particulier.
Nous devons nos plus sincères remerciements à M. le Grand-Vicaire Langevin, à l'Hon. Juge Tessier, à M. l'abbé Cyprien Tanguay, à M. André Elz. Gauvreau, Régistrateur, et à MM. les Bibliothécaires du Parle-
ment local pour les documents et les renseignements
trés-importants qu'ils nous ont fournis, et nous les prions d'accepter en ce moment, l'expression de notre vive et parfaite reconnaissance,
Nous devons aussi nos félicitations à M. l'abbé Georges Potvin, pour ses recherches importantes consignées dans les archives de la paroisse, pendant son vicariut à Rimouski.
Ces recherches lui ont coûté plusieurs mois de
labeurs, et nous ont puissamment servi dans In come
position de ce travail,
A PE LE AE A 8 br VE eur
. CHRONIQUE le D ù . RIMOUSKI
Etendue et description de la paroisse de Rimouski.—Significa-
tion du mot Rimouski.—Séjour des Miemacs sur les bords
de la Rivière Rimouski.—Leurs mœurs et leurs coutumes.—
Leur missionnaire.
‘ Aux parages lointains où le fleuve est immense,
“Non loin des grandes eaux où l'océan commence,
‘ Sur un banc de récifs, et dans l'ombre du soir
# L'Ile Saint Barnabé dessine un long trait noir,
“II faut jusqu'au détour en suivre le rivage,
‘ Par derrière s'élève, au midi sur la plage,
‘Le bourg de Rimouski, déjà tant orgue llenx
* De l’honneur infini d’être l’un des chefs-lieux,
F, M. DEnonues.
RE © pee
Vers l’an 1680, la rive sud du fleuve Saint Laurent, n'offrait encore au regard du marin français, qu’une vaste forèt verdoyante, non interrompue jusqu'à l'entrée du golfe.
Le navigateur entrainé par le cours majestueux du Saint Laurent, contemplait avec ravissement cet immense panorama, dont la fraiche verdure se dessinait avec grâce sur le fond azuré de l'Orient.
De loin, il déconvrait cette belle chaine de monta. gnes qui forment une longue muraille, appelée anjourd'hui Muraille du Bie.
A l'Est de cette suite de montagnes, il apercevait l'Ile St. Barnabé, * délicieuse corbeilie de verdure vive, au sein des eaux du grand fleuve,” nous dit M, J, C. Tache.
En arrière de cette ile magnifique, devenue célèbre par son hermite, se voyait le bourg naissant de St. Germain de Rimouski, destinée à devenir dans la suite, une des paroisses les plus importantes de la côte sud.
Dans le lointain, du côté de l'Est, le Mont Commis attirait les regards du nautonnier. Cette montagne, à
une hauteur de plus de 2,000 pieds, cest presque toujours
couronnée de vapeurs, et demeuro pour ainsi dire,
Du-
ail ure
we St.
la
te
dis
les
étrangère au milieu de cette immense plaine que la
vue ne peut embrasser. Cette montagne peut rendre
témoignage de la vérité du déluge. Située à trois lieues |
de la mer, le Mont Commis conserve encore, dit-on, la
gigantesque charpente calcaire d’une baleine qui, à
coup sûr,ne peut s’y être arrêtée qu'à cette époque, (1).
La paroisse de Rimouski, située à soixante lieues
en bas de Québec, sur la rive sud du Saint Laurent, à
aujourd’hui une étendue de trois lieues et demie de
larweur sur deux lieues de profondeur.
Les limites de la paroisse étaient, jusqu'à 1850, de
quatre lieues de front ; mais, à l’époque suxdite, les ÿ habitants de la partie ouest furent annexés à la nd
. ‘ 7 : { paroisse de Ste. Cécile du Bie. 4
L'heureuse situation de cette paroisse, possédant
déjà le siége épiscopal, étant le chef-lieu du comté : |
et d'un grand district judiciaire, la fertilité de ses
terres, la facilité des communications par la voie de 1
l'Intercolonial et du Port de Refnge, feront que
Rimouski deviendra avant peu une des villes impor-
(1) Le fossile d’un morse a été découvert en 1853, à 200 pieds au-dessus du niveau du Saint Laurent, et à trois lieues dans l'intérieur de Rimouski, et faisait partie du muste de M. l'abbé Tanguay, qui en a fait cadeau à l’Université-Laval.
tantes du pays, ot occupera une place considérable dans
la Confédération.
Voici ce que nous dit M. J. M. LeMoine, dans son
Album du Touviste :
“ Rimouski, comme cheflieu d'un grand district Judiciaire, comme siége épiscopal, autant qu'à titre d'une des principales stations du chemin de fer Intercolonial, jouera, nul doute, dans l'avenir, un rôle
important,
“ Dès que la ligne de lIntercolonial reliera Quebec à la ville de St Germain de Rimouski, par un parcours promptet régulier, on y verra, pendant la belle saison, aftluer les touristes de tous les points de PAmériqne ; à la suite, le bien être, la finance, les clegantes Villas un sureroit d'affaires commerciales, La propriete foncière doublera en valeur. Deux mesures vitales pour
timouski sont, érection en eaux profondes d'une jetée à la Pointe-à-Pouliot où à la Pointe-au-Père, et créa: tion d'un havre de refuge pour les vaisseaux de long cours."
La ville de St, Germain de Rimouski coquettement sise sur les bords de notre majestuenx fleuve présente un coup d'œil magnifique. Le terrain s'élève gra-
duellement en forme d'amphithéâtre à mesure qu'il
un TT
lans s'éloigne de la mer, déroulant un vert tapis dont l'u- À | niformitée n'est brisé que par des bouquetsd'arbres ct | son par la blancheur des habitations qni se détachent de 4 sa fraiche verdure, ee Un coquet et verdoyant côteau, couronné de pins Aie plus que séculaires, attire l'attention du touriste ; on v for contemple de magnifiques villas, demeures de riches et oyeux propriétaires où la vie semble aussi douce role J « qu'agréable, Rimouski acquiert de l'importance tous les jours. On v remarque plusieurs bâtisses superbes ; CC it un plus grand nombre encore sont en voie de cons- DILE c truction. % Le panorama est des plus enchanteurs et \ SON, e | mérite grandement l'attention de letranger amateur ù ne ; ie: 4 de la belle nature. (1) # las, | Depuis l'arrivée de Mgr. de Rimouski, grace à son ( - e énergie, la ville de Rimouski prospère considérableour 5 ji ment. Personne ne peut s'empècher d'admirer l'haà ce :
: bileté de Sa Grandeur. Au moyen de simples sousét criptions prélevées dans le diocèse, et par les efforts ho « Lu) , , incessants de MM. les curés, secondés de la géné- rosité de leurs paroissiens, ils ont réussi à élever pour 1 nt Ë TA .
| l'éducation de la jeunesse un Séminaire magnifique, ite id ! (1) M. U. J. Duberger, *édacteur-en-Chef dn Courrier de il Rimouski.
ut
qui fera la gloire de Rimouski, et du pays entier. Tous ceux qui ont contribué ot qui contribuent encore à cette belle œuvre doivent s'en glorifier, car cette maison est destinée à produire un bien incalculable dans ce nouveau diocèse ; aussi se sont là les espérances de Monseigneur et de MM. les Curés.
Rimouski est un mot sanvage de la langue des Micmaes, qui, d'après les uns, veut dire Rivière de Chien, et d’après l'interprétation des autres Terre à l'Orignal où Waison du Chien. (1)
L'une ou l'autre interprétation peut avoir son sens, En effet, les Sauvages ont l'habitude de nommer les en., droits de leurs passages et de leurs séjours d'après les
incommodités qu'ils rencontrent par accident on des
difficultés qu'ils éprouvent sur leurs routes ; ou encore
de la beauté et de la commodité des lieux qu'ils parcou: rent, soit que ces sites leurs paraissent plus agréables à la vue, soit qu'ils puissent se procurer avec plus d'abondance le gibier où le poisson,
Quiconque est demeure à Rimouski connait que cette partie du fleuve entre la terre ferme et l'Ile St, Barnabé n'est pas navigable à marte basse, même pour les esquifs les plus légers.
(1) Cette interprétation Terre à l'Orignal estcelle de M. l'abbé Tanguay, dans ses notes inédites sur la paroisse de Rimouski.
ste
r'. Les sauvages devaient alors éprouver un certain it mécontentement de ce retard, car force leur était d'atr tendre la marée montante pour atteindre la côte sud ct Î- l'embouchure de la rivière sur les bords de laquelle S ils habitaient pendant l'éte.
On comprend alors leur mauvaise humeur de ce Le repos forcé durant quelques heures et de Ki PRrrière QE de Chien, (À) al Ou sait qu'autrefois, dans les premiers temps du pays, la chasse était trèsabondante dans nos forèts, ” A Rimouski surtout et dans ses environs lorignal se FE trouvait en grande abondance, aussi le chasseur après 'S quelques heures de courses à travers les bois revenait F à son logis toujours chargé des dépouilles de cet agile di animal, et de là Terre à l'Orignal.
ù Mer. Lafièche donne une autre interprétation du S mot Rimouski. Rimouski, dit-il, signifie ‘“ demeure | du chien ” (Sauteux). De Animousk, chien, et At ou gi, demeure. En changeant n en r on aura Arimouski, “ maison du chien.” Û (1) Je donne cette interprétation sous toute réserve, bien
que je la tienne cependant de la bouche même des Micmacs que j'ai eu occasion de rencontrer à différentes reprises pendant mon séjour à Rimouski, et dans mes missions de l’Intercolonial, dans la Vallée Matapédiac.
Les sauvages sans doute, découvrirent dans leurs courses à travers les bois, plusieurs tannières habitées par des animanx sauvages, ressemblants beaucoup à
nos chiens d'aujourd'hui, C’est possible que ce nom
“ demeure du chien” vienne de ce que les indigènes ap-
ereurent quelques unes de ces tannicres et donncrent ñ Il
au lieu le nom de Rimouski, “ demeure du chien.”
Nous tenons ces renseignements de notre estimé et regretté confrère, l'abbé Laverdicre, qu'une mort prémalurée a eulevé soudainement à l'affection de sea anis les plus dévoués et les plus sincères, L'abbé Laverdière nous aurait été d'un grand secours pour la publication de cet ouvrage, comme il nous l'avait promis deux jours avant sa mort, mais la divine providence en a jugé autrement, Nous devons nous
soumettre et adorer ses décrets impénétrables,
Le territoire qui s'étend du Témiscouata au Métis et de la hanteur des terres à la rive du grand fleuve
était uniquement occupé par les Miemacs,
* Ce territoire, nous dit M. JC Tache, faisait partie du pays des Micmaes, et les cent-cinquante lieues de terrein comprises dans l'espace indiqué étaient échues en partage, comme endroit de pèche et de chasse, à une cinquantaine de familles de la tribu
propriétaire.”
Rimouski et ses environs étaient jadis habitées par
cette tribu de sauvages dissémineés atjourd'hui dans la
Gaspésie et te Nouveur-Brunswiek, et qui, par Les
lu sements impenetrables de Ha providence divine. . s
disparait rapidement d'apres l'opinion de quelques
uns, (1)
A l'epoque où ces habitants des bois venaient pur.
tager la belle suison d'été entre fa chasse et la p'ehe,
sur les bords enchanteurs du plus beau des Heuves
l'étendue qu'occupe aujourd'hui la paroisse de Rimouski
était couverte de forèts vierves et la hache de l'intré-
pide bucheron n'avait pas encore pénétré dans son
aa +21 se.
sein,
Dans ces bois se trouvaient en abondance l'orignal,
ER RCD TS
le caribou, le cestor, l'ours, le vison, la marte ct la
IOOUOQMAUS
loutre.
Dans Les eaux salées du St, Laurent, le saumon, la
morue, le hareng, le capelan, l’éperlan.
Dans les lacs et les rivières, l'anguille, la truite, le
touladi.
(1) C’est cependant le contraire en ce qui regarde la province de Québec: car les Micmacs étaient en 1851 au nombre de 447, et en 1871 le recensement porte leur population à 566 ; ce qui fait une augmentation de 119 en 20 ans. Quoique cet accroissement soit faible, il n'indique pas l’extinction si prochaine de la tribu. Voir le recensement des comtés de Gaspé et de Banaventure.
Ces familles vivaient dans l'abondance de tout ce que les sauvages d'alors concevaient de meilleur pour
L'homme.
“nn, comme le disaient, quelques annces plus tard, dans le style naïf du temps, les Relations :— Jamais Salomon n'eut son hostel mieux ordonné et policé en vivandiers." (1,
Cette intelligente et vigoureuse race des Micmues hubitait duns les jours de juillet ct d'août de chaque annee, les rives de la rivière Rimouski, Cette rivicre se jette duns le fleuve, après un cours de 25 licues, prenant sa source dans plus de vingt lacs : elle descend de lu hauteur des terres, et ses bords étaient jadis bordés de bouleaux, d'érables et de chênes.
Dans ces eaux limpides, l'œil du pècheur peut suivre les mouvements du saumon ou de la truite qui s'y voit en prodigicuse quantité, cülinant auprès d'une pierre
en remontant son Cours pour y déposer son frai,
Rimouski ou si vous l'aimez mieux St. Germain de
Rimouski, comme le reste de Ia côte dont je viens de
parler, n'était encore à cette époque qu'une vaste forèt. Le Micmac et le Maléchite seuls en avaient
parcouru l'intérieur pour s'attacher à la trace de l’agile
(1) J:C. Taché, Les Soirtes Canadiennes,
olan, et pour surprendre duns su cabane, au milieu de
sa chaussée, lFindustrieux castor, Chaque annee,
lorsque Le soleil de juin avait rechautté les eaux de la
rivière Rimouski et que le satmors vo avait fuit son
apparition, on voyait se dresser pres de la pointe, à
l'embouchure de la riviere, tn groupe nombreux de
tentes d'ecorces 5 tout prenait l'apparence d'une
petite boureide, et la nuit, cette belle happe liquide
que refoule la haute murce, devenait un second tirma:-
ment pau la multitude des fambeaux ambulants qui
permettaient à lindien de distinguer, mieux qu'en
LCD SSD
plein jour, la proie que son nigogue devait frapper.
Les puroles suivantes du Sieur de Roberval, duns
son voyage au Canada, nous donneront une juste idée
nn > Re +
de nos sauvages,
2*00Leu21:C
‘ Pour vous déclarer quelle est la condition des
“ sauvages, il faut vous dire à ce sujet: Que ces
“ peuples sont de bonne stature ct bien proportionnés.
“ Ils sont blancs, mais sont tout nuds ; et s'ils étaient
“ vétus à la facon de nos Français, ils seraient aussi
‘ blancs et auraient aussi bon air, mais ils se peignent
“ de diverses couleurs à cause de Ia chaleur et de
& l’ardeur du soleil.”
“ Au lieu de vétements, ils s'accoutrent de peaux
“ en manière de manteaux, tant les hommes quo les
cé
et
‘ femmes, IIS ont des bas de chausses, et des souliers ‘ de cuir, proprement façonnés. Ils ne portent point ‘ de chemises et ne se couvrent point la tête, mais ‘ leurs cheveux sont relevés au haut de la tête, ct
tortillés ou tressés. Pour ce qui est de leurs vivres,
ils se nourrissent de bonnes viandes, toutefois sans
aucune saveur de sel, mais ils la font sècher ct ‘ensuite griller sur les charbons, et ce, tant le poisson
° que la chair.”
+ [li n'ont aucune demeure arrétée, mais vont d'un
Jieu en un autre, où ils croient qu'ils pourront mieux ‘trouver leur nourriture, comme aloses dans un ‘endroit, et ailleurs différents poissons, tels que saumons, esturgeons, mulets, surmulets, bars, curpes,
‘anguilles, pimperneaux et autres poissons d’eau
‘ douce. Ils se nourrissent aussi de cerfs. sangliers,
‘ bœufs sauvages, porc-épics et de nombre d’autres
‘ sauvagines. Le gibier s'y trouve en aussi grande
abondance qu'ils peuvent désirer. Pour ce qui cest de leur pain, ils le font d'une bonne saveur, avec du
gros mil.”
“Ils se nourrissent bien, car pour autre chose, ils
‘n'ont aucun souci. Leur breuvage est l’huile de loup-
‘marin ; néanmoins, ils la réservent pour leurs
grands festins. Ils ont un Roï dans chaque pays,
licrs oint mais 6, ct l'es, sans rl ct
ssOoNn
d'un Ieuix uh que pes, eau Cr, res ndce est
du
‘auquel ils sont merveilleusement soumis, et ils Ii ‘font honneur d'aprés leurs manicres et façons, “ Lorsqu'ils voyagent d'un lieu à un autre, ls empor:-
tent dans leurs canots tout ce qu'ils possedent.”
Lels étaient nos Micmaes et les quelques familles Amalicites, errant d'un lieu en un autre, parcourant les bois pendant fa froide saison, et durant l'été,
remontant ou descendant le cours des rivicres, atin de
trouver une vie plus douce et plus agréable,
Ou trouve cette manière de vivre des Micmacs, dans
miel CAR VOD TES 4 LED TT ESS SU
l'interessant manuscrit de l'abbé Maillard, surnommé
à juste titre, l'Apotre des Miemacs. # IP à quinze
ans, nous dit-il, qu'étant à l'Isle Saint-Fean, distance