‹ Chronique de Rimouski [microforme] (volume 3)Chapitre 26 sur 71 · DÉC ER · texte numérisé non relu

DÉC ER

Troisième et autres seigneurs de Rimouski.— Mort du troisième seigneur, etc.

‘ Eternité profonde, océan sans rivage, “ Près du terme fatal, c’est toi que j'envisage.”

Germain Lepage, de St.-Germain, fut le troisième seigneur de Rimouski, et mourut en 1756, à l’âge de trente-six ans.

Il fut attoint de cette cruelle maladio qu’on appelait peste, et passa de vie à trépas, après quelques heures de souffrances seulement, muni des secours de notro sainte religion ct des consolations qu’elle seule présente à nos derniers moments.

Voici son acte de sépulture :

& L'an mil sept cent cinquante-six, le septième du mois de février, est décédé Germain Lepage, scigneur et propriétaire de la seigneurie de Rimousky, âgé d'environ trente-six ans, après avoir été confessé et reçu le saint Viatique et J’extrème-onction, son corps a été inhumé dans le cimetière de cette paroisse avec

les cérémonies ordinaires et prescriptes par la sainte

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ANDAHLONSNE 7

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Eglise le lendemain de son décès, en foy de quoy j'ay signé los jour ct an que dessus.

‘ PÈRE AMBROISE, Récollet.”

Le quatrième scigneur de Rimouski fut son fils,

Germain Lepage, de St. Germain, mort il y a quelques

années, à un âge très-avancé.

En 1790, la seigneurie de Rimouski proprement

en: dito, à laquelle avaient été réunios les scignourics

voisines de St.-Barnabé, de Lossard (1), de Lepage ct

Tibicrge, (Pointe aux Bouleaux) (2), ct le ficf Pachot,

(3) se trouvait entre les mains des héritiers Lepage.

Les héritiers Lepage vendirent successivement

lours parts de ces seigneuries à Joseph Drapeau,

Ecuyer, alors négociant, demeurant en la ville de Québec.

| [1] La seigneurie Lessard, située à l’est de la seigneurie St.ll Barnabé, avait une lieue et demie le long du St. Laurent sur deux | lieues de profondeur. Elle fut accordée, le 8 mars 1696, à

Pierre Lessard.

[2] Cette seigneurie, faisant suite à la seigneurie Lessard, avait trois lieues de front sur une lieue de profondeur, et fut accordée, le 4 novembre 1696, aux sieurs Lepage et Gabriel Tibierge. Une augmentation de deux lieues de profondeur fut accordée aux mêmes personnes, le 7 mai 1697.

[3] Ce fief, à l’est de la seigneurie Lepage et Tibierge, est formé de la rivière Métis, depuis son embouchure dans le St.- LR Laurent, jusqu’à une lieue au-dessus, et d’un terrain le long du [il St.-Laurent d’une lieue de largeur. Il fut accordé, le 7 janvier || 1689, au sieur Pachot.

4 | r Jay < as Ca ÿ Ja, M. Drapeau, originaire de la Pointe-Lévis, s'était

, établi en la basse-ville de Québec, dans l’une des maisons qui fait partie do co qu'on appelle l'Hôtel

1 fils . Ar ’ Blanchard, A cette époquo, il so faisait un commerce

Iques considérable d'exportation de grains du Bas-Canada, qui produisait le blé en immense quantité, et un comment merce d'importation des Iles anglaises et francaises surics des Indes Occidentales.

ge el M. Drapeau avait alors pour contemporains, dans ce \chot,

genre de commerce, Âf. Cartier, ancêtre de feu Sir æwC, : . « , » .

5 Georges Cartier, et M. Frémont, souche de la famille

ment de fou le docteur Frémont, qui tous trois occupaient

peau, des maisons voisines dans la basse-ville de Québec, vis-

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le de à-vis de la petite Eglise de Notre-Dame des Victoires,

près du marché d’en haut, alors le centre des affaires

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ie St.- commerciales.

r deux . : ; 896, à M. Drapeau acquit une grande fortunc; ct, poussé

: par ce désir assez naturol des Canadiens © “quérir Rise des propriétés foncières, il achota plusieurs maisons A dans la basse-ville, les scigneuries de Champlain, de la Baie St.-Paul, de Rimouski, et la moitié de l’Ile FM d'Orléans.

is Il se mit à construire des vaisseaux de trois à

quatre mille tonneaux, qu’il expédiait aux Iles; mais à

la fin de sa vie, il eut des revers de fortune, Il perdit doux vaisseaux chargés do sucre, qui n'étaient point

assurés, ot il lui fallut vendre ses maisons de la basse:

ville ct la scignourie de Champlain, pour combler ses

portes.

En 1810, il fut élu représentant pour le comté de Charlevoix, qui faisait alors parti du grand comté de Northumberland. Il ne siégea qu’une session, ct mourut à la fin de l’année 1810. Il laissa à sa veuvo et à ses enfants les scigneuries de Rimouski, qui appar-

ticennent encore à ses descendants directs.

Doux de ses filles vivent encore : Dame Luce Ger:trude Drapeau, vouve de feu Thomas Casault, Ecuyer, Notaire, ot Demoiselle Louise-Angèle Drapeau. La 3me branche, est représentée par les enfants et potitsenfants d’une autre sœur, Dame Marie-Joseph Drapeau, mariée à feu Jean-Baptiste d’Estimauville, officier dans les Voltigeurs, en 1812. La 4me branche descend d’une sœur, Dame Marguocrite- Adélaïde Drapeau, mariée à Augustin Kelley, Ecuyer, tous deux décédés, et n'ayant laissé qu’une seule enfant, Dame Adèle Kelley, mariée à l'Honorable Ulric-Joseph Tessier, Sénateur, Doyen de la Faculté de Droit à l’Université Laval, et promu dernièrement à la dignité de Juge de

la Cour Supérieure de Québec.

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Première chapelle et premier presbytère à Rimouski.—Donations faites à l’Eglise—Evacuation de la paroisse par les habitants pendant la guerre de 1759.— Tableau de St. Germain.

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‘“ L'heure sonore... on la compte : elle n’est déjà plus, “ L’airain n’annonce, hélas ! que des moments perdus !

‘ Son redoutable son m’épouvante, m’éveille,

dis éésrar

“ Et c’est la voix du temps qui frappe mon oreille.”

on

La petite colonie, s'étant fortifiée par l’arrivée de

quelques familles françaises, éleva un temple au Sei-

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gneur, en 1712.

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La description que les livres saints nous donnent du templequidevaitrenfermerl’Archtd’Alliance, ferait

mal connaître la modeste chapelle de Rimouski. La

grandeur, la richesse et l’élégance n’y présidaient pas, | mais elle renfermait un trésor plus précieux: l’Agneau | sans tache y était immolé, et le Rédempteur de l’hu- | manité voulait se contenter d’une chétive maison de

bois, pauvre comme l’étable de Bethléem.

Cette modeste chapelle, de 20 pieds sur 40 environ,

était située à 10 pieds au sud-ouest de l'Evèché ac-

tuel, et construite dans la direction de la Cathédrale.

Au sud-ouest de la chapelle, se trouvait le cimetière,

| d'un quart d’arpent environ, et n'ayant pour clôture

que des perches ordinaires de cèdre; on ne le distin-

guait des autres terrains que par une petite croix de e-

bois noir,

Une petite maison de vingt pieds carrés, construite

Ver: sur la placo même qu'occupe le presbytère actuel,

abritait le missionnaire pendant ses visites, qu'il ne

pouvait faire qu'une fois tous les deux ou trois ans,

durant les premières années, mais qu'il faisait ensuite,

uno fois l'année, au temps de la belle saison.

L'Eglise fut dotée, en 1536, par le sieur Nicolas

Lepage de Lafossès, d'une somme de deux cents écus

| d'Espagne, comme on le voit par l'acte suivant :

“ Nous, Prêtre, Vicaire Général du diocèse de Québec, décla-

clarons recevoir au nom et profit de l’Eglise St.-Germain, dite

Rimouski, le don que lui fait le Sieur Nicolas Lepage de deux

cents écus, payables moitié l’année prochaine et l’autre moitié

l’année suivante, et en conséquence, suivant sa demande, lui

accordons un banc avec toute franchise dont il ne payera rien,

lui et ses descendants, et ordonnons qu’il lui soit donné assu-

| Lil rance par les marguilliers de faire dire à perpétuité dans la dite

Eglise, chaque année, deux messes basses à son intention par le

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