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missionnaire ou curé du lieu. Lesquels deux cents écus seront employés selon qu’il le désire en vases sacrés d'argent, une cloche s’il se peut, missel et tableau, et pour plus grande sûreté sera insérée la présente dans les archives de la dite Eglise pour servir ainsi que de raison. Fait à Québec, ce neuf septembre mil sept cent trente-six.
[Signé] “K,J. P. Mimrac,
# Vicaire Général,”
‘Nous, Pierre Laurent, premier marguillier en charge, et le sieur Paul Lepage de Lamolest, déclarons que suivant l’ordonnance ci-dessus mentionnée, nous recevons, acceptons et prenons au nom de la dite Eglise de la paroisse dont nous sommes chargés, la somme de six cents livres, que le dit Sr, Nicolas Lepage fait présent à l’Eglise, à la charge, clause et condition qu'il aura un banc de franc dans la dite église, et que la dite lui fera dire à ses frais et dépens à perpétuité deux messes à son intention qui sont pour les âmes du Purgatoire. Nous, en vertu du même pouvoir, nous nous chargeons, au nom de la dite Eglise, d'accomplir et promettons dès à présent de commencer à exécuter les dites clauses et conditions ci-dessus, déclarant avoir déjà reçu la somme de trois cent vingt-huit livres douze sols à rabattre sur les six cents livres, il ne reste plus de la dite somme de six cents livres que deux cents soixante et douze livres à recevoir pour achever le parfait paiement, ce que nous reconnaissons vrai et avoir reçu et non reçu, du reçu étant requis, nous donnerons quittance et le non reçu il nous sera
payé selon qu’il est porté par l’ordre de M. le Grand-Vicaire,
l’année prochaine,
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W Fait et passé dans la chambre de notre missionnaire ce
vingt-deux février de l’annte 1738. En foi de quoi nous avons signé.
[Signé] “ LEPAGE DE ST.-BARNAB*, * ‘“ PIERRE ST.-LAURENT, ; “ F, CHARLES BARBEI, R. P. Missionnaire.”
L'Eglise employa cette somme à l'acquisition d’une
eloche et d’un tableau de St. Germain.
Le tabernacle qui fut donné cette mème année, en
1736, est encore assez décent pour occuper une place
sur un des autels des chapeiles latérales de Ste, Luce,
En 1742, M. Pierre Lepage, de $St.-Barnabé, second
seigneur, voulut assurer une propriété foncière à
| | l'Eglise ; il détacha de son domaine quatre arpents de
li front sur quarante-deux de profondeur, qu'il donna
à la fabrique, comme on peut s'en assurer par l'acte
suivant :
“ Nous, Père Albert Milliard, Récollet, Prêtre Missionnaire
de la paroisse de St-Germain de Rimouski, déclarons avoir
reçu au profit de l'Eglise dite de Rimouski les dons que fait le
sieur Lepage de St.-Barnabé, à savoir, d'une chapelle composée
d’un calice d'argent et d’une patène de la susdite matière
comme aussi de tous les ornements absolument nécessaires pour
célébrer le très-saint et très Auguste Sacrifice et la Messe, dé-
clarons en outre recevoir du susdit sieur de $t.-Barnabé une
terre de quatre arpents de front avec deux arpents de profon-
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deur située au Saurois de la terre du sieur Lepage de Lafossals et au nord-est du Domaine, sur laquelle susdite terre, l'Eglise et le Presbytère sont bâtis ; le susdit sieur Lepage de St.-Barnabé mettant pour clause que le missionnaire sera libre et prendra son bois sur la susdite terre, à charge et condition que la sus-dite Eglise de St.-Germain s’oblige de faire dire à perpttuité deux messes basses par an pour le repos des âmes des derniers Seigneurs et Dames défuntes de la paroisse, et pour plus grande sûreté sera inséré la présente dans les archives de la susdite Eglise. Comme aussi la copie conforme à l’original est insérée dans les archives du Palais Episcopal selon l’ordonnance de Monseigneur l’Evêque Henri-Marie Duberiel, Evêque de Québec.
Fait à Rimouski, le 30 mars de l’année mil sept cent quarante-deux, [1] [Signé] ‘JEAN PINEAU, ‘“ Marguillier.
" ‘©, ALBERT MILLIARD, “ Récollet Missionnaire.”
Le calice dont il est parlé dans cette donation existe encore; il se trouve actuellement dans la cha-
pelle des Dames Religieuses de la Congrégation, et
[1] On voit dans la sacristie de la Cathédrale un tableau des messes de fondation et dans lequel il est dit : Deux messes basses à perpétuité pour le repos des âmes des derniers Seigneurs et Dames défuntes de la paroisse, fondées par le sieur Lenage de St.- Barnabé [1742] à la charge du curé.
Il y a certainement erreur dans ce tableau, ces messes ne sont point à la charge du curé, mais bien à la charge de la fabrique, comme le dit l’acte de donation ci-dessus,
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est à espérer que ces bonnes Dames Religieuses con-
sert tous les jours au saint sacrifice de la messe.
serveront longtemps ce précieux souvenir de piété et
de générosité du second seigneur de Rimouski.
Les ornements se voient encore dans la sacristie de
la Cathédrale, et sont encore assez décents pour servir
à la sainte messe.
Monseigneur Hubert, dans sa visite épiscopale à AT Rimouski, écrivait dans le cahier des délibérations ce
qui suit :
« Le terrain de l’église, une terre de 4 arpents de
front sur 42 de profondeur donnée par Mons. Lepage RE € de $St.-Barnabé, à la charge de deux messes basses
| pour cette famille, (1)
“ De plus deux messes basses pour la famille de
| Mons. Nicolas Lepage et un banc à perpétuité pour un don de deux cens écus. (2)
ql Rimouski, le 19 juillet 1790.
(Signé) ‘4 JEAN FRANÇOIS, ‘“ Evèque de Québec.”
[1] Cette donation futrectifiée, en 1792, par M. Joseph Drapeau, seigneur de Rimouski. Le Père Charles Lepage fit lui-même le voyage à pied de Rimonski à Québec pour obtenir cette rec-
qui tification:
|| [2] La famille Lepage a renoncé, le 11 février 1794, au dit || banc, moyennant une certaine somme d’argent.
Lorsqu'en 1759, la flotte anglaise remontait le fleuve, les habitants de Rimouski furent saisis d’une telle frayeur, qu’ils abandonnèrent leurs maisons et séjournèrent longtemps dans la forêt. Comme ils emportèrent avec eux ce qu'ils avaient de plus précieux, le tableau de St. Germain ne fut pas oublié. (1) Soigneusement enveloppé et roulé dans des écorces de bouleau, il fut caché sous un cèdre; mais l'humidité lui occasionna quelques dommages, qui furent
réparés, en 1790, par M. Baillargé, artiste de Québec,
La figure de St. Germain et celle de Ste. Geneviève
sont du pinceau d’un premier maitre. (2)
[1] Ce tableau se voit aujourd’hui dans la chapelle St.- Germain.
[2] Pendant longtemps, on a cru par ce tableau que la paroisse de St.-Germain de Rimouski était érigée sous le vocable de St. Germain d'Auxerre. Mais c’est une erreur ; le tableau représente à la vérité St.-Germain d'Auxerre, donnant à Ste. Geneviève une médaille, lors de son passage à Nanterre, mais il n’est pas pour cela le titulaire de l'Eglise. C’est St, Germain de Paris, dont la fête est célébrée le 28 mai, qui en est le patron.
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ANDAHLONSIS 7.
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VIIT.
Sépultures faites dans la première chapelle de Rimouski.— Peste à Rimouski.—Lettre de Monseigneur Briand aux habitants de Rimouski.—Interdiction de la première cha-
pelle.
# Où retrouver tant d'heures coulées ?
Vers leurs source lointaine elles sont refoultes,
‘“ Le seul effroi me reste, et l'espoir est banni.
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“T1 faut mourir, finir, quand ie r’ai rien fini ;
‘ Où sais-je ? et quelle scène à mes yeux se déploie ?
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“ Des bords du lit funèbre, où palpite sa proie,
‘ Aux lugubres clartés de son pâle flambeau,
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“ L’'impitoyable mort me montre le tombeau.”
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Les seules sépultures qui eurent lieu dans cette
première chapelle furent les suivantes :
René Lepage, ler scigneur, le # août 1718.
(rermain Lepage, 26 février 1723.
Marie-Angélique Lepage, fille, 2 avril 1729.
Marie-Madeleine Gagnon, épouse de sicur René
Lepage, 31 janvier 1744.
Pierre Lepage, 2me seigneur, 8 juillet 1754.
Marguerite Lepage, fille de René, 20 janvier 1756.
Toussaint Cartier, hermite, 30 janvier 1767.
Le Père Ambroise, Ptre., dans l'été de 1769. (1)
Une épidémie qui visita la paroisse on 1756, ot dont le 3me soignour fut victime, ne permit pas que son corps
reçûüt la sépulture dans l’église.
La paroisse avait déjà subi le fléau d’une pareille
épidémie en 1733. La famille de Pierre Gosselin, troi-
Ar li . . . L SL un sièmo colon du licu, y avait succombé. Cotte seconde Will année, lo fléau sévit avec plus de rigucur encore. La
famillescigneuriale cut à déplorer la perte de quatre de v. : ses membros et un grand nombre de paroissiens. Des gl familles entièros étaient moissonnées. Cette maladie, | la fièvre scorbutique, avait été apportée par l'équipage | d’un vaisseau français dont j'ai parlé plus haut; elle | fl: sévissait avec tant de fureur dans la paroisse, qu’on | la désigna sous le nom de peste.
| Pour nous faire une juste idée des souffrances de | ceux qui étaient atteints de cette cruelle maladie, il nous suffit de rapporter les paroles suivantes des Rela-
tions des Jésuites, en l’année 1611.
# La maladie commune a été le Scorbut, qu’on
‘ appelle maladie de la terre. Les jambes, les cuisses
[1] Nous ne pouvons constater le jour précis de sa sépulture ; il y a dans les registres une lacune de plusieurs années.
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‘et face enflent, les levres se pourrissent, ct lour
“ survicnnent de grandes excroissances, l’haloine est “ courte avec unc fâchouse toux, les bras mourtris ct “ lo cuir tacheté, toute la personne languit avec ennuic ‘ct douleur, sans rien pouvoir avaler si non quelquo
“ pou de liquide.”
Si la peste décima la paroisse, l'émigration fran-
eaise vint bientôt lui donner un accroissement assez
considérable; mais, malheureusement, tous les émigrés
français qui étaient venus augmenter la population de
Rimouski, n'y avaient pas en même temps apporté
les mêmes dispositions religieuses que l’hermite
ANDAHLONSNE 7
Toussaint Cartier. Parmi le nombre des nouveaux colons, il s’en trouvait dont les mœurs constrastaient beaucoup avec la vie exemplaire des premiers habi-
tants. La paroisse allait avoir ses jours d'épreuves. | L'honnèête ct brave cultivateur de St.-Germain, jus- | qu'alors si tranquille et si heureux, voyait déjà | chaque jour se répandre autour de lui le venin du
mauvais exomple. L’ivrognerie et la débauche, sa sœur | naturelle, promenaient partout leur hideuse figure. |
Informé du triste état de la mission, l’évêque de
Québec déplorait dans son cœur la dépravation d’une