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conserver votre innocence au milieu d'un peuple corrompu. Vous voyez le désordre, vous en gémissez amèrement dans le silence, parce quo vous n'osez élever la voix contre l’iniquité trop générale et qui a pris lo dessus; vous craignez d’être moques, méprisés, persécutés. Vous le seriez sans doute si vous avertis: aicez, si vous repronioz, mais no vous laissez pas épouvanter par les méchants; opposez-vous au torrent, parlez et priez on même temps. Dieu bénira vos
paroles soutenues par la prière. Qui sait si sa misé-
ricorde n'aura pas d’égards à vos larmes ct à votre
zèle pour la gloire ct lo salut de vos frères, ct s’il ne se servira pas de vous pour ouvrir les yeux à ces aveugles et pour les toucher. Ce sont les motifs que jai proposés à votre charitable missionnaire, de crainte qu'il ne se laissât aller au découragement ct qu’il ne vous abandonnât.
“ IL est vrai qu'il est envoyé chez vous comme Jésus-Christ, pour les malades et non pour ceux qui sont on santé; pour les pécheurs ot non pour les . justes ; mais aussi voyez quel témoignage il cest contraint de nous rendre. Tous les vices, dit-il, règnent dans Rimouski. On n’a plus de honte du crime, on s'en glorifie, on ne rougit pas même de ceux qui sont
les plus honteux. L’'ivrognerie, l’adultère, l'inceste
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et généralement tous ces péchés d'impureté qu'on n'ose nommer, sont communs et connus, Les filles ne cachent pus leur prostitution. Les fêtes et les dimanches ne sont point distingues des autres jours, on les passe à offenser Dieu. Les jeünes et les abstinences n'y sont point observés, et l'on no se fait sur cela aucun scrupule. Enfin, ce qui fait voir le dernier degré d'impiété et qu'on ne trouverait ni chez les Protestants, ni chez les Turcs, ni chez les Idolàtres même, c'est la mauvaise volonté qu'on à pour la maison de Dicou. Il y pleut partout. Les ornements de l'Eglise s'y pordent, le St.-Sacrement mémo est exposé aux injures du temps, et on ne s'en met pas en peine.
Ne vous reconnaissez-vous pas à ce portrait, il fuit horreur mes frères, je l'avoue; mais on étes-vous touchés ?—Je ne Île pense pas. Car, quand on est parvenu à un certain degré de malice et d’impiété, rien ne fait plus impression. Le cœur s’endurcit, l'esprit s’aveugle et l’on tombe dans l’impénitence finale, qui conduit immanquablement à la damnation éternelle. Oh ! mes chers Frères, vous pouvez encoro l’éviter ; convertissez-vous, écoutez les instructions de votre Pasteur et courez à la pénitence. Apprenez
los devoirs de votre religion que vous ignorez ; rem-
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plissez-les exactement et avec d'autant plus de fidélité que vous les avez violés ot trangressés plus universel lement et avec plus de mépris, d’insolence et de témerité. Jo le répète, insolonce et témérite; car qu'y atil do plus insolont :t do plus téméraire que de résistor à un Diou tout-puissant ot do n'être touché ni de sos promesses, ni de sos menaces? Vous êtes insensiblos, je le vois, à ce qui est plus capable de vous frappor. La croix même, la croix sur laquelle vous savez quo Jésus-Christ ost mort pour votre salut ne ‘vous touche point; ct si, on passant devant ce signe do notre Rédemption ct cotto marque de l'amour infini de Notre-Sauvour pour nos âmes, vous fuites le signe de la croix, ce n’est que par habitude et par grimace, ot dès l'instant qui suit vous vous livrez aux crimos les plus abominables. Ah ! nos chers enfants, jo suis pénétré do crainte et de douleur à la vue de votre état. Je ne désespère pas encore cependant, un rotour prompt, sincère ct porsévérant vers Dicu, désarmera son bras et arrêtera sa colère ; mais ne différez pas; car, après une longue patience, sa juste
vengeance semblable à la foudre éclatora tout à coup,
et alors le repentir venu trop tard sera infructuoux,
domeurcra éternellement ot fora une partie des tour-
ments de l'enfer.
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aux ants, 1e de dant, Dicu, is no juste
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“ Nous avions résolu d'abord, N. T, F,, de nous
servir contre les coupables des armes que Notre- Seigneur et son Eglise nous a mises en mains; mais un Pasteur qui aime, n'en vient qu'à regret à ces remèdes extrèmes. Nots avons voultt encore auparavant prendre la voie de l'instruction comme la plus conforme à la douceur de notre bon et miséricordieux
Jésus; bien déterminé aussi, si l’on ne fait pas atten-
tion à notre présente lettre qui est un avertissement ‘. charitable, de retrancher du nombre des fidèles et Fe] d'excommunier généralement tous ceux et toutes È L celles qui persévèreront dans leur conduite seanda- 5 leuse, et, si l'on ne met au plus tôt en bon ordre | pa l'Eglise et le cimetière, de défendre à votre curé de fi.
célébrer les saints mystères dans cette mission, d'y laisser le Saint-Sacrement et d’administrer à qui que |
ce soit le saint Viatique. Il ne pourra dans ce cas
donner aux mourants que les Sacrements de la Péni-
tence et de l’Extrème-Onction.
‘ Comme M. Votre Missionnaire, touché et attendri
à la lecture de cette lettre, m'a représenté qu'il y
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avait pourtant encore quelques honnêtes gens, bons chrétiens, j'ai pris le parti de leur ordonner et leur ordonne par ces présentes de me donner un détail
exact par noms et par surnoms de ceux et celles qui
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scandalisent, ét alors 1 censure ne retombera que sur les coupables, au lieu qu'elle sera générale pour toute
La paroisse si l'on ne me fait pas connaitre et l'ivraie
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et le bon grain.
“ Quant aux conditions que ces impies veulent
imposer pour bâtir un temple non pas à leur Dieu,
c'est l'ivrognerie et l'impureté, mais au Dieu que qe servaient leurs pères, elles sont contraires à la reliel gion, au bon sens, à la raison et aux ordonnances.
C’est pourquoi nous défendons qu'on recoive aucune
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contribution de pareils scélérats et qu'ils possèdent
jamais aucun banc dans l'église que pourraient con-
struire le peu de bons et fidèles chrétiens qui l’entre-
prendraient. Nous voulons encore que le seigneur
de Rimouski et autres gens comme lui distingués par
leur piété, leur zèle ct leur sagesse, nous donnent les
noms et surnoms de ces familles pécheresses, afin que
nous les consignions dans nos Registres comme un
témoignage éternel de leur impiété.
“Voilà notre devoir rempli envers Dieu, son
Eglise, et les bons chrétiens qui seront consolés de
voir que nous ne ménageons et ne craignons ni les
méchants ni leur méchanceté : envers les méchants
eux-mêmes qui ne pourront pas nous reprocher que
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lent Dieu, que relincees.
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si nous les avions avertis, instruits, corrigés, ils se seraient convertis. Nous finissons donc, N. C. F, en priant le Seigneur de répandre ses bénédictions sur nos paroles et de les faire fructifier pour sa gloire et
le salut de vos âmes rachetées de son sang.
# Donné à Québec sous notre seing, le sceau de nos armes et la signature de notre secrétaire, le premicr
septembre 1784.
(Signé) “TJ, Or. EVÊQUE DE QUÉBEC, “ Par Monseigneur, € J, O. Pressts, Sous-Diacre,
« Secrétaire.”
Le Père Labrosse donna lui-même à la paroisse lecture de cette lettre, le jour de la Saint-Michel. Les sanglots qui vinrent plusieurs fois l’interrompre, les reproches si justes et adressés en termes si charitables à ces coupables enfants, produisirent tout leur effet. Une partie, prosternée aux pieds du bon Père, reconnut son indigne comportement ; l’autre, trop endurcie dans le crime pour éprouver des remords, préféra s'éloigner de la place où désormais elle devait être
honnie,
Après la lecture de la lettre, le Père Labrosse
annonça que l’ofice public ne se fcrait plus dans la
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chapelle, Le seigneur Lepage offrit au missionnaire le second étage du manoir seigneurial pour servir à l'office divin, jusqu'au moment où la paroisse érigerait un second temple. Pendant six ans, cette antique maison fut le lieu où la paroisse se réunit pour
rendre à Dieu ses devoirs. (1)
Les sépultures qui eurent lieu dans l'intervalle qui sécoula jusqu'à ‘l'érection de la seconde Eglise, en 1789, se firent au nord-est du vieux manoir, et ce ne fut qu’en 1804 que les corps en furent exhumés pour ètre déposés dans l’ancien cimetière. (2)
—C’est une erreur de croire que les paroissiens de Rimouski bâtirent une chapelle à la Rivière, comme plusieurs le prétendent. Il n’a jamais existé de chapelle à la Rivière.
(1) Ce manoir était situé à une petite distance au sud-est du manoir actuel des Dames Drapeau.
[2] Ce cimetière se trouvait au sud-est du vienx séminaire actuel.
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Construction de la seconde chapelle de Rimouski.— Visite Episcopale et mandement pour annoncer cette visite.—Construction de la troisième et quatrième Eglise de Rimouski.— Bénédiction solennelle de la quatrième église.
Salut, à ma blanche chapelle,
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Si douce au regard du passant, w er À
Et dont la croix d’or étincelle ü| ; [|
Aux rayons du soleil levant ; . o} % A , À pe i
Salut, à chapelle sacrée, g| Toi que bénit le pèlerin, ja Qui, sur ta pierre vénérée o |
S’arrête un chapelet en main.
[Trésors Poëtiques.— Poésies Religieuses. |
Comprenant l'impossibilité pour eux de demeurer sans temple, les paroïirsiens firent un accord en octobre 1787, pour construire une église en bois, et élirent MM. Charles Lepage et Gabriel St-Laurent Syndics pour cette construction. Cette chapelle fut
érigée à la place même du séminaire actuel, et avait
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10 pieds de long sur 28 pieds de large.
Elle fut bâtie en colombage, et livrée au culte le 18 juillet 1790.
Les habitants, au nombre de soixante-douze, contri-
buèrent par rétribution volontaire de cinq livres dix-
huit sols par chaque arpent de terre, et M. Nicolas
Lepage fit l'entreprise pour la somme de mille cinq
cent vingt-deux livres. (1)
Monseigneur Hubert, qui, pour la première fois, fit
une visite épiscopale à Rimouski, accompagné de
MM. Plessis et Bernard Panet, Prètres, voulut lui-
mème en faire solennellement Ia bénédiction, et y
célébrer le premier le sainte-messe, (2) Monseigneur
Hubert promit en mème temps aux paroissiens de
NO AA MUIOUTAIEN
leur envoyer un curé dès l'automne.
Voici le mandement que Sa Grandeur adressa aux
trois paroisses de l’Ile-Verte, des Trois-Pistoles et de
Rimouski pour annoncer sa visite.
Mandement de Monseigneur l'Evique de Québec jour
la visite Pastorale.
“ Jean François Hubert, par la miséricorde de
Dieu et la Grâce du Saint Siége Apostolique, Evèque
[11] M. Nicolas Lepage était le père de Dame Andrt-Elz. Gauvreau, Registrateur à Rimouski.
[2] “ Le 18 juillet, nous avons béni solennellement l'Eglise “neuve de St.-Germain et y avons célébré la première messe, A Rimouski, le 19 Juillet 1790, dans le cours de nos visites, [Signé] ‘+ JEAN FRANCOIS, ‘“ Evêque de Québec.”
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de Québec, ete., ete., ete. A tous les Curés, Vicaires, Missionnaires et à tous les fidèles de ce diocèse. Salut
et Bénédiction en Notre-Scigneur,
# La visite pastorale étant un des principaux devoirs des Evèques et un des moyens les plus propres à conserver parmi les Fidèles l'esprit de religion et
de ferveur, à déraciner le vice, à faire cesser les abus,
] 4 L . e. . " LS à rétablir partout l’ordre et la discipline, nous nous : v = , Lei
empressons, N.T. C. F,, de vous annoncer qu'appuyé a. [
du secours tout-puissant de la Divine Providence, Ô nous nous disposons à continuer la visite de ce Dio- T| NS , . . il cèse commencée depuis trois ans. E C|
‘“ Nous sommes vraiment persuadé que cette car-
rière est très-pénible pour nous, et, si nous entreprenions de la remplir avec les seules forces humaines, nous aurions grand sujet de craindre de n’y faire
aucun fruit. Mais nous nous rassurons en pensant
qu'il est au ciel un Dieu plein de miséricorde, qui vous aime, qui désire le salut de vos âmes, qui invite
par notre bouche les pécheurs à retourner sincère-
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ment à lui, et qui semble d'avance nous promettre
d'animer notre zèle et de soutenir notre faiblesse dans
les travaux que nous entreprenons sons les auspices
de sa Sainte-Grâce.
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“ IL est certain que la longue absence de vos premiers pasteurs a été cause que quantité de désordres se sont introduits parmi vous. La foi, cette première et si essentielle vertu des chrétiens, s'est éteinte dans bien des cœurs, ia piété s’est refroidie, le crime a levé le masque, l’impiété et l'irréligion ont pris racine, et nous en voyons tous les jours les funestes fruits. Voilà, mes frères, des maux dont nous avons gémi bien des fois aux pieds du Seigneur. Nous connaissons combien ils sont graves; serons-nous assez heureux pour les faire cesser ? c’est néanmoins à quoi nous prétendons par la visite ou mission que nous
allons vous faire.
“ Votre sanctification, N. T. C. F., est donc le terme heureux auquel nous aspirons. Nous n'avons cessé de demander à Dieu cette grâce depuis le moment où nous avons commencé une œuvre si importante. Ne négligez donc rien de ce qui peut concourir à vous la rendre salutaire. Souvenez-vous que la visite de vos Pasteurs est une continuation de celle que Jésus- Christ a faite sur la terre lorsqu'il y est venu pour nous racheter de la damnation éternelle. Elle est encore une image de la visite que le Chef des Pasteurs rend tous les jours à son Eglise, lorsqu'il descend dans
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les cœurs des fidèles par sa grâce ou par la saute
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