‹ Chronique de Rimouski [microforme] (volume 3)Chapitre 38 sur 71 · CS · texte numérisé non relu

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pur, annonçaient une belle journée. Le frèle esquif, poussé par deux vigoureux avirons, descendait le fleuve avec rapidité et semblait voler sur la surface unie des eaux. Nos trois heureux voyageurs acconpagnaient leur marche accélérée de joyeuses chansons, et rien ne troublait leur course précipitée, si ce n'était que Île bruissement des flots sur les flancs de la légère pirogue, le murmure lointain et cadencé de Ta mer

expirant mollement sur la rive, et le chant monotone w.

de quelques oiseaux aquatiques.

Déjà ils se réjouissaient dans la pensée d'accomplir

le voyage avant la chute du jour, et aussi plus de la se moitié du trajet était effectué lorsque quelques nuages € | s'annoncèrent à l'horizon. Cependant nos voyageurs d | n'en continuërent pas moins leur route; ot, en quelques |

instants, ces nuages se répandirent avec tant de rapi-

dité dans l'espace, qu'ils se trouvèrent dans la plus

profonde obscurité. Ils comprirent alors toute leur témérité d’avoir longe de trop loin lu rive, ils essayèrent, mais en vain, de regagner à force d'avirons le

rivage trop éloigne.

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L'ouragan se déchaina avec tant de fureur, que soudain la mer devint furieuse, et semblait. dans sa

rage, vouloir les engloutir.

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UN rt LION ABIAT

Les deux jeunes gens, loin de nerdre courage, sentuient leurs forces se ranimer pi les paroles pleines de bonté du missionnaire, et luttaient avec énergie contre la tempête pour atteindre une dex pointes de l'{let-au-Flacon. As ne leur restaient plus qu'une minime distance à franchir, lorsqu'une lame furiouse engloutit Je vaisseau, et le véncré missionnaire disparut à l'instant, pendant qu'il récitait son

chapelet.

Les deux jeunes gens, plus forts que le saint religieux, luttèrent de nouveau dans ce danger, et ne parvinrent, cramponnés au canot, sur la rive de l'Ilet,

qu'après bien des efforts et une peine inouiïc.

Quelques heures plus tard, ils mettaient en sûreté les restes inanimés de leur infortuné compagnon, et apportèrent dès le lendemain la nouvelle du sinistre

à la potite colonie de Rimouski.

Les restes furent exposés pendant trois jours d'ins la maison du seignour Lepage; ct la paroisse, tout en larmes, lui rendit les derniers devoirs, et pleura longtemps la perte prématurée de ce vénérable et saint

prêtre.

Il nous est impossible de constater le jour précis de

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son

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‘Ilet,

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saint

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sa sépulture, car les registres de cette paroisse présentent une lacune de près de dix ans. (1)

M. J.-C. Tache, dans ses ‘ Forestiers et Voya- ’

A sn ?? 2 L geurs,” nous dit :

“ Après la mission, le père Ambroise, étant sur le point de partir pour Rimouski, dit au seigneur

Rioux :

—Mon bon monsieur Rioux, pourriez-vous me ‘Vi Là

donner un vieux gobelet de ferblanc pour mes voya- | es, j'ai eu le malheur de perdre celui que j'avais, je Ce D . . O0!

ne sais trop comment ? 1

ml

—Mon père, reprit le seigneur Rioux, en prenant ©) sur la table un gobelet d'argent, faites-moi le plaisir m1

d'accepter celui-ci en souvenir de moi.

— Ah ! je ne puis faire cela, donnez-moi, je vous prie,

un sobelet de ferblanc.

—Mon père, vous ne me refuserez pas le bonheur

de vous offrir un petit cadeau, j'en serais peiné.

—Mon cher monsieur Rioux, vous savez que je ne

(1) Nous croyons que le père Ambroise a été inhumé dans la première église de Rimouski, près de son ami l’hermite Toussaint Cartier, et que les restes de ces deux serviteurs de Dieu ont été ensuite transportés dans la seconde église où ils doivent encore 8e trouver.

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