‹ Chronique de Rimouski [microforme] (volume 3)Chapitre 39 sur 71 · LT T2I · texte numérisé non relu

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pourrais accepter ce gobelet qu’à la condition de vous le rendre, et si j'allais le perdre.

—Eh bien! mon père, vous allez le prendre et il reviendra à moi ou à ma famille, après votre mort :

si vous le perdez, le bon Dieu me le rendra.

— Ainsi soit-il, reprit le père Ambroise, et que le bon Dieu vous récompense, avec votre famille, de toutes les bontés que vous avez eues pour son humble

serviteur.’

‘“ Le lendemain matin, madame Rioux, en faisant son ménage, trouva le gobelet d'argent sur la table de la chambre de compagnie, à la même place où il était quand le seigneur Rioux l'avait pris pour le

donner au bon Père.

‘ On se dit de suite : le père Ambroise est mort ; il l’avait bien dit que son portrait était le portrait d’un noyé. Nous perdons gros; mois il y a un saint de

plus au ciel.

Il prit envie au seigneur Rioux et aux autres gens des Trois-Pistoles de faire prendre le portrait du père Ambroise. Le Père ne s’en souciait pas trop ; comme on lui dit que ça ferait plaisir à tout le monde, il y consentit. Muis dans ce temps-là ce n'étaient pas

de petits portraits dans de petites boîtes comme

vous

que le le, de

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aujourd’hui, c'étaient des portraits faits en peinture et

grands comme on voulait. (1)

“Quand le portrait fut fini, on le mit dans la chambre de compagnie, et les gens vinrent le voir. Chacun s’extasiait, et on trouvait le portrait bien ressemblant. [1 y avait sa robe, son bréviaire sous le

bras; en un mot, tout y était, et on ne pouvait pas s’y

méprendre.

“ Pour moi, dit le père Ambroise, quand le peintre A fut parti, je trouve que je ressemble à un noyé dans CA ce portrait. e}

‘ La ressemblance malheureusement re fut que trop on |

frappante.” Gi

Après la mort du père Ambroise, les habitants de Rimouski furent privés pendant quelque temps de la visite du prètre, et M. Lepage, de St.-Barnabé, adressa

les deux lettres suivantes à Mgr. Olivier Briand.

Monseigneur,

C'est avec la plus grande révérence et soumission

que je prends la liberté de vous écrire pour avoir

l'honneur de vous informer de l’ennuy où nous

(1) Il passait dans ce temps-là des tireurs de portraits qui parcouraient les campagnes.

sommes réduit de n'avoir eu aucun secours des reli-

gieux depuis que Dicu nous a retiré notre pasteur,

c'est pourquoi Monseigneur sachant que Dieu nous a

fait la grâce de vous choisir pour notre père protec-

teur de la foy catholique, apostolique et romaine, il

vous plaise nous accordé un pasteur telle que vous

Jugerez à propos pour n'occassionner pas les âmes à

Ua s’'égarer d'avantage qui ont été sy bien conduites dans

Sè par ce jour par les pasteurs du passé. C’est ce que RON

se nous espérons avec une grande impatience ct espé- Fe. rance de Votre Grandeur, Monscigneur, de soutenir FE là véritable foi dans toute l'étendue de votre diocèse, C,

et sommes toujours Monseigneur, les plus chétifs et

les plus obéissants de Votre Grandeur,

Monseigneur,

Votre très-humble et

Très respectueux serviteur,

Lil (Signé) LEPAGE DE ST.-BARNARÉ.

| St.-Barnabé, ce 27 octobre 1769.

Monseigneur,

Vous voudrez bien me permettre après m'être hu-

milié devant vous pour vous demander votre sainte

hu-

nte

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