‹ Chronique de Rimouski [microforme] (volume 3)Chapitre 40 sur 71 · VOS · texte numérisé non relu

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bénédiction pour moy et ma petite famille que je me fasse l'honneur de vous informer que j'ay eu l’honnour de recevoir votre lettre le cinq d'octobre, datte du vingt-sept avril, un jour après l'arrivée du père Labrosse, nous avons eu le bonheur de sa visite quy : été courte raport à la saison avancée pour la mission d’en bas, ce quoy nous à causé la plus grande paine, car son arrivé nous à fait grande joye et son départ grande tristesse, car il serait bien à souhaité pour nous d’avoir toujours la compagnie d'un sy grand

homme pour notre salut. Mais puisqu'il est vrai

qu'il était presque comme impossible que sa companie nous fut davantage. Nous avons toujours recours

‘tre Grandeur, Monseigneur, et à sa charité pour les Âmes du révérend père Labrosse que sa visite l'été prochain sera plus longue. C’est la grande espérance en laquelle nous vivons et sommes avec tous les res-

pects et soumission possible.

De Votre Grandeur, Monseigneur,

Le plus humble et le plus obéissant sujet,

(Signé) LEPAGE DE ST.-BARNARÉ.

St.-Barnabé, ce 12 décembre 1771.

Le père Jean-Baptiste De Labrosse, Jésuite, né à

Trémouille, en Poitou, arriva en Canada le 24 septembre 1754. (1)

Le père Labrosse est peut-être le missionnaire qui eut la plus grande étendue de territoir à parcourir. I] fut plus de seize ans employé à donner successive-

ment des missions à Rimouski (2), dans l’Acadie et

Si ze sur la côte nord, , rà a ae ; à , à HA La Il mourut à Tadoussac, le 11 avril 1782, à l’âge de Cafe 1 . , : ;

Hi soixante-dix ans, et fut inhumé dans la chapelle du v- i P F5 e. e L4 La L

TA lieu par M. Compain; son corps a été depuis trans- Fi porté à Chicoutimi. Le nom de ce saint religioux est

encore en grande vénération parmi les anciens de Rimouski et les sauvages Montagnais de la côte nord.

On le considérait comme un saint.

La tradition fidèlement conservée parmi les sauvages, et les anciens des différents endroits où ce bon Père a été, rapporte qu'aumoment de sa mort, toutes les cloches des églises ou chapelles sonnèrent d’elles-

mêmes ses glas,à une heure avancée de la nuit. M. J.-C. Taché nous dit, dans ses ‘“ Forestiers et (1) Clergé Canadien, par l’abbé Tanguay.

(2) Le père Gabriel St.-Laurent, âgé de quatre-vingt-dix-sept ans, à été baptisé par le père Labrosse.

et

Voyageurs,” que c'est le père Labrosse qui a mis la dernière main à cette chrétiente montagnaise, si pleine de foi et de piété. Il a écrit la plupart des livres religieux qui sont encore en usage chez les Montagnais, à composé un dictionnaire de la langue de ce peuple et traduit dans la mème langue des passages considérables de la Sainte-Ecriture. Le père Labrosse a encore répandu chez ses bons et chers sauvages l’usage de la lecture et de l'écriture, qui s’est transmis jusqu'à ce jour, de génération en génération,

dans toutes les familles de cette tribu.

Voici une petite notice sur la vie du père Labrosse, publiée, en 1864, par les soins de M. le G.-V. Langevin, dans le rapport sur les missions du diocèse de Québec. Cette notice ne manque certainement pas d'intérêt, et nous montre les travaux et les voyages nombreux

du bon Père.

“ Jean-Baptiste de Labrosse, Jésuite, natif de Trémouille, en Poitou, arriva à Québec le 24 septembre 1754, et, après avoir desservi des paroisses, fut envoyé à Tadoussac, où il arriva le 11 juillet 1766. Il continua à en être chargé jusqu'à sa mort, arrivée le 3 avril 1782. Il avait soixante-huit ans, et était dans la com-

pagnie depuis vingt-cinq ans et deux mois; le père

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