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lumière, qui est le Soleil, puisqu'elle avait si bien su { ; q
en conserver les émanations.”
Plus loin, M. Maillard continue à nous entretenir de sa conversation avec le chef de la tribu.
Mais, lui dis-je en l'interrompant, vous serviezvous de vases pour faire cure vos viandes ? Aviezvous des instruments propres ù couper vos canots ?
Qui vous à appris à les travailler comme vous faites 7?”
# Nous avions, mon Pere, me répondaitil, des espèces de pots, où si tu veux, des chaudières faites de pierre de grès tendre, que nons creusions avec des os gros et petits, tant d'orignal que de castor, mais plus souvent avec des os de castor, dont nous avions rendu pour cela, une des extrémités presque toute semblable an taillant de vos ciseaux. Ce n'était pas sans peine que nous parvenions à les rendre, de méme pour notre utilité ; c'était en les frottant extremement longtemps contre où sur quelque pierre très-dure choisie exprès. Nous en faisions de petits, de grands, de médiocres de ces eiscaux, pour travailler le bois, qui entre dans la structure de nos canots, pour faire des flèches de toute sorte ct grandeur, at bont desquelles nons
savions appliquer des fragments d'os très-durs, aux:
quels nous donnions une figure à peu près semblable
au {er dont vous armez au bout. les vôtres.”
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‘ Pour reveuir à ces pierres que nous avions creusées et vidées en dedans, et dégagée en dehors de ce qui les rendait maussades, irrégulières et trop pesantes ; nous mettions sans facon, nos viandes toutes scignantes dans ces pots, lesquels mis sur un bon brâsier, acquéraient en peu de temps une chaleur suffisante et capable de faire sortir tout le jus de la viande, que nous buvions, Nous mangions aussi cette viande, Mais, quand elle était trop sèche, nous la donnions à nos chiens, excepté les os S'il s'y en tronvait.”
é Quelquefois nos pots se trouvaient faits d'une nature de pierre qui se fend et se calcine aussitot qu'elle a senti une chalenr un peu forte, nous les rem plissions d'eau, nous y mettions ensuite notre viande, après quoy nous tirions du feu de LTOSSCS picires que nous y avions mises rougir, lesquelles nous posions
sur cette viande qui était avec Veau dans le pot; ces
«* pierres toutes rouges faisaient bouillir l'eau, et par là
otaient à notre viande sa trop grande crüdité, et nous la rendaient mangeable, ce qui nous suffisait, Nos canots, mon Père, nous les avons de temps immémorial; ils ont toujours et! les mièmes que tu les vois; dès les premiers temps nos péres an lieu d'écorce de
bouleau, dont nous nous servons maintenant, prenaient
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dés peaux d’orignal dont ils ôtaient le poil, les ratissaient, et les grattaient de telle sorte qu'ils les rendaient semblables des deux côtés à vos peaux passées ; ils les trempaient à plusieurs reprises dans l'huile; ensuite ils les appliquaient comme on fait aujourd'huy l'écorce de bouleau, sur le bois du canot, les y ajnstaient, les y tendaient, les + attachaient, en les y cousant quelquefois avec du fil de nerf de bète, et par ce moyen ils naviguaient d'une grande terre à une ile voisine sans jamais beaucoup s'écarter de la côte.”
Le mariage chez ces sauvages était bien différent
du nôtre aujourd'hui.
# Au contraire de nous, ils font en leurs marriages, nonque le père donne doûaire à sa fille pour la loger avec quelqu'un, mais que le poursuivant fasse de bons et beaux présents au père, à ce qu'il lui donne sa fille pour épouse. Les présents seront proportionnément à la qualité du père et à la beauté de la fille; des chiens, des castors, des chauderons et haches. Mais la facon de courtiser est bien sanvage, car l'amoureux, dès qu'il se professe pour tel, n'oserait regarder la fille, ni lui parler, ni demeurer auprès d'elle, sinon pur occasion, et alors il faut qu'il se commande de ne
la point envisager. ni donner aueun signe de sa pas-
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sion ; autrement il serait la moquerie de tons et sa
favorite en roungirait.”
Relations des Jesuites 1611.
L'abbé Pierre Maillard, prètre du Séminaire des
Missions Etrangères de Paris, connu sous le nom
de l'apôtre des Micmacs, passa plus de 30 ans au mi-
lieu d'eux, jouissant de l'estime générale et de la vé-
nération publique. Plusieurs fois il visita ses néo-
phytes, sur les bords de la rivière Rimouski. Au
jour de dimanche, il les rénnissait, célébrat le saint
sacrifice et les encourageait par ses paroles bienveil-
lantes à la pratique de toutes les vertus chrétiennes.
En 1746, il fut fuit prisonnier par les anglais et fui
envoyé de Boston en France, mais quelques années
aprés, le gouvernement anglais le rappela à Halifax
pour maintenir Ja paix au milieu des sauvages, L'ex-
trait suivant du Journal de Mer, Plessis, nous fournit
d'intéressants détails et nous donne une bien juste idée
de cet homme apostolique.
# M. Maillard, ce respectable prêtre dont la vie
irrépréhensible, le zèle et les travaux ont fait tant
d'honneur aux missions étrangères, auxquelles il
appartenait, était l'objet de la confiance et de la véné-
ration des Acadiens et des Micmaes. Pendant 20 ans,
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il fut dévoué à leur salut, parcourut toutes les missions répandues dans ce qu'on appelle aujourd’hui les missions de la Nouvelle-Ecosse et du Nouveau- Brunswick, et fit du bien partout. Miramichi et Labrador étaient les deux endroits où se réunissaient principalement les Micmacks de toutes ces contrées. Il allait tous les ans, d'un de ces villages à l’autre, mais faisait sa principale résidence auprès de ceux du dernier.”
‘ Il a étudié leur langue à fond, a écrit toutes leurs prières et leurs cantiques, leur a donné des hiéroglyphes, leur a appris à les entendre, à les transcrire, a réduit la langue à des principes réguliers, et (ce qui doit faire trembler de jeunes missionnaires,) il a déclaré à la fin d’un de ses derniers livres qu'il avait souvent été à tâtons avec eux, faute d’avoir assez approfondi leur langue ou d'avoir suffisamment connu
leur caractère.’
‘ Après la réduction du Canada, les Mickmacks, partageant avec les Canadiens et les Acadiens, le dépit qu'ils avaient d’être passés sous la domination anglaise, mais moins modérés et moins éclairés que ces deux peuples, crurent pouvoir se dédommager de leur
subjection, en travaillant à la destruction des Anglais.
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Sur ce principe, ceux de la Nouvelle- Ecosse, commen: cèrent à fairo main basse sur eux, partout où ils pouvaient les surprendre. Les citoyens d'Halifax ne pouvaient qu'à peine soMtir de la ville sans tomber dans quelque embuscade. Les meurtres étaient devenus si fréquents que le gouvernement songea à prendre de fortes mesures pour résister à ces attaques, ou pour les prévenir. Mais comment atteindre des
sauvages qui, aussitôt après leur coup donné, gagnaient
le bois à toutes jambes ? Au lieu d'entreprendre
inutilement de repousser la force, le gouvernement s'arrêta à un avis plus sage. Ce fut d'attirer M, Maillard, de le bien traiter et de faire usage de son influence sur les Mickmacks pour prévenir la continuation de ce désordre. La chose fut exécutée. Ce missionnaire fut invité à fixer sa résider.ce à Halifax. Le gouvernement lui accorda une pension de £200 sterling. À une époque où l'aversion du gouvernement anglais pour la religion catholique n'avait pas de bornes, M. Maillard eût une église dans cette capitale. Les sauvages l'y suivirent, et il ne fut plus question des meurtres qui la désolaicnt auparavant. Les Acadiens mème devenus odieux à ce Gouvernement, et dispersés comme on le verra ci-après, curent
la liberté de l’y suivre et exercer sous sa protection
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leur culte dans cette ville, et cela tant qu'il vécut. M. Maillard, jouissait à Halifax de la plus grande considération. Après quelques années de séjour, il tomba dangereusement malade. Un ministre anglican vint obligeamment lui offrir ses services pour le disposer à la mort. Il lui fit une réponse digne d’un prêtre catholique, et mourut sans sacrements, mais
plein de confiance dans la bonté de Dieu qu'il avait
fidèlement servi, ne laissant que son cadavre aux =\ protestants, qui lui firent des obsèques magnifiques. ë j'était vers l’an 1768.” ni
Voici ce que nous dit de lui M. Jos. Marie Bélanger, j. né à Québec en avril 1788, ordonné prêtre en 1813 et 0 missionnaire des Micmacs à Ristigouche et des Aca- Ft diens à Carleton de 1814 à 1818, décédé à Montréal en À
1856 à l’âge de 68 ans. (1).
‘ Ce cahier est l'ouvrage précieux du Vénérable M.
Maillard, missionnaire à l'Isle du Cap Breton. Ce très digne apôtre de la nation Mickmaque mourut à Halifax après une longue carrière, rempli de talents et de vertus. Justement regretté de tout le monde et
honoré même après sa mort des services du gouverne-
(1) Ces quelques lignes écrites de la main même de M. J. M. Bélanger, se trouvent à la fin de l’Euchologue composé par M. Maillard pour les missions Micmacs.
ment qui pourvut à sa pompe funèbre d'une manière génereuso et distinguée; sa mémoire est en vénération parmi tous ceux qui l'ont connu. Pretiosa in conspectu Dei mors sanctorum ejus. Ses écrits sont ce qu'il y a do plus pur et de plus énergique dans Ja langue Mickmaque ; on doit sans crainte les respecter et les considérer comme ayant été dictés à ce saint prètre par Celui qui est l'auteur de toutes langues ct qui veut être honoré d'un culte publie par tontes les nations de l'univers. Heureux les missionnaires qui le prendront pour leur modèle,. non seulement dans
l'étude d’une langue si difficile, et si différente de la
logique des autres langnes, mais encore pour sa piété
et sa ferveur et son zèle infatiguable pour le salut des
âmes.” Carleton, 23 septembre 1816.
nière néra- SA in nt ce ns Ja ecter saint Les ct os les s qui dans de la piété
t des
Pointe-au-lère.— Première messe À Rimouski.—Lettre du Père Ilenri Nouvel, Jésuite.—Mort d'un Officier de lu flotte Anglaise à la Pointe au-Père.—Phare à la Pointe-au-Pire, '