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Chronique de Rimouski [microforme]

Première école publique à Rimouski.—Couvent des Dames de la Congrégation.—Nouveau couvent des Dames de la Congrégation.—Bénédiction de la pierre angulaire, — Noms des Sœurs qui ont enseigné dans cette maison, depuis sa fondation jusqu’à nos jours.

$ 1. Première école publique à Rimouski.

La première école publique à Rimouski fut ouverte, en 1830, par M. Jean-Baptiste St.-Pierre, natif de l'Ile de Guernesey.

Ce ne fut qu'en 1832 que cotte école, ainsi que les autres du pays, commença à recevoir une allocation du gouvernement.

M. St.-Pierre fit. l’école pendant de longues années

et avec succès ; ce monsieur est aujourd’hui employé

comme copiste, quoique d’un âge très-avancé, dans le bureau de M. André-Elz. Gauvreau, Régistrateur du district de Rimouski.

$ 2. Couvent des Dames de la Congrégation

En 1855, M. l'abbé Tanguay, alors curé de Rimouski, secondé do la générosité de ses paroissiens, et par ses énergiques efforts, faisait construire le

couvent des Dames de la Congrégation.

Dès l’année 1851, M. Tanguay s’adressa à Mgr. l’Archevêque Turgeon et à la Supé.'sure des Dames de la Congrégation de Montréal pour la fondation d’un couvent, comme on le voit d’après les

lettres suivantes.

Réponse de la Communauté de Montréal à la première demande que fit M. le Curé Tanguay pour obtcnir des Sœurs de la Congrégation de Notre-Dame :

‘“ Congrégation de Notre-Dame de Montréal, 1851.

‘“ Monsieur,

‘ J'ai exprimé à Nos Mères vos désirs, vos projets de zèle et votre dévouement pour avoir un établissement tenu par des membres de notre humble Congré-

gation. Il est plus que probable que votre maison en

le du

sera pourvue cette année, cependant il est difficile de vous dire au juste quand et comment cela se fera. Mais soyez porsuadé, monsieur, que d'énergiques efforts se feront pour secondor votre zèle et le désir de notro saint Archevêque, exprimé avec une bonté non paroille.

Priez, monsieur, que le bon Dicu nous vienne en aide par la divine Marie, et vous serez exaucé.

‘ Je suis avec une estime pleine de respect,

« Votre très-humble et obéissante servante, ‘ Sœur Sre.-EL1ZABETH, Supérieure,

Révd. M. Tanguay, | | “ C. N.-D.”

Curé de Rimouski.

Réponse de Mgr. l'Archevèque Turgeon à la première demande de M. Tanguay exposant son projet de la fondation de cette Communauté.

‘ Archevêché de Québec, 7 avril 1851.

‘ Monsieur,

‘“ Je vous envoie une lettre que j'ai reçue de la Supérieure de la Congrégation de Notre-Dame, au sujet de votre projet d'avoir de ses Sœurs pour leur confier l'éducation des jeunes filles de votre paroisse.

Vous verrez que le projet a été accueilli avec faveur,

bien qu’on ne se trouve pas en mesure de le réaliser immédiatement. Je vais faire mon possible prur que votre couvent puisse être ouvert après les vacances de ces Dames, c’est-à-dire, vers la fin d'août

ou au commencement de septembre.

‘ Je suis bion cordialement, “ Monsieur, “ Votre très-obéissant serviteur, “ P. F, Archevêque de Québec.” Révd. M. Tanguay, Curé de Rimouski. j

‘ Montréal, 3 avril 1851.

‘“ Monseigneur,

« Ce n’est qu’hier que j'ai pu voir Mgr. de Montréal,

après plusieurs visites auprès de Sa Grandeur, pour

lui communiquer vos désirs relativement à la Mission

de Rimouski. Mgr. est tout disposé à nous encou-

rager à entreprondre une œuvre si utile, et que je

vous avouerai bien selon nos desirs; mais, en ce

moment, notre communauté est presque épuisée par

les pertes que nous avons faitos. Depuis l'année

dernière, dix sujets enlevées, dont trois depuis l’au-

tomne travaillaient dans nos missions. D’autres les remplaceront bientôt; mais les circonstances actuelles sont très-pénibles pour nous, et je l'éprouve davantage aujourd’hui en répondant à votre paternelle invitation, car notre désir le plus ardent est de nous mul-

tiplier, s’il est possible «ous votre direction.

“ La Providence, j'ose l'espérer, me fournira les moyens de commencer avant peu cette mission, ct jo suis persuadée que Votre Grandeur partagera la peine que nous ressentons, en ne pouvant le faire immédia-

tement.

‘“ Veuillez, Monsoigneur, agréer le profond respect de toute notre Communauté, ainsi que les sentiments

de reconnaissance avec lesquels j'ai l'honneur d’être

‘“ Monseigneur, “ Votre très-humble et “ très-obéissante servante,

‘ Sœur STE.-ELIZABETE, Supérioure,

‘ Congrégation Notre-Dame.”

Les Sœurs fondatrices envoyées par la Supérieure do Montréal pour le commencement de cotte nouvelle maison, furent les Sœurs Ste.-Victoire, Supérieure, Ste.-Marthe et St.-Anselme.

Les classes s'ouvrirent dans l’automne de 1866, et

l’on réunit 47 pensionnaires. Tous eurent beaucoup à souffrir durant l’hivor par suite du mauvais état

de la maison auquel M. Tanguay n'avait pu rémédier.

Cette maison étant devenue trop petite par le nombre toujours croissant des élèves, on y ajouta un nouvel étage dans l'été de 1856.

Dans l’automne de 1857, Mgr. de Tloa autorisa M. l’abbé Tanguay à célébrer la sainte messe dans cette nouvelle institution, et à y conserver le Saint-Sacre-

ment, d’après une permission spéciale de Notre St.- Père le Pape Pie IX.

La première messe y fut célébrée, le 2 janvier 1858, par son digne et zélé fondateur.

En 1860, la fabrique de St.-Germain donna à ces Dames Religieuses l'usage de six arponts de terre en superficie.

Leur maison subit des réparations considérables dans l’été de 1866.

$ 3. Nouveau couvent des Dames de la Congrégation.

Le 12 avril 1872, lo terrain donné en jouissance fut échangé pour quatre arpents de terre en superficie,

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en pleine et entière propriété, sur autorisation de

Mgr. de Rimouski.

Le contrat eut lieu à l’Evêché, en présence du Révd. P. C. A. Winter, curé de Rimouski, agissant au nom de la fabrique St.-Germain, et de là Sœur St.- Léon, Supérieure du couvent, agissant pour la maison

de la Congrégation de Notre-Dame de Montréal.

Le 7 mai 1873, Monseigneur de Rimouski, accompagné de monsieur le Grand-Vicaire Langevin, se rendait à l'endroit où devait être érigé le nouveau couvent des Dames de la Congrégatior, pour y dési-

gner la placo des fondations.

Les travaux commencèrent le mème jour, et furent dirigés par M. Jean-Baptiste Chartrard de Montréal ;

le contracteur fut M. Auguste Lepage, deRimouski.

Les dimensions de cette maison sont les suivantes.

Corps principal : quatre-vingt dix pieds de façade

sur cinquante-cinq de profondeur.

Deux ailes : chacune de trente pieds de façade sur

quatre-vingt de profondeur.

Connaissant lo passé, nous n'avons aucun doute que

ces pieuses ct saintes religicuses ne mènent à bonne

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fin leur vaste entreprise, et que les élèves toujours en grand nombre ne reçoivent, comme par les années

précédentes, une éducation des plus suivies et des mieux soignécs.

Il nous suffit d’avoir assisté À quelques-unes de leurs séances littéraires et musicales, où présidait le goût le plus exquis et d’avoir entendu des morceaux de musique les mieux choisis et exécutés avec art, laissant l'auditoire dans un grand ravissement, pour affirmer que cette maison rencontrera toujours beau-

coup d'encouragement.

$ 4 Bénédiction de la pierre angulaire.

Le 31 août 1873, à l'issue de la grand’messe du dimanche, sur l'autorisation de Mgr. de Rimouski, M. le Grand-Vicaire Langevin, accompagné d’une foule piouse et recueillie, se rendait au nouveau couvent pour y faire la bénédiction solennelle de la première pierre.

Après les cérémonies prescrites par l’église, M. le Grand-Vicaire adressa la parole aux citoyens et aux paroissiens de Rimouski; leur démontra, en quelques mots, l'avantage qu’il y avait pour eux do

voir élever cette nouvelle maison qui devait servir

le

nt

d’asilo à l’innovence et à l’instruction de leurs jeunes filles.

On procéda ensuite à la fermeture de la pierre angulaire.

Cotto picrre renferme une fiole en cristal dans la

quelle sc trouvo un parchemin contenant ce qui suit :

Les noms-de Sa Grandeur Monseigneur Langevin, premier évêque de St. Germain de Rimouski, de Messire Edmond Langevin, frère de Monseigneur, ot premier Grand-Vicaire du diocèse de St.-Germain de Rimouski, de la sœur St.-Léon, supérieure du couvent, ct des sœurs St.-Jude, Ste.-Auguste, St.-Anicot, St.- Marcel, Ste.-Léopoldine et St.-Hilaire, toutes actuellement dans l’ancionne maison.

Cette pierre renferme encore une statue de St.- Joseph, une prière à la Ste.-Vierge, à St.-Joseph ct aux saints Anges ct quelques pièces de monnaie

actuelle.

S 5. Noms des sœurs qui ont enseigné dans cette maison,

depuis sa fondation jusqu'à nos jours.

Sœur Ste.-Victoire ...... ...... res tas lan 4 St.-Angelme...... ses soscosss ooovsovsesse 2 1 Bo MAPERO so sonvuos vovooossrsssoeoseseso es

Sœur St.-Charles use sevssues cecneseueses soc l AN

ODA rs sc sssosisese véto DS Ste.-Agatho . .............. ,,.,, ......9 mois Ste.-Martine ss soscs socoocosoooososs os 2,808 St.-Jean Damascène ...…... ..... 2 4 RS nets tintin se tete et dl MRABIMRTONL ecsesmossnnses acrerstssenesner coté mois

Ste.-Marie de l’Incarnation ......... ..... 4 4

Sto.-Adélaide ss eucesees eesceces eee cl an

M DOTIQUE “essscsrsseceanen cocges te anterrsene ee. À Ste, BIDIANE.s ses, oc se socoves rotor. À St.-Alphonse Rodriguez... ...........,...,9 mois Ste.-Maric Auxiliatrice .…............., 6 ROMA ILEO se reséesssnnes acer veraseces Œ Sos Adè le. sscs nie sosscnsesemessenresc esse OR 4 AAODOAME sis osesases convoctoneneute cvs de D'RUR SOIN INS ve srmersseses osseuse rene cest MO DABLHARR cu 65 versus vodees ce ose cu E Sto.-Fanbelle.,.sovises vos sssssssmaresrosests 2 8 MM dors © Sto.-Iphigénie ss ose ssovooss D MARS éviroasies fier cuneniceusent St,-Hedwige.. vsssscsosssees soovoesessesosse E Ste.-Marie-Isabelle ..........., ...,. ..,...,,..2 mois

Ste..-Colombe ...... suessss nucos evssocsse ANS

Sœur Ste.-Amédée ses soosssosoecses + 2 ANS CE NAMOME orrsosnseéternornencnsnnense croi CA CE TE ) QL 4 Flo-Augusto.. ses oo conne sors

6 St.-Anicet.......… 0000000 10000000000000000000 €

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Collége Industriel et Agricole de Rimouski.

$ 1. Collége Industriel et Agricole de Rimouski.

L'automne précéé ant la fondation du couvent des Dames de la Congrégation (1854), M. le curé de Rimouski, l'abbé Tanguay, désirant procurer aux jeunes gens une bonne éducation, couvrait, dans le village de sa paroisse, une école supéricure, désignée

sous le nom de CoLLÉGE INDUSTRIEL.

Durant cette première année, il y eut deux profosscurs, MM. Cyrille Tanguay et Hubert Catellier. La

maison était petite, mais assez grande pour le nombre

des élèves qui fréquentaient les doux classes. Il était

d’ailleurs convenu entre Mgr. l’Archevèque Turgeon et M. Tanguay, que les classes s’ouvriraient dans la vioille église, aussitôt que la nouvelle serait livrée au culte. (1)

(1) Décret de Mgr. Turgeon pour la construction de l’église de

Rimouski, 1854.

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Les statistiques font foi de 66 à 80 élèves pour les années 1855, 1856, 1857, 1858, 1859, 1860, 1861.

M. le curé Tanguay obtint du Surintendant de l'Education, pour cette même année et les années suivantes, comme subvention, la somme de $400, qui dut être employée pour le paiement des professeurs et le loyer de la muison, laquelle fut occupée jusqu'en juillet 1859.

L'année suivante, 1856, il y cut trois professeurs : MM. Amouroux, d'origine française, Octave Ouellet et James Smith. Ce dernier s'engagen à enseigner gratuitement la langue anglaise.

On comptait, cette seconde année, 20 élèves demipensionnaires ; les antres étaient externes.

Le jour, M. Ouellet exerçait la surveillance pendant tout le temps non réclamé par les soins de sa classe ; la nuit, Messire Jacob Côté, vicaire de M. le curé Tanguay, surveillait les élèves: sa chambre était à

l’une des extrémités du dortoir.

Le cours d'étude adonté ressemblait beaucoup à

celui du cours commercial du Collége Ste.-Anne.

Le tout se faisait sous la vigilance assidue de M. le curé de Rimouski, et lui seul forma le corps adminis-

tratif du Collége, jusqu'en septembre 1859,

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