‹ Chronique de Rimouski [microforme]Chapitre 2 sur 18 · SC · texte numérisé non relu

SC

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On regrettait de ne pas voir ce Collége industriel dans un état aussi florissant qu'on le désirait, malgré

l’habileté et les efforts incessants de M. Tanguay

et des deux professeurs, MM. Bégin et Ouellet, comme le fait remarquer M. l’Inspecteur Tanguay, à la page

162 de son rapport au Surintendant de l'Education,

“ Les succès du petit nombre d'élèves qui ont suivi leurs classes, doivent contribuer cependant, ajoute-t-il, à rendre cet établissement plus prospère.”

Dans le cahier des délibérations, tenu par le Secrétaire-Trésorier, on trouve les remarques sui-

vantes :

“ Je regrette que le No.3 (l'Ecole du Village ou Collège) n'ait pas profité des services d’un Instituteur instruit et dévoué. Si l’année n’a pas donné plus de résultat, la faute ne peut être imputée à l’Instituteur Bégin, uni à son collègue M. Ouellet. Ils avaient tous deux le désir et la capacité de bien faire; ec sont les

élèves qui leur ont manqué.”

M. le curé Tanguay, en ouvrant les classes de son Collège Industriel, s'était aussi chargé de donner le cours élémentaire de l’école du ville. Mais l’apathie alors si grande des parents pour l'éducation de

leurs enfants, retardait beaucoup les progrès qu’il en

avait espérés. Les remarques de M. l’Inspecteur des

écoles au sujet des absences fréquontes des élèves se

retrouvent encore aux années 1860 ct 1861.

En 1859, lo corps administratif de cette nouvelle institution se composait de MM. les Commissaires de

la municipalité scolaire du village St.-Germain.

Dans l'automne de cette mème année, M. le curé Tanguay laissa Rimouski, appelé par son Supérieur

ceclésiastique à un autre poste.

MM. Bégin et Ouellet continuèrent l'enseignement,

mais ce dernier n'enseigna qu'une partie de l’année.

M. Bégin demeura seul, et déploya le méme courage

et la même énergie que les années précédentes ;

mais le trop grand nombre pour un seul, quand tous

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y assistaient, et les fréquentes absences contribuèrent

pour beaucoup à retarder les progrès vraiment at-

tendus. Il nomma cependant deux de ses élèves, assis-

tants professeurs, dans la dernière partie de l’année,

MM. Guay et Thomas St.-Laurent,

Le 29 août 1861, Son Excellence le Gouverneur

Général érigea en municipalité scolaire le village de

Rimouski, avec les limites, telles qu'énoncées dans lo

décret conservé dans les archives du Séminaire.

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‘“ Au nord le fleuve, au sud la deuxième concession. Au sud-ouest, la propriété de Germain Langis, côte nord-ouest de la rivière, et au côté sud-est de la rivière, la propriété d’Edouard Martin inclusivemont. A l'est la propriété d'Hubert St-Laurent inclusive-

ment.”

Lo 29 août, Sir Edmund Head nomma comm:.saires d'école, pour la municipalité scolaire du village de Rimouski, Mossire Michel Forgues, curé de cette paroisse, conjointement avec MM. Magloire Hudon, André-Elzéar Gauvreau, Edouard Martin, Pierre Ringuet et Jos.-Théophile Couillard; ce dernier était

Secrétaire-Trésorier.

Le 19 décembre 1861, en remplacement de M. le curé Forgues, Son Excellence le Grouverncur-Grénéral nomma commissaire d'école M. (reorges Potvin, vi-

caire à Rimouski.

Les classes se tenaient, cetto année-là, dans une maison appartenant à M. Jean Lepage. Le local peu favorable, le manque de livres, les absences toujours fréquentes des élèves, furent autant de cause qui retardèrent les progrès de l’Institution.

Pour faire disparaître toutes ces causes, M. Potvin

ct MM. les Commissaires présentèrent une requête à

he —

M. lo curé do la paroisse et à Mossicurs les Marguilliors, on date du 11 janvier 1862, dans le but d’obtonir

l’usago de la sacristie de la vioille égliso.

L'assemblée fut convoquée et présidée par M. le

curé Lapointe, le 12 janvier 1862.

La demande de MM. les Commissaires fut exaucée commo on le voit dans le livre des délibérations de la Fabrique.

“A la demando des commissaires pour l'Ecole séparée, dite le Collége Industriel, la majorité de l'assemblée a accordé la permission que la vicille sacristie de la vicille Eglise scrait livrée aux dits commissaires, pour y tenir l'Ecole, dite le Collége Industriel, jusqu’à ce qu'il plaise à Sa Grâce l’Archevèque de Québec ou son substitut d'en ordonner

autrement.”

MM. les Commissaires, après avoir obtenu cette » à

permission et l'autorisation de Mgr. de Tloa, s'em-

pressèrent de fuire les réparations convenables pour

unc salle d'étude au premicr étage, ot des classes dans les mansardes.

L'abbé Potvin, voyant que les élèves manquaient de livres et qu’un grand nombre se trouvaient dans

l'impossibilité de se les procurer, acheta lui-même, de

son propre argent, les livres nécessaires aux classes, pour un montant de plus de $80, et les donna gratuitoment aux élèves. Il mit ensuite en vigueur, avec l'aide des commissaires, un règlement qui disposait du temps des élèves et le partageait entre l'étude, la

classe ct la récréation. (1)

C'est alors que l'Institution prit un nouvel élan et

tit de rapides progrès. \

Los instituteurs, heureux de cette nouvelle organi-

sation depuis longtemps désirée, déployèrent un nou-

veau COlL'AgC.

Les élèves, de leur côté, ayant on mains tous les livres convenables, étant soumis à une discipline sévère et stimulés par l'attention des Commissaires, tirent des progrès étonnants.

Ainsi, depuis le 2 février 1862 jusqu'à la fin de l'année scolaire, les élèves au nombre de 105, de 80 qu'ils avaient été auparavant, donnèrent beaucoup de contentement à leurs professeurs.

Pour contribuer encore plus efticacement à l'avan-

cement de li maison, MM. les Commissaires engage-

(1) Une copie de ce règlement est conservée dans les archives du Séminaire.

rent, pour cotte dernière partie de l'annee, un quatrièmo maitre pour l’école élémentaire. Par ce moyen ies trois premiers professeurs s’occupaient chacun do

sa classe régulière.

Le local ne suffisant pas pour contenir les élèves de l'Ecole élémentaire, les Commissaires placèrent cette division dans la salle publique jusqu’à la fin d'avril, et depuis ce temps jusqu'en juillet, dans

l’ancienne église alors inoccupée.

En mars 1862, les Commissaires introduisirent dans l'Institution un cours d'agriculture, donné gratuitcment par M. James Smith, où assistaient 35 élèves. Le urs se donnait tous les jours, pendant une demi-

heurt

Pour mettre à exécution ces principes d'agriculture, les élèves firent eux-mêmes, sous la direction d’un des Commissaires, des expériences dans le voisinage du Collége, sur un terrain procuré par M. le Curé de la

paroisse.

Il est bon de remarquer ici que, depuis le commencement de février jusqu’en juilet, époque de l'examen général, il n’y eut point d’absences notables : les 105

élèves assistèrent régulièrement aux classes, grâce à

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la surveillance ct à l'énergie de M. Potvin ; c’est ce

qui ne s'était pas encore vu dans l’Institution.

Le 25 mars 1862, MM. les Commissaires présontèrent au Gouvernement une requête dans le but d’obtenir de l’argent nécessaire pour convertir l’ancienne

église en Collége.

Une autre requête dans les mêmes termes et dans lo même but, signée par MM. les Curés et les notables de chaque paroisse du comté de Rimouski, fut égalemont présentée aux Honorables Consoillers Législatits du Canada, réunis au Parlement Provincial, et à MM. les Membres assemblés en Parlement Provincial. Cotte

requête se termine ainsi :

# Vos pétitionnaires osent supplier votre Honorable Conseil de vouloir bien prendre leur présente requête en sa bienveillante considération et de contribuer pour une part équitable à la fondation de ce nouveau Collége, en lui accordant une allocation de 83,000 pour

Aider à etc. etc.”

La requête sus-mentionnée fut aussi présentée au Surintendant de l'Education, l'Honorable P.-J.-0.

Chauveau, qui en accusa réception en ces termes :

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